Rédaction motion agriculture


#1

Vous trouverez ci-dessous un résumé des débats qui ont eu lieu sur les OGM et le glyphosate, sous forme de motion. Tout un tas de questions n’ont pas été tranchées. Je pense cependant qu’il est possible de proposer une direction plus précise de ce que nous attendons de l’agriculture de demain.

Cette motion est complémentaire de certains points de programme, et contradictoires avec d’autres. Par exemple, elle ne se positionne pas dans l’optique d’une agriculture paysanne, et laisse la place à une agriculture industrielle. Pour autant, elle s’inscrit dans l’optique de libéralisation du marché des semences et des brevets.

J’ai laissé entre crochets 2 questionnements, qui peuvent soit être traités ici, soit mis en suspens pour de prochaines motions.

Titre de la motion : Pour une agriculture de conservation

Exposé des motifs :
Le Parti Pirate possède un programme agricole européen. Cependant, ce dernier ne répond pas directement à des questions qui ont une importance certaine au sein du débat français, à savoir, la question des OGM et du glyphosate. La présente motion entend donner une direction agricole pour le Parti Pirate qui intègre ces questions de société au vu des données techniques et scientifiques disponibles.

Contenu de la motion :
Le Parti Pirate préconise une transformation massive de l’agriculture vers un modèle dit d’agriculture de conservation des sols et des écosystèmes. L’agriculture de conservation propose des pratiques qui limitent le travail du sol, augmentent les capacités de stockage en eau, en matière organique, en CO2, qui sont des préoccupation importantes au vu du dernier rapport du GIEC.
L’agriculture de conservation s’appuie sur 3 pilier.s : la fin du travail du sol (vers le semi direct), la couverture permanente des sols et l’allongement et la diversification des rotations des cultures (grâce aux culture intermédiaires mutli-services, les CIMS, mais aussi grâce à l’arbre).

Les intérêts agronomiques et écologiques de ces pratiques font consensus. Le débat reste cependant ouvert quand aux modalités de mise en œuvre de cette transformation.

  • OGM et brevet sur le vivant
    Le développement et l’utilisation d’OGM ne sont a priori pas contradictoires avec la mise en place de telles pratiques. Le Parti Pirate ne voit pas de raison autre que morale d’interdire le développement de la recherche sur cette question. Cependant, le Parti Pirate réaffirme son attachement à la « non brevetabilité du vivant » et se positionne pour l’interdiction du développement et de la commercialisation de tout OGM agricole qui ferait l’objet d’un brevet.
    Il s’agira également dans le futur, de repenser l’utilisation des OGM comme réponses à des problèmes qu’ils soient nutritionnel (cas du riz doré), ou de bio-contrôles (cas de la pyrale du maïs). En effet, l’agriculture de conservation propose des méthodes de gestion agraires qui répondent aux problèmes que les OGM proposent de résoudre (diversification des cultures, augmentation du potentiel agronomique des sols, gestion des ravageurs) qui ne nécessitent pas d’importantes dépenses en recherche et développement.
    Nous proposons ainsi que l’introduction de cultures OGM soient postérieurs à la mise en place et à l’échec des méthodes agricoles de conservation. [À développer ? critère d’un échec ?]

  • Glyphosate et biocides
    Le glyphosate se retrouve parfois au centre de l’agriculture de conservation. Il s’agit de la meilleur alternative au labour. Cette alternative a le mérite de détruire complètement les plantes d’une parcelle pour enchaîner par la suite avec un semis.
    Quand bien même cet outil est très utile, l’agriculture de conservation propose des moyens de limiter grandement son utilisation, en assurant une couverture totale et permanente des sols. Ainsi, les cultures limitent le développement des adventices et permettent d’accueillir des cultures suivantes (semis sous couvert).
    À cela, il faut ajouter que toute utilisation de biocide, même ceux sensés extrêmement bien cibler les plantes, peuvent avoir des effets inattendues chez d’autres espèces. Deux méta-analyses rendent compte d’effets du glyphosate sur des populations de rongeurs et d’espèces animales variées.
    Au vu du coût écologique potentiel (fonction de la dose) que constituent les biocides, le Parti Pirate propose des restrictions d’utilisations qui s’inscrivent dans la mise en place et le maintient de parcelles en agriculture de conservation. [À développer ? quelles restrictions ?]

  • Amendements
    Les amendements, de synthèses (apport en azote), ou issues de la ferme (apport en composte) ne font pas partie des outils et méthodes préconisées en agriculture de conservation. Les apports en azotes sont assurés par le maintient d’un couvert permanent, par la faune et la flore que constitue le sol vivant. Des apports sous forme d’amendement tel que préconisés par l’agriculture paysanne, biologique ou conventionnelle peuvent avoir des effets délétères sur l’activité bactérienne du sol.
    En cela, le Parti Pirate propose que l’utilisation de des productions azotées de ferme soient redirigées vers des systèmes de méthanisation. [À développer ? proscrire les amendements ?]

