C'est l'heure du glyphosate


#1

Bonjour,

J’ai commencé à rédiger un truc pour un projet de motion pour que le parti se positionne sur le sujet sensible du glyphosate.
Ça commencerait comme ça :

Le Parti pirate se positionne en faveur de pratiques culturales raisonnées qui induisent une limitation du travail du sol, des intrants, des biocides. Cette limitation doit inciter à une transition à terme agro-écologique en gardant à l’esprit les nécessités de rendements, l’indépendance alimentaire.

Le prisme d’une agriculture biologique n’est pas une fin en soit. C’est à la limite, au mieux, un point de transition.

Le Parti pirate se positionne en faveur du maintient de l’utilisation du glyphosate sous des modalités d’utilisation plus restreintes notamment au vu de son coût écologique. Le produit ne pourrait être autorisé que comme préalable à un arrêt du travail du sol, c’est-à-dire vers l’utilisation systématique des semi-directs.


Rédaction motion agriculture
Dépôt des motions - Octobre 2019
#2

Je veux bien une explication de cette phrase que j’ai un peu de mal à comprendre. (Désolé :confused: )


#3

Enfait le glyphosate c’est utilisé un peu pour tout, pour désherber. Là ce que je propose c’est de restreindre ça à un usage agricole bien spécifique.

Pour planter un champ, de quelques espèce que ce soit, ce qui se fait de manière ancestrale, c’est le labour. Tu « retournes » la prairies ou les restes de la culture d’avant. Comme ça, t’as de la terre partout à nu. Ensuite tu prépares le lit de semence. Tu utilises plusieurs outils, un truc qui casse les grosses mottes, un truc qui met d’aplomb etc… jusqu’à avoir de la petite terre, qui accepte tes graines facilement quand tu sèmes. Le problèmes c’est qu’en faisant ça tu crées une semelle de labour, tu niques les galeries qui aèrent la terre, tu détruits l’espace de vie de la faune et des champis des premiers centimètres, ça va du vers de terre à des bactéries qui ont des effets bénéfiques pour le sol.

Tout ça ça rejette du CO2 de part les émissions d’un sol nu, le non stockage parce que le sol est nu, le tracteur qui passe 3,4,5 fois sur la même parcelle. Une alternative, c’est le semis direct. Si tu cherches sur internet, tu trouveras des explications. C’est juste que ça te plante ta graine dans la terre directement, au lieu de 3,4,5 passage t’en a 1 ou 2.

Le problème c’est que semer directement sur une vielle prairie ou sur une culture qui a été laissé en friche c’est compliqué. Simplement parce que le matériel qui permet de planter directement casse la terre, crée un sillon et plante la graine, et plus t’as de plantes dans la terre, plus c’est chiant à casser (à cause des racines notamment).

Donc tu as plusieurs solutions :

  • La meilleur, c’est de ne jamais arrêté de planter, dés qu’une culture est finit, hop t’en plante une autre, de préférence une culture qui va apporter de l’azote à ton sol, qui couver ton sol, on appel ça des cultures intermédiaires. Ensuite tu les broies, dessous, le sol est souple et tu peux semer directement.
  • Sinon, tu as le glyphosate. T’en passes un coup, ça nique toutes les plantes, et tu peux ensuite semer directement plus facilement. C’est essentiellement comme ça que procèdent les pays d’amérique du sud. Ils ont très peu de terre, ne peuvent pas labourer.

Si @Mjiz est dans le coin et @trankilloman1538419081 . Je veux bien leurs avis aussi.
Une petite explication du fonctionnement du sol : https://youtu.be/nQRZQVuJN1M?t=187
Après 14 minutes ça part un peu en cacahuète.
Je ne crois pas que le monsieur soit pro-glyphosate cela dit. Et il faudrait penser à restreindre l’utilisation à un début de cycle de culture. Tous les combien, je ne sais pas. Je ne connais pas les données sur l’impact écologique du glyphosate à utilisation régulière (tous les ans). À vu de nez, je dirais que le limiter à une fois tous les 5 ans serait pas mal.


#4

Bsoir,

juste un détail les mauvaises herbes poussent en permanence du coup c’est désherbant régulier sinon ça ne sert absolument à rien, alors tuer les sols régulièrement ou tout les 5 ans c’est pareil.

Par contre il n’est pas indispensable de labourer il existe des machines a comme la herse , la houe, etc.
C’est plutôt les habitudes et la recherche de la rentabilité maximum qui faut revoir, et aussi mieux former les futurs “paysan” à la compréhension des cycle de la vie de la terre, et pas au dosage des produits qui tues .

Je suis donc totalement contre !


