Rédaction motion éducation

Hello,
Ci-joint une tentative de rédaction d’une motion sur l’éducation. Dans l’attente de vos retours :wink:
Un certains nombre de débats a déjà eu lieu sur la question :

Exposé des motifs

Cette motion entend déterminer une ligne en matière de politique éducative pour le parti pirate, de manière à se détacher d’un programme éducatif actuel composé de 12 points élaborés en 2017, peu innovants, ne reflétant pas, voir étant contradictoires avec l’idéologie pirate. Ces points programmes peuvent porter préjudices au vu de la faiblesse de leur argumentaire et de l’inexactitude de leur propos.

Cette motion s’est cependant inspirée de certains de ses points et de l’ensemble des discussions qui ont lieu sur le forum afin d’y rassembler les grands défis auxquels fait fasse le système éducatif français.

Elle entend à la fois donner des billes en terme de philosophie éducative à nos portes paroles qui tiendrait plus d’un idéal, mais aussi proposer des points de réformes prioritaires à mettre en place rapidement.

Cette motion induit l’abrogation des motions suivantes :

Description

Pour une éducation émancipatrice

Le Parti Pirate se positionne pour un service publique de l’éducation qui aurait pour mission principale l’émancipation des individus. Cette émancipation doit permettre le développement physique et intellectuel des individus, de manière à ce que ces personnes puissent mener la vie libre qu’iels souhaitent.

En cela donc, cette éducation doit non seulement former à l’apprentissage des fondamentaux scolaires mais doit aussi permettre aux individus de pouvoir mener leur vie sociale, citoyenne, leur vie économique, leur santé en toute sérénité.

Le Parti Pirate envisage l’école comme une opportunité pour des jeunes citoyens de participer activement à la société.

En cela donc, le Parti Pirate ne peut pas envisager un système éducatif dans lequel les jeunes seraient amenés à subir les décisions prises par les adultes, politiques, parents, personnel éducatif. Un tel fonctionnement ne ferait que reproduire le schéma dysfonctionnel d’une société autoritaire.

Il doit leur être donné l’opportunité de participer activement à la vie de leur établissement, de prendre de décision sur l’allocation des budgets, l’organisation de la scolarité.

Cette nécessité pour amener au développement d’individus émancipés n’empêche pas que les établissements éducatifs soient contraints à un certains nombre de missions. La seule différence tient à la manière dont les principaux intéressés participent à ce processus décisionnel.

Au centre, une question de budget

Bien que cet idéal demanderait une refonte profonde du système éducatif actuel, il semble impossible de tendre vers ce dernier sans engager les 1,2 millions de professionnels qui y travaillent. Comment oser demander à un personnel éducatif de se réformer, d’envisager de nouvelles manières d’éduquer si ce dernier n’est pas considéré, en premier lieu de part un salaire décent ?

De la même manière, il est difficile de demander à des établissements d’innover, de faire face à ses nouveaux défis éducatifs sans un budget adequat.

La France, bien qu’ayant un budget consacré à l’éducation supérieur à la moyenne européenne, semble laisser de côté ses enseignants et ses établissements.


Une des explications de cette incohérence peut-être expliqué par le plus grand nombre de jeunes dans notre pays : nous possédons 17,67% de moins de 14 ans en France contre 15,56% au Canada, 15,59% en Finlande.

Une autre explication à ce sentiment d’être laisser de côté tient à la rémunération des enseignants. Ils sont en moyenne moins bien rémunérés que dans d’autres pays de l’OCDE et ont plus d’enfants par classe.

Autrement dit, il nous faudrait changer la manière dont nous pensons le budget de l’éducation, en passant, notamment dans nos comparaisons, d’une réflexion fondée sur le budget général à une réflexion fondée sur le budget alloué annuellement à un élève.

Bien heureusement, le ministère de l’éducation nationale fournit des chiffres à ce sujet :

Ces quelques données chiffrées permettent d’avoir une idée du coût annuel mais cachent, parce que ce sont des moyennes, une autre réalité qui tient à l’inégalité de répartition de ces coûts entre les établissements.

