Gratuité VS Revenu de base


#1

Salut !

J’ai pu voir que le revenu de base est assez fréquemment mentionné.
C’est pourquoi je partage avec vous cette article du monde diplomatique, qui prône la gratuité de nombreux services plutôt qu’un revenu de base censé permettre l’accès à ceux-ci : https://www.monde-diplomatique.fr/2018/11/ARIES/59231
Je trouve qu’en plus d’être très pertinente sur le fond, cette idée s’inscrit particulièrement bien dans la lutte pour le libre partage sur Internet par exemple.


#2

Oui et non

(Comme le clash est fait, allons dans le fond)

Le principe du revenu de base, en tout cas avancé par le Parti Pirate, est que ce n’est pas la panacée, qu’il ne résout pas tous les problèmes à coup de distribution d’argent.

Déjà on essaie de mettre en avant la gratuité des transports publics pour les rendre plus attractifs (sans oublier qu’il faut malgré tout, aujourd’hui, des personnels pour assurer la sécurité des personnes à bord des trains par exemple – oui ils ne sont pas là QUE pour contrôler des billet, en revanche ça ferait des économies d’argent sur les guichets … mais il faut surtout penser à la maintenance et l’infrastructure du réseau qui eux ne sont pas gratuits). Ou encore arriver à faire entrer dans la survie d’une entreprise (certain ici ne veulent pas entendre de comptabilité) son impact écologique, et donc laisser le capitalisme dans sa vision mortifère alors qu’il n’est juste qu’un ensemble de règles qui ne comprennent pas toutes la réalité d’aujourd’hui.
Prôner un revenu de base au niveau du Parti Pirate c’est aussi prôner la notion des communs, et donc si on ne parle pas ici de gratuité, fondamentalement, on a malgré tout la notion de services minimums accessibles à tous pour la survie de chacun … et il faut aussi réussir à faire sortir de la tête des gens que si c’est gratuit ce n’est pas à gaspiller. Mettre un prix sur quelque chose c’est montrer que la chose en question N’est PAS abondante, c’est la base même d’une économie qui fonctionne sur la base de la rareté. Mais ça veut dire aussi ne pas permettre que des groupes comme Nestlé s’approprient des ressources naturelles et font de la richesse privée sur la base justement de ces communs. En çà, l’article le dit bien :

La gratuité que nous devons défendre relève d’une construction. Économique, d’abord : si l’école publique est gratuite, c’est que l’impôt la finance. La gratuité libère le service du prix, pas du coût. Culturelle, ensuite : il ne s’agit pas de promettre une liberté sauvage d’accès aux biens et aux services, mais de l’adosser à des règles.

Elle s’étend à tous les domaines de l’existence, tels que le droit aux parcs et jardins publics, à des terrains de jeux, à l’embellissement des villes, à la santé, au logement, à la culture, à la participation politique… L’enjeu est bien de multiplier des îlots de gratuité dans l’espoir qu’ils forment demain des archipels et après-demain des continents.

Ce qu’il y a d’intéressant c’est que par exemple, ce qui vient d’être voté à la dernière Assemblé Permanente de décembre sur le volet politique s’apparente justement à ce point de vue.

La gratuité d’un bien tel que l’eau répond non seulement à une préoccupation sociale, mais également à l’urgence écologique, en invitant par exemple à construire des réseaux de distribution plus petits afin de réduire les pertes (estimées à plus du tiers), ou en entravant le principe du système marchand selon lequel l’eau ne sert qu’une seule fois.

En fait l’article va dans le sens du Parti Pirate et demande par ailleurs un changement profond du paradigme actuel. Le Revenu de Base contribue aussi à cela.

la gratuité contribue à responsabiliser les ponctions réalisées sur l’environnement.

Tout comme l’anarchie. MAIS – oui les majuscules c’est voulu – est-ce possible demain ? Sincèrement je ne le pense pas, tout le monde n’étant pas prêt. Il ne faut pas y voir une offense et au final cette remarque ne visent pas forcement ceux auxquels vous auriez pu penser tout de suite.

Pour résumer je ne pense pas que la gratuité seule soit suffisante, tout comme le Parti Pirate est persuadé que le revenu de base seul n’est pas suffisant.