#5

Pas si ton sol est suffisament couvert. J’en parle enfait. Il existe des cultures intermédiaires qui couvrent suffisament les sols pour empêcher qu’autre chose pousse. Ça peut-être des mélanges, ça peut aussi simplement être du sarrasin que tu broies par la suite.

La houe et la herse c’est des outils de travail intermédiaires, c’est le 2ème et le 3ème passage. Ça ne se substitue pas au labour ou au décompactage.


#6

Bjour,

Il y a donc bien des solutions à la non utilisation de pesticide !

Non on parle de désherbé et ces outils sont adapté pour ne pas entamé en profondeur.
le compactage et du au labour profond qui fait remonter la terre inerte en motte dure qu’il faut réduire et aux engins de plus en plus lourds et ça c’est lié au remembrement et la suppression des haies.


#7

J’ai l’impression que tu ne m’as pas lu. J’explique justement que je veux limité l’utilisation du glypho à l’entame d’un cycle de culture avec des cultures intermédiaires, du semis direct. Autrement, dit, une fois cette première utilisation faite, tu n’utilises plus de biocides.

Non justement, je ne parle pas de désherber pendant que la culture pousse.

Pardon, je ne voulais pas dire décompacteur mais cultivateur, le truc qui casse la terre mais ne la retourne pas.


#8

Il faut aussi rappeler que les pesticides ne sont pas utilisés qu’en agriculture mais aussi dans les exploitations forestières de manière industrielle et ceux de manière non raisonnée, le glyphosate en fait partie, mais aussi des pesticides interdit en agriculture.


#9

Une petite explication du fonctionnement du sol : https://youtu.be/nQRZQVuJN1M?t=187

Attention, le Bourguignon, je lui fais pas super confiance… En gros, c’est un chantre de la biodynamie. Et la biodynamie, c’est du bio plus des incantations magiques, et ça vient de l’anthroposophie. Donc Méfie comme on dit chez moi :slight_smile:

Mais sinon, j’étais aussi antiglyphosate, pour changer d’avis dernièrement. Je ne suis pas expert de la question, donc je vais éviter de dire des conneries, mais je pense que poser la question du glyphosate est déjà une mauvaise méthode (peut-^etre comme pour le nucléaire). En informatique, je demande toujours au client quel est le problème à résoudre et après j’étudie avec lui les possibilités et on choisit ensemble la meilleure selon des variables à optimiser.

Je pense que le travail du scientifique et des industriels est de pouvoir nous aiguiller sur les différentes solutions. Mais le travail du politique est d’énoncer les variables à optimiser.

Dans ce cas précis, je pense que le problème générale est “Comment nourrir la population?”. Je serais incapable de rédiger la sous question qui serait du type “Comment désherber?”, et ensuite il faudrait comparer les différentes méthodes.
[troll on]Peut-etre du roundup mais seulement si la recette est libre?[trol off]


#10

Je suis tout à fait daccord. Cest juste que jai pas la force de faire tout ça, et puis cest moins tendance que de parler du glyphosate x).

Enfait dans l’idéal on ferait comme tu dis. Sauf que ça demande du temps pas mal d’etude. J’essaye de faire efficace et je me dis que si jarrive à rediger une position acceptable sur le glypho, le reste suivra peut être.

Sur bourguignon, dans ce que jai pu écouté jusqu’à présent je ne l’ai jamais entendu parler biodynamie. Enfait ça m’inquiète ps trop, jarrive à détecter le bullshit assez facilement sur ce sujet.


#11

Déjà, je dois avouer que j’ai eu une petite larme en entendant parler de semis direct ici (ça me fait très très plaisir ^^)

Pour aller plus loin, le semis direct n’est que l’un des trois piliers de l’agriculture de conservation :

  • Diminution voir arrêt du travail du sol (de façon rigoriste : semis direct = zéro perturbation = j’ouvre avec un disque un sillon unique, je place ma graine au fond du sillon et je referme le sillon, le tout en un seul passage, avec des semoirs à semis direct de type SEMEATO, pour ceux qui veulent “creuser” ; de façon “permissive”, travail très réduit, type strip till = je travaille de façon très superficielle, quelques cm, sur quelques cm de large, pour une perturbation du sol la plus réduite possible)

  • couverture permanente du sol avec un couvert vivant (ou un mulch = plante(s) broyée(s))

  • allongement et diversification des rotations (par les cultures de rente ou de vente = les cultures principales, mais aussi par les cultures intermédiaires, que l’on qualifie désormais de “CIMS” = Cultures Intermédiaires Multi-Services)

Je suis en congés, et assez loin d’une connexion internet potable, mais j’essaierai de vous fournir des sources (pour l’agriculture de conservation, de tête, la référence historique est FAO 2011, mais je mettrai un lien quand ma co me le permettra), des schémas (une rotation, c’est quoi, comment ça marche, pourquoi ? Une culture intermédiaire, c’est quoi, pourquoi, comment ça marche ?) et d’autres trucs sympas, en français si possible

On a jusqu’à quand pour contribuer ? (ça tombe bien, je dois faire de la biblio pour le taf, sur l’impact de l’agriculture de conservation sur le bilan hydrique, c’est un peu en décalé du sujet centré glyphosate, mais on y revient vite, du coup, si je peux faire d’une pierre deux coup, ça me va !)


