Réflexion sur un guide de piratage d'une mairie


#1

Je me demandais ce qu’il adviendrait si un pirate arrivait à être élu au niveau le plus bas possible, à savoir, une petite mairie.

Imaginez qu’une ville de 500 à 1000 habitants accueil un tel maire. Imaginez que cela donne l’occasion d’une expérimentation démocratique. Quoi mettre en place pour la mener ? Est-il possible de mettre en place un système de démocratie liquide dans ce contexte ? Comment y intégrer les conseillers municipaux par exemple ? Les habitants ?

Pourquoi je me pose une telle question ? Et bien, il me semble que, lorsqu’on argumente quand à des alternatives à la démocratie représentative, il arrive toujours un moment où il est question de savoir comment concrètement cela se met en place. Puis, vient le contre-argument final, à savoir que tout cela est bien jolie en théorie, mais que en pratique ça ne peut pas être mis en place.

Autant il me semble faisable de créer ex-nihilo une organisation de ce type (je crois que c’est ce que nous sommes entrain de faire, et a priori, le PPFR est en avance sur ce point), autant la question du piratage de la politique consiste à utiliser les fonctionnements actuels du système pour y diffuser le nôtre. Cette tâche est, à mon sens (au vu du peu de connaissance que j’en ai), d’un tout autre niveau.


Les petits territoires locaux : communes, etc
Villes Intelligentes - Proposition de participation au Rapport au Ministère de l'Europe et des Affaires Etrangères
Programme Municipales 2020 : Démocratie locale
Proposition creation equipage pour preparation municipale 2020
#2

Mon point de vue :

Normalement un maire est élu par le conseil municipal. Donc il n’arrivera de toutes façons à rien sans le soutien du reste du conseil. On a déjà vu des maires déchus par le retrait du soutien des autres conseillers. Mais en théorie, il y a à la base un soutien, qu’il soit perdu plus tard ou pas. Il me semblerait dangereux et intellectuellement malhonnête de se faire élire en gardant sous silence cette partie du programme. Ça, c’est pour la mise en place politique.

Pour la mise en place technique, je pense qu’il est tout à fait possible pour une petite mairie de débloquer un budget visant à mettre en place un Congressus, qui est un bon outil de démocratie liquide. Je ne sais pas quelles sont les limites de l’appli, mais je pense qu’elle peut gérer un millier de personnes sans problème.

Pour la mise en place utilisateur, il devra bien sûr y avoir un peu de travail. Expliquer le fonctionnement de la démocratie liquide et le fonctionnement de l’appli qui permettra la mise en place. S’assurer que tout le monde a un accès informatique, soit chez soi, soit en accès libre à la mairie. S’assurer que l’UX est présente.
Mettre en place des vrais consultations, avec arguments et modes de scrutin adaptés. (pas un jugement majoritaire à la place d’un borda, par exemple.) S’assurer que l’information au sujet des consultations circule bien afin que la participation soit au rendez-vous. Peut-etre sensibiliser ceux qui ne votaient pas jusqu’à maintenant. Ou les jeunes / geeks de la commune afin qu’ils forment / expliquent aux autres citoyens.
Puis enfin montrer que les retours sont pris en compte. Ça passe par un gros travail de communication. En push. Faire un retour sur les résultats bruts des consultations. ET faire un retour sur la prise en compte effective par le conseil municipal. Expliquer pourquoi c’est suivi ou pourquoi ce n’est pas suivi.

Puis recommencer.

Concrètement, c’est beaucoup de travail au début pour l’installation. Mais une fois que c’est lancé, on devrait s’y retrouver.


#3

Je vous renvoie sur ce que j’ai écrit sur un autre fil : 2018, l’année du radicalisme ? [On va causer démocratie liquide]

Je pense qu’il faut avoir cette réflexion, avoir cette vision car c’est notre spécificité, clairement, surtout maintenant que de par les nouveaux statuts nous serons plus légitime pour pouvoir porter cette vision du fonctionnement démocratique.

Mais, de par ma situation de conseiller municipal (et donc de candidat travaillant au sein d’une équipe communistes / socialistes / divers gauche) je pense qu’il faut avoir un discours pédagogique par rapport aux autres élus/candidats mais surtout citoyens et avoir conscience que pour arriver à une gestion liquide d’une municipalité il y a besoin d’une période de transition.