Il faut effectivement montrer des objectifs, les plus larges possibles, qui sont capables de faire vivre l’humanité mieux, plus en adéquation avec elle même, plus juste, mais aussi ouverte sur autre chose que son simple nombril afin qu’elle puisse voir toutes les autres beautés que lui offre l’univers … parce que si on parle de gratuité, il faut réfléchir aussi à d’autres formes de récompense.


#3

L’association Recherches et Expérimentation sur la Décroissance et la Transition prône la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie qui se compose :

  • de monnaie locale pour la nourriture et des produits de première nécessité
  • d’un droit de tirage en m2 habitable, en eau et en énergie
  • d’un accès gratuit aux transports en commun locaux, à la santé, l’éducation, la culture,…

dispositif couplé avec un revenu maximum acceptable


#4

Tu marques un point. Je pense que ce serait à coupler avec une amélioration du système éducatif (et c’est valable pour d’autres sujets d’ailleurs, mais c’est un autre débat). En fait, il faudrait peut-être même commencer par ça.
Remarque, le gaspillage ne concerne pas tous les biens et services (il me semble difficile d’abuser des transports en commun par exemple).

Du coup, la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie mentionnée par @sdm94 me paraît très intéressante.

Par contre,

Je ne vois pas en quoi


#5

Alors je ne dis pas que prôner le revenu de base c’est obligatoirement faire la promotion des communs, je dis juste que c’est ce qui est fait au niveau du Parti Pirate.

Cette phrase peut être un peu trop sibylline signifie qu’une mesure seule n’est pas suffisante

Et en fait tu le remarques aussi. Avec le RdB, on promeut aussi la réduction du temps de travail, les communs, l’écologie, l’éducation, l’instruction, le partage du savoir, afin d’avoir un tout cohérent.


#6

Et d’ailleurs en passant, ce qui me choque le plus, c’est le titre, pourquoi un “versus”, comme si les deux s’excluaient mutuellement.

Autant tu peux faire un “statu quo” vs “revenu de base” vs “salariat à vie”, autant là, ça n’a pas de sens. Je pense d’ailleurs que c’est dû au biais de l’article que tu as mentionné.

C’est comme si on disait “revenu de base” vs “les communs”. Ce sont, pour moi, des briques économiques que l’on peut imbriquer pour obtenir plus ou moins de résultats.


#7

Il est vrai que j’ai été influencé par l’article, mais surtout j’étais parti du principe que tout ce dont le revenu de base est censé nous donner accès pouvait tout aussi bien être rendu directement gratuit. De ce point de vue, la gratuité se substituerait donc complètement au revenu de base.

À présent bien sûr je suis prêt à envisager une complémentarité.


#8

Après lecture du rapport suivant comparant revenu inconditionnel et Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, je ne peux que revenir sur ma position de départ : http://www.institutmomentum.org/wp-content/uploads/2013/10/Le-revenu-d’existence.pdf

Finalement, le revenu de base ne fait qu’ajouter une interface monétaire pour l’accès à une vie décente. Il me semble que cette interface est inutile.

Et puis il y a le coût. Selon un rapport évoqué dans article que j’ai cité en premier lieu (Éloge de la gratuité), le coût d’un revenu de base serait nettement supérieur à celui de l’instauration de la gratuité pour les biens et services concernés.

Ces éléments entravent l’idée d’une complémentarité entre les deux.

Cela implique aussi une représentation différente de la société. On ne percevra pas un service de la même manière selon que l’on nous a donné les moyens financiers de nous l’offrir, ou que la société nous l’offre directement.

Je n’ignore pas pour autant ce qui a été dit. Je comprends que le gaspillage risque d’être un problème, et je comprends qu’une pareille transition puisse ne pas se faire sur le court terme.

Une association gratuité - revenu de base représenterais peut-être un bon modèle transitoire.


#9

Bjour,

j’ai pas tout suivi…
juste une remarque sur la gratuité des services, cela me semble pas cohérent parce que je ne vois comment ceux qui habite à l’écart d’une ville pourront en bénéficier ?
Alors qu’avec le revenu de base on réduit l’inégalité entre le rural et le citadin.