#12

Il n’y a aucune limite, jattendrais ta contribution pour remanier ma proposition de motion. Tu as exactement les éléments techniques quil me manque <3.

Je cherche depuis maintenant plusieurs jours un mec qui parle beaucoup de ça, et je viens de le retrouver, c’est Konrad Schreiber.

Une vidéo dans les champs qui expliquent l’intérêt de protéger même les premiers centimètres du sol : https://youtu.be/NjWO65u5430


#13

Je ne suis pas sûre qu’il faille que le PP, dans le cas du glyphosate, prenne une position liée à des données purement scientifiques. L’opinion publique est largement contre le glyphosate, peut-être à tort et en soi je ne suis pas forcément pour suivre l’opinion, mais du coup les agriculteurs se sont largement emparés du sujet. Y compris la FNSEA, avec sa nouvelle directrice Christine Lambert qui s’est engagée à travailler sur des alternatives à l’herbicide. Avec le CETA et surtout Mercosur, un des arguments contre de la FNSEA est l’utilisation de produits phytosanitaires par les pays du Mercosur https://www.fnsea.fr/communiques-de-presse/mercosur-lue-fonce-dans-le-mur-et-accelere/. Dans ces conditions, la position pro glyphosate va être difficile à tenir sur la durée par les agriculteurs.


#14

Alors pour le coup justement les données scientifiques nous permettent de sortir la tête haute. On peut être contre le glyphosate non pas à cause du gros mytho cancérogène, mais sur la problématique de la biodiversité et qu’il peut exister des alternatives (notamment évoqué par @Bibo et @Mjiz).

On a ici la reconnaissance d’un consensus scientifique qui est que le glyphosate aux doses usuelles ne posent pas de problème pour l’être humain, mais qu’il pose bel et bien un problème d’ordre écologique et que c’est cette aspect qu’on prend en ligne de compte.

Avoir raison pour de mauvaise raison n’est pas avoir raison, et c’est aussi ça que l’on combat.


#15

En attendant, le “gros mytho cancérogène” pourrait coûter des milliards à Bayer… Mais en effet, l’impact le plus négatif semble être sur la biodiversité


#16

Et ? Nan parce qu’en France, là, un médecin charlatan a permis le retrait d’un Linky par voie de justice pour des raisons MÉDICALES.

La justice des fois c’est pas mieux que la politique.


#17

Sur le compte Twitter de Florie, plusieurs éléments ont été apportés au débat sur le glyphosate :

Sources

Une lecture a été recommandée concernant le glyphosate : https://www.babelio.com/livres/Denhez-Le-sol--Enquete-sur-un-bien-en-peril/1156521

Points abordés dans cette lecture : le manque de haies pour abriter les prédateurs naturels des petits rongeurs, les regroupements de parcelles, l’absence de bocages, tassement des sols avec les gros engins (érosions, coulées de boues…), sols à nu l’hiver (là encore tassement et érosion), massacre du biotope (d’où nécessité d’intrants) par herbicides, pesticides, labours profonds…

Arguments

“Le glyphosate et les OGM vont ensemble.” On peut répondre avec l’une des objections de farlistener dans le thread OGM : les OGM, ce n’est pas que l’agriculture !


#18

Je vous mets le lien sur le rapport parlementaire, qui vient d’être rendu (pour le moment, c’est la version provisoire) ; concernant le glyphosate c’est à partir de la page 71 http://www2.assemblee-nationale.fr/content/download/80472/893594/version/1/file/OPECST_Rapport_provisoire_agences_comp.pdf


#19

Hum, tu aurais des sources pour le cout? Parce que pour l’instant le jury n’a pas l’air franchement tranche dans cette direction: http://www.forumphyto.fr/2017/10/09/lagriculture-de-conservation-avec-glyphosate-championne-de-la-biodiversite-des-sols/ . Globalement, le glyphosphate est le pesticide de l’agriculture de de conservation et c’est l’agriculture qui a les meilleurs resultats en preservation de la biodiversite des sols.


#20

Qui sont du coup de gros argument pour meme etre en faveur de l’agriculture de conservation et donc du glyphosphate, non?