Cette motion ouvre le champ à un plan de financement de cette transition qui devra prendre en compte les modalités de restrictions d’utilisation des biocides, la formation des agriculteurs à des itinéraires techniques protecteurs des sols, l’investissement dans du matériel indispensable à cette nouvelle agriculture (semoirs).


#2

Bjour,

j’ai lu en biais mais ça me semble pas mal :+1:


#3

J’ai fait beaucoup de remarques et de commentaires, parce que j’ai voulu être exhaustive, mais on pourra en rediscuter sur un vocal si tu veux, pour que les gens (toi inclus) ne soient pas obligés de lire mon pavé.

Pour ceux que ça rebuterait pas (déja, bravo, moi j’aurais fui), c’est organisé avec une citation du message original puis en dessous le commentaire (sur la partie en gras).

Sur pas mal de points au final, ce sont des questions ouvertes, sur des questions qui ne sont pas techniques, mais plutôt des questions de société, de politiques publiques. Nous devons être vigilants pour ne pas dire de choses erronées, mais, comme @Bibo l’a indiqué, cette motion pourra être suivie de d’autres motions, sur des points spécifiques, nécessitant à eux tous seuls un débat :slight_smile:

P.S. : je vais me relire en détail ce week-end, et il pourra donc y avoir quelques modifs, mais j’essaierai de penser à les indiquer par un EDIT : [ … ]

Merci beaucoup @Bibo pour le gros travail de synthèse des débats (surtout qu’on est parfois un peu partis dans tous les sens ^^’)

Pour l’effet sur les capacités de stockage en eau, c’est loin d’être aussi évident. En France, on semble aller vers une augmentation de la capacité de stockage, mais ça laisse plein de questions en suspens, notamment, combien ? dans quelles situations ? Est-ce que c’est à des périodes “intéressantes” ou pas ? Est-ce que la plus grande quantité d’eau stockée n’est pas contrebalancée par l’introduction des cultures intermédiaires (ce sont des plantes, ça consomme de l’eau) ? etc. : c’est un front de science ;p

Sur le volet stockage de carbone, je regarde, et j’essaie de te trouver des sources pour “bétonner” le truc (c’est un truc que je devrai faire dans tous les cas, mais je ne saurai pas te dire dans quel délai ^^’ J’irai jeter un coup d’oeil au projet 4/1000 et à EFESE EA + ce doc issu d’EFESE sur la séquestration de C par les écosystèmes agricoles)

les 3 piliers de l’agriculture de conservation : source possible : FAO, n’hésitez pas à aller jeter un oeil, la page d’accueil est bien faite ;p

L’agroforesterie (association arbres et cultures) ne rentre pas dans l’agriculture de conservation. C’est super intéressant sur plein d’autres aspects, mais ça n’en fait pas partie d’un point de vue définition.

Consensus : le terme me semble (trop) fort (les détracteurs pointent notamment la dépendance aux herbicides)

En France, les cultures d’OGM sont actuellement interdites, donc y compris en agriculture de conservation. Des différences majeures existent entre l’agriculture de conservation “à la française” et l’agriculture de conservation “à la sud-américaine”, avec OGM résistant au glypho et glypho. En tout cas, OGM et agriculture de conservation ne sont pas contradictoires, c’est même le modèle majoritaire à l’échelle mondiale.

La non-brevetabilité du vivant, ça n’est que du moral ? J’ai toujours peur avec les arguments qui parlent de morale, parce que la morale, ça diffère selon les gens (et du coup, c’est “simple” à rejeter). En plus, je crois que lors des discussions, ça n’était pas que des arguments “moraux” mais aussi des arguments économiques, de dynamisme de la recherche etc. non ? (c’est une question ouverte, plus sur l’usage du terme “moral”, si ça reste, je m’en remettrai ;p)

Qu’est ce que tu veux dire ? OGM et biocontrole, ça me semble opposé (d’un point de vue définition, sinon, d’un point de vue pratiques, pourquoi pas, sur deux organismes pathogènes différents par exemple). Le biocontrole

Le ministère de l’agriculture définit le biocontrole comme :

Autre source : dossier biocontrole de l’INRA

Ahah, malheureusement, si :s
Par exemple (et de façon non exhaustive) : est-ce que les variétés actuelles, sélectionnées en conditions non limitantes et avec travail du sol sont les plus adaptées à l’agriculture de conservation ? (la même question se pose d’ailleurs pour les cultures associées) Quels sont les couverts les plus adaptés ? Sachant que ça varie en fonction des régions, des sols, de la culture précédente, de la culture suivante, des obligations légales (dans certaines zones, c’est obligatoire) + des objectifs de l’agri et du cout des semences (possibilité ou non de semence fermière = récupérer ses graines et si pas possible, du prix d’achat et de la facilité à se les procurer).
Est-ce que l’agriculture de conservation permet un gain dans tous les types de sols ou pas ? Dans toutes les régions ou pas ? etc.