Et, difficile de promettre une éducation égale pour tous, si, en 1er lieux, les budgets alloués par élèves ne sont pas les mêmes. Un arrêté de le Cours des Comptes de 2012 évoque cette situation :

Dans ce rapport on comprend que l’attribution des budgets dépend de critères critiquables :

  • Pour le permier degré, l’appartenance à une zone rurale ou urbaine, la catégorie socio-professionelle moyenne des familles, la proportions de parents allocataires de minima sociaux)
  • Pour le second degré, la dotation de l’année précédente pour une académie et un calcul des besoins d’encadrement des élèves par les enseignants pour les différentes formations

La Cours souligne un manque de transparence dans ces critères. En effet, il ne serait pas possible de calculer à partir de critères explicites les dotations qui seront accordées aux académies.

Le Parti Pirate préconise que le salaire des enseignants soit relevés à une valeur équivalente à 2 fois le SMIC en début de carrière.

Le Parti Pirate préconise que les budgets dédiés aux établissements se fondent sur une base fixe fonction du nombre d’élève par établissement.

Le Parti Pirate préconise également que soit menée une réflexion sur la fin de la séparation des filières générales, technologiques et professionnelles afin de promouvoir une éducation émancipatrice qui laisse autant de place, pour tous, aux activités intellectuelles comme manuelles.

Pour un vrai service publique de l’éducation

Dans un système éducatif où les jeunes et le personnel éducatif prends part aux décisions de son établissement, la voie devient libre pour mener des expérimentations éducatives de toutes sortes. Ainsi, l’intérêt qui potentiel d’établissement d’enseignements privés dans ce but devient obsolète.

De la même manière dans une volonté de gestion du budget qui dépende du nombre d’élève accueilli dans l’établissement plus que du projet éducatif et de l’offre de l’établissement, ou encore du contexte socio-économique, il ne devient pas acceptable que des établissements privés demandent à des familles une participation financière supplémentaire.

En effet, mettre en concurrence un service publique de l’éducation et des établissements privés d’éducation revient à ségréguer les élèves en fonction de la capacité financière des familles.

Ainsi, le Parti Pirate préconise que les établissements privés d’éducation ne soient plus autorisés.

Une école aux défis importants

Un certain nombre de problématiques importantes devraient faire l’objet de discussions plus approfondies, parmi les suivantes :

  • La formation continue des enseignants, notamment sur les méthodes pédagogiques fondées scientifiquement, le lien direct avec la recherche et les professionnels de l’université.
  • La réflexion sur des pratiques éducatives qui n’alimentent pas le harcèlement entre élèves, qui ne dégrade pas les inégalités sociales.
  • La mise en place d’une réelle éducation sexuelle à l’école, en commençant par appliquer la loi voté à ce sujet.
  • Une refonte du système d’évaluation continue qui doit pouvoir prouver son intérêt pédagogique ou arrêter d’exister. Cela n’exclue pas la mise en place d’évaluations standardisées à différents moments de la scolarité afin notamment d’obtenir des chiffres nationaux sur la réussite des élèves et d’adapter au mieux la politique éducative.
  • L’intégration d’une souplesse dans les modalités d’apprentissage et d’organisation du temps scolaire pour les élèves, dans l’enseignement à distance, l’intégration des élèves en situation de handicap

Ces défis ne peuvent pas être relevés tant que les professionnels ne sont pas mieux rémunérés et tant que les élèves ne sont pas intégrés aux décisions qui les touchent directement.

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Merci beaucoup pour ce travail de synthèse !

Deux questions :

Est-ce que tu pourrais préciser ce que tu entends par « fin de la séparation » et qu’est-ce que tu projettes à la place ?

Et, est-ce que cela concerne le privé pur ou également le privé sous contrat ?

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Je ne sais pas exactement, c’est à inventer, même s’il y a toujours des expérimentations ça et là, par des anarchistes en autre. Je penses aussi à la pensée éducative de Dewey.

Je ne suis pas d’avis d’aller plus loin dans le détail sur ce point, mais ça me semble un idéal à atteindre que de pouvoir, par exemple passer de cours de mathématiques donnés en filière générale au travail du bois par exemple. Je ne vois pas en quelle honneur ces 2 types d’études seraient accessibles séparément.

Je pensais à tout le privé, sous contrat et hors contrat.

En vrai sur ces deux points (fin de la séparation des filières générales) et la fin des écoles privées, je suis vraiment pour ! Je survole un peu ta proposition et ça m’a l’air très cool !