Je pense qu’un mandat (6 ans) n’est pas de trop pour impulser une implication citoyenne (changer la posture du citoyen de votant à acteur). La commune de Saillans a réussie (vu de l’extérieur) cette transition démocratique et à la limite ces citoyens seraient sans doute les plus à même d’adopter un fonctionnement liquide, car ce travail d’éducation populaire a été fait par la preuve.

Mais un des biais de leur fonctionnement actuel est le fait que cette démocratie locale est très chronophage et demande beaucoup d’énergie (surtout des élus car il doivent essayer d’obtenir un consensus avant de lancer des actions), problématique qui pourrait être levée par l’utilisation d’outils de délégation démocratique liquide.


#4

Personnellement je ne suis pas encore dans la prochaine élection municipale mais carrément dans l’action, mais à lire ceci je pense que je vais commencer à réfléchir à comment je pourrais intégrer la démocratie liquide dans le débat municipal.

Merci pour ça, on est toujours plus intelligent à plusieurs.


#5

Il y a déjà un Pirate conseiller Municipal d’une (toute?) petite commune en Sarthe… peut-être la prochaine étape sera la mairie!


#6

Pour une commune de moins de 1000 habitants, on pourrait imaginer assez facilement une forme de démocratie directe où tout le monde peut prendre part aux débats sur tous les sujets et où le conseil municipal ne prend ses décisions qu’après consultation de la population.
En revanche pour la démocratie “liquide” c’est toujours un peu le même problème de ce qu’on entend par là, et en tous les cas les institutions ne permettent pas en l’état, il me semble, à la population de révoquer les conseillers municipaux ou de leur donner un pouvoir temporaire sur un sujet précis.


#7

Non non et non … la démocratie directe est une possibilité de la démocratie liquide mais pourquoi l’imposer à tout le monde ?
Avec la démocratie liquide, tu peux voter directement …


#8

Non mais dans le cadre actuel cela pourrait se traduire par (après les élections) :

  • P3p3 (pirate virtuel) est élu conseiller municipal dans une liste majoritaire,
  • le maire est élu par son conseil municipal,
  • il devient par arrêté du maire “adjoint délégué au numérique et à la citoyenneté”, parce que c’est le plus jeune et que “lui au moins il y comprends quelque chose” …

<digression = ON>
ça c’est une négociation/dialogue qui se fait en équipe après les élections, mais cela à une importante capitale car suivant la délégation (et notamment son intitulé) ce ne sont pas les mêmes services et les mêmes actions qui peuvent être mises en place, ni les mêmes budgets d’ailleurs. Dans mon exemple c’est pour cela que je mets volontairement numérique ET citoyenneté --> dans mon cas perso, je suis délégué au numérique et à l’innovation, ce qui permet d’élargir le spectre d’action et qui fait que maintenant je suis aussi investit dans la démocratie participative locale.
<digression = OFF>

  • sur sa délégation il doit couvrir un champ qui comprend :
  1. l’informatique interne aux services communaux
  2. l’informatique dans l’école
  3. la médiation numérique qui se pratique au CCAS
  4. un projet d’agenda événementiel promis pendant la campagne
  5. un projet de création d’un fablab rural
  6. un projet de création d’un wifi territorial qui se rajoute car un appel à projet vient de paraître
  7. le projet de conseil municipal jeune
  • Maintenant il a tout à fait le droit de considérer que son mandat et les décisions dans le cadre de sa délégation peuvent être mises en débat avec les citoyens, via un outil de démocratie liquide + de co-construction.

  • Par exemple mettre en débat le projet de création d’un Fablab : oui/non/pourquoi faire?/avec qui? et de même pour le wifi public : qu’en pensez-vous?/y a-t’il des besoins?/avec quel implantation?

  • Et faire correspondre les actions dans sa délégation à la co-construction et au “mandat liquide” qu’il aura obtenu par consensus auprès de la population (et des élus, car l’enjeux est aussi là : dans un conseil municipal tu travailles en équipe avec des sensibilités différentes --> voir comment ces élus “non pirate” pourraient se saisir de cette opportunité liquide …)


#9

J’ai retrouvé un article que je souhaitais partager avec vous :


#10

Un rapport de 2014 sur « l’hyper-ruralité », avec des recommandations qui restent trop vagues à mon goût. Les mesures et recommandations apparaissent à partir de la page 38.


#11

Bjour,

il y a la commune de Saillans
qui pratique la démocratie participative depuis 2014