Pour moi, l’échec se quantifie par rapport à des objectifs et donc dans l’absolu dépend des objectifs que s’était fixé l’agriculteur. Sinon, simple : rendement de merde (de merde : à comparer avec le rendement constaté pour la même année et la même culture dans la zone géographie, si possible sur le meme type de sol).

Pour l’agriculture de conservation, on a beaucoup besoin du développement : tous les conseillers ne connaissent pas les pratiques de conservation. Le manque d’accompagnement technique est l’un des critères d’échecs, pas le seul. Je pourrai chercher s’il y a des documents sur les facteurs de succès / d’échec (mais c’est un peu à côté de ce que je fais au taf, je ne suis donc pas sure de trouver).

Pour l’agriculture de conservation à la française, qui a quand même un petit problème de dépendance au glyphosate, ça pourrait être dangereux d’introduire des cultures résistantes au glyposate, si la résistance se transmet, tu perds un levier important, mais il y a probablement des études en amérique du sud qui documentent ce point (si je tombe dessus, je posterai).

Je mettrai : d’une alternative possible (si tu mets “meilleure”, je suis tatillone, je vais demander “meilleure pour quoi ?” ;p) Comme c’est un sujet chaud, je pense qu’il faut qu’on soit vigilants sur chaque mot.

j’enlèverai le “totale”, selon la définition de la FAO, c’est au moins 30% de la surface, avec un couvert vivant ou un mulch (= des résidus de plantes = des plantes mortes)

On peut faire des semis sous couvert avec ou sans agriculture de conservation. Actuellement et à ma connaissance, les agris en agriculture de conservation en France (au moins dans le Sud Ouest) sont encore dépendants du glypho pour détruire certains couverts avant le semis (mais dans ce cas, ça n’est pas un semis sous couvert, sinon, ils ne chercheraient pas à détruire le couvert, puisqu’il sèmeraient dedans).

Les cultures sous couvert / en dérobé, c’est passionnant aussi : un projet vient d’être lancé, c’est 3 cultures en 2 ans, et, comme son nom l’indique, l’objectif est de faire 3 cultures en deux ans. Il y a ce diapo, mais pour le moment, je n’ai pas trouvé autre chose, mais de mémoire, ils avaient de jolis schémas (je cherche)

Les “emmerdes” ne sont pas ques question de la dose, mais aussi de la fréquence d’application (et pour les hormones, une dose différente peut avoir des effets différents, un exemple pour illustrer ça, c’est l’auxine en fonction de la dose et du tissu cible, l’effet est différent, la dose a donc un effet, mais c’est différent de “plus y’en a plus ça pousse”, c’est plutôt “selon combien y’en a, ça fait des trucs différents”)

Je pense en effet qu’il faudrait développer. Il faudrait que ces restrictions, sur le glyphosate notamment, permettent de distinguer la situation où le mec ne tolère pas la moindre mauvaise herbe et passe un coup de glypho parce que ça coute 3 fois rien (dans mes campagnes, on me parle de moins de 5€/ha) de la situation où le glyphosate est utilisé comme herbicide total en réponse à une impasse technique (pas de possibilité de labourer car situation où le labour est défavorable et culture(s) ne pouvant pas être détruites mécaniquement ou par le gel).

On peut imaginer augmenter le prix (mais c’est compliqué de toucher au milieu agricole, en cours, on nous avait dit que les agris c’est 2 à 3 % de la population française, mais 20 % des maires : ils ont un fort poids électoral) et dans ce cas, il ne faudrait pas le faire que pour le glypho, mais pour l’ensemble des pesticides, car c’est la société qui assume le cout sur la santé et sur l’environnement des pesticide, et cela n’est pas pris en compte dans le prix (en langage barbare : internaliser les externalités négatives), mais là encore, je ne me prononce pas sur l’acceptabilité d’une telle mesure (c’est un débat beaucoup plus large que le simple aspect technique).