Merci pour ton travail d’enquête et d’investigation pour la rédaction de cette motion bien complète !

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Sur le premier point, je pense qu’il faudrait un peu préciser les choses, j’ai l’impression que la formulation est un peu vague et ne faciliterait pas le travail des porte-parole.

Sur le second point, je suis extrêmement réservé. On risque de se heurter à la Constitution. La possibilité d’un enseignement privé sous contrat ou non est protégée par la liberté d’expression (DDHC). En effet, chacun.e est libre de choisir le mode d’enseignement qu’il estime adapté à l’enfant dans le respect des missions données à l’autorité parentale par le Code civil : « [L’autorité parentale] appartient aux parents jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. »

De ce fait, faire ce genre de proposition, c’est du vent (ce que je ne souhaite pas voir dans notre programme). Je pense qu’il faut pencher vers une proposition moins manichéenne et essayer de proposer quelque chose de réellement applicable au travers de mécanisme de régulation et de « suppression » de la compétitivité entre les deux secteurs de l’éducation. En fait, la vraie question est le financement du privé hors contrat qui fait ce qu’il veut avec l’argent de l’état sans garantie de l’enseignement dispensé (contrairement avec l’enseignement sous contrat qui est soumis aux programmes nationaux).

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Merci pour ce projet de motion ! Je suis bien d’accord pour produire une réflexion globale et des lignes directrices sur l’éducation, qui manquent souvent au programme.

Je suis particulièrement d’accord avec les idées suivantes, très cohérentes avec nos valeurs :

  • L’école comme lieu d’émancipation
  • Renforcer l’implication des élèves
  • Transparence sur l’attribution des budgets
  • Budgets par élève, plutôt que par classes
  • Plus grande liberté dans l’usage des budgets.
  • Plus grande liberté et souplesse pédagogique des établissements
  • Mettre en avant des pédagogies fondées scientifiquement.
  • Revaloriser les salaires des enseignants
  • Rapprochements entre filières

En revanche, je suis très sceptique sur les idées ou formulations suivantes :

  • Annoncer 2 SMIC pour tous les profs en début de carrière me semble très excessif, surtout si c’est pensé comme une mesure immédiate. On parle quand même de 2700€ net ; si je compare avec ce que je touche de base (~1800€) après 5 années d’enseignement, on parle quand même à la louche de 50% d’augmentation. Et je n’arrive pas à trouver trace d’une telle revendication chez les syndicats, qui sembleraient déjà se satisfaire à court terme d’une augmentation générale de 10%, qui permettrait de se rapprocher de la moyenne de l’OCDE. Il vaudrait mieux se référer à cette moyenne, ou à quelque pays comparable, plutôt qu’une référence assez arbitraire à tant et tant de SMIC.

  • Annoncer la « fin de la séparation des filières » est une formulation assez anxiogène. Prôner plus simplement davantage de « rapprochement », « passerelles », « polyvalence », en mettant surtout en avant cette plus grande liberté de choix (entre activités plus ou moins intellectuelles ou manuelles) bien mentionnée dans le texte, semblerait plus positif.

  • Je rejoins nettement les réserves sur l’interdiction de l’enseignement privé, et les arguments avancés. J’ajoute que ce serait très nettement contradictoire avec l’idéal de liberté ! On pourrait plus simplement mettre en avant que notre système rendra bien moins nécessaire le recours à l’enseignement privé sous contrat ; et/ou inversement, suggérer prudemment l’intégration progressive de l’enseignement sous contrat dans le système public, désormais plus ouvert aux expérimentations. Mais interdire tout enseignement privé semble très contre-productif.

Sur la forme (même si j’ai compris que c’est pour l’instant une première tentative de rédaction), je plaide pour une présentation plus sobre et lisible, avec une introduction qui expose le diagnostic et la philosophie générale d’une part, et une liste de propositions brèves et concrètes d’autre part. Renvoyer les éventuels graphiques et documents vers des annexes.

Dans tous les cas, c’est une bonne chose de remettre sur la table le sujet de l’éducation.

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Je suis plutôt d’accord avec Antoine.

Je pense que ça vaut le coup de bien creuser l’enseignement professionnel (dès le collège) et la question de la transition vers le monde professionnel. Je ne pense pas que l’émancipation intellectuelle soit opposée à l’émancipation économique / la préparation au monde du travail.

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Ça n’