#10

Ceux là pourraient en bénéficier avec une politique équitable et une amélioration profonde du transport en commun dans les zones rurales.
Et ça aussi ça doit faire partie des choses que nous devons défendre.
Mais je pense que la gratuité va de paire avec le revenu de base. Je pense aussi que c’est complémentaire et qu’il ne faut pas réfléchir en les opposant mais plutôt en voyant dans ces deux mesures des moyens de faire du service public un vrai bien commun.
Le transport en commun doit être un bien commun, et en tant que tel nous devrions tous y accéder gratuitement, aux moins ceux qui vivent et/ou travaillent sur le territoire concerné.


#11

Comme l’a dit @Florie il y aurait les transports en commun (vers les villes, voire à l’intérieur même des zones rurales) mais aussi, entre autres, l’accès au logement, à l’éducation, à la santé… J’avoue que je ne vois pas en quoi les ruraux seraient défavorisés sur ce point.


#12

Parce que c’est plus cher et pour moins de monde (il suffit de voir la carte de la 4G pour comprendre le problème, quand bien même ça serait une construction publique)


#13

heu…je ne sais dans quelle catégorie je suis mais, dans ma zone pour accéder au transport en commun il faut faire 2 km à pieds…
Et il y a plein de petit lieu dit etc, ou c’est pire!


#14

C’est pour ça que je disais qu’il fallait de la voiture autonome partagée SURTOUT en ruralité


#15

Je veux bien la voir s’il te plaît.

Oui, comme dans mon cas par exemple. Néanmoins, pour des trajets de l’ordre de 2km, le vélo me parait bien indiqué. Pour des trajets plus longs, de mauvaises conditions météorologiques ou une incapacité physique, la voiture ça existe toujours (bien qu’il faille la faire évoluer). D’ailleurs @Farlistener parle de voiture autonome partagée, ce qui me semble être une bonne idée. Finalement, ce serait une expension des transports en commun.


#16

Il me semble que le RVB et le 1er échelon parce qu’il sera ressenti immédiatement, après il faut peaufiner les moyens “d’égaliser” comme mettre le transport en commun gratuit en ville et dans la grande “banlieue”, et parallèlement les solutions alternative de partage, mise à dispo de véhicule, réouverture des petites lignes ferroviaire etc, pour les plus éloignés des centres.


#17

Je suis entièrement d’accord avec ce que tu proposes sur le volet transports en commun. Et en un sens je favorable au RVB comme “1er échelon” car oui, dans l’état actuel des choses, il devrait être ressenti immédiatemment puisqu’il s’incrit dans une logique de pouvoir d’achat, laquelle me semble être la logique dominante actuellement.
Mais ne vaudrait-il pas mieux, dans l’idéal, enlever cette nécessité d’avoir de l’argent plutôt que le donner, et ce pour tous les domaines où le revenu de base s’appliquerait ?


#18

Je n’ai pas lu l’article mais mon avis sur le fil:
Pour moi, la grosse différence entre la gratuité et le RdB, c’est qu’avec la gratuité, tu fais la supposition de ce à quoi les gens vont dépenser leur argent. C’est un peu comme quand les gens proposent un sandwich à un sdf plutôt que lui donner 5 euros. Tu fais l’hypothese de ce dont tu penses que la personne a besoin. Et peut-être que tu te trompes fort (qu’il avait juste envie d’une biere, qui lui manquait 5 euros pour une nuit au chaud, acheter de quoi travailler, etc). Je fais un peu le même parallèle entre gratuité et RdB. L’argent pourrait très bien servir à autre chose que des services publiques.


#19

En fait là tu places un point important, c’est la notion de liberté. Définir, même de façon très démocratique une gratuité forte c’est supposer que les gens ne sont pas capables de définir individuellement leur besoin, ce qui est une vision paternaliste (et pour moi forcément autoritaire) de la gestion des besoins d’une personne dans la société.

Alors attention, je suis très favorable à une vision importante des communs (dans tout ce qui est défini comme un réseau, l’eau, l’électricité, internet, transport collectif) et que l’on ait une part “base” payée par la communauté et donc accessible à tous ne semble un point possible (un volume d’eau, d’électricité, etc. qui soit gratuit par exemple).

Mais si on parle de logement par exemple, je préfère largement laisser la liberté aux gens de choisir leur lieu de vie, leur mode de vie.


#20

C’est bien vu en effet. En somme, la gratuité atteint ses limites dès lors qu’une personnalisation est possible et surtout pertinente.