Je crois qu’actuellement, ils déclarent la Surface Agricole Utile (SAU = la surface qu’ils peuvent effectivement cultiver = en retirant les chemins, les haies, les bois etc.) et qu’il y a un controle entre la quantité de glypho utilisée et la SAU (info à vérifier : mon truc, c’est l’agronomie, pas les aspects règlementaires :s)

On peut aussi imaginer la création d’une prime pour l’agriculture de conservation (il existe par exemple une primeà l’herbe, pour encourager le paturage, des primes pour les Mesures Agro-Environnementales, le maintient de haies etc., alors pourquoi pas une prime pour l’agriculture de conservation ?). Aujourd’hui, il est un peu tôt, mais demain, on pourra vérifier l’efficacité des pratiques grace à la télédétection = controler, grace aux photos des satellites la façon dont ça pousse sur la parcelle (sentinel 2A et sentinel 2B par ex. qui fournissent une image tous les 10 j chacun, soit à eux deux, une image tous les 5 j s’il n’y a pas de nuages).

Ce sont des pistes d’idées, mais ce point précis mériterait à lui tout seul une discussion :slight_smile:

Je ne comprends pas ce que tu veux dire : l’agriculture de conservation (contrairement au cahier des charges de l’Agriculture Bioogique) ne met pas de contraintes sur les sources d’azote. D’ailleurs, pour être précis, il y a une définition de l’Agriculture de Conservation, mais pas de cahier des charges et de certification (contrairement à l’agriculture biologique) : ça peut être également un levier : définir un cahier des charges et imposer une certification “AC” pour bénéficier d’aides spécifiques “AC” (sur le modèle de l’AB par exemple).

Remplace “compost” par “apports organiques” : il n’y a pas que le compost (par exemple : fumier, lisier, guano, boues de station d’épuration = produits résiduaires organiques, digestat de méthaniseur etc.)

Seules les légumineuses ont la capacité de fixer l’azote atmosphériques, pour les autres plantes, elles n’apportent pas d’azote. Elles peuvent restituer de l’azote, si on les détruits et qu’on les laisse sur la parcelle (c’est pour ça que les couverts ne sont pas exportés hors de la parcelle, l’idée derrière c’est un peu “une culture pour l’agri, une culture pour la parcelle”). L’exemple qu’on me cite souvent, c’est le livret A : il a un taux de 0.75 % : c’est faible. Quand tu laisses tes résisdus de couvert sur la parcelle, tu mets de l’argent sur ton livret A : si on veut que ça rapporte, il faut du temps.

Avec l’azote, c’est pareil, parce que l’azote des plantes, avant d’être disponible pour la plante suivante, doit passer de la forme organique à la forme minérale, en étant “digéré” par la faune du sol (ça demande du temps). Les formes organiques sont stables. Les formes minérales (dont font parties les nitrates) sont solubles dans l’eau : ça les rend absorbables par les racines, mais aussi, s’il pleut, ça part avec l’eau dans les fossés, les rivières (et à la fin, la nappe).

Les micro-organismes se nourrissent des résidus de cultures, qui contiennent du carbone et de l’azote. Plus il y a de carbone, plus c’est compliqué à dégrader. On parle de “C/N” (dire “C sur N”) : en fonction de ce ratio, c’est plus ou moins bien dégradé. Si le C sur N est trop élevé pour les microorganismes, ça veut dire que si on met de l’azote, ça va booster la dégradation (on va augmenter la quantité de N au dénominateur, ça va baisser le ratio et on va retomber dans la gamme de C/N correspondant au menu favori des petites bêtes).

L’objectif c’est donc d’avoir des cycles du carbone et de l’azote qui tournent mieux, avec un sol vivant, plutôt que de devoir sans cesse injecter des intrants. (Cette partie là, je pense qu’il faudra que je la reprenne dans le week-end, je sens que vu l’heure, c’est bof clair.)

Cette motion ouvre le champ à plein plein de choses, passionnantes :slight_smile:

Formation des agriculteurs et de l’ensemble de la profession, voire du secteur. Par exemple, je n’en ai jamais entendu parler lors de mes études, et pourtant, j’étais à l’école entre 2010 et 2015 : c’est pas si vieux, ça pourrait être intéressant d’en parler dans les formations, des plus courtes aux plus longues. Comme dit plus haut, les agris qui veulent se lancer sont souvent seuls (de moins en moins) : ils ne trouvent pas forcément le conseil adapté près de chez eux, c’est à eux de contacter d’autres agris pionniers dans le domaine, de se renseigner, de prendre tous les risques.

Si on veut boucler avec d’autres points du programme : le revenu de base pourrait garantir aux agris les ressources nécessaires à leur subsistance et donc leur permettre de prendre le risque financier de tester des trucs, en ayant le droit à l’erreur (on en a un peu discuté avec @Farlistener et @Macavity sur Discord)


#4

Un message a été intégré dans un sujet existant : C’est l’heure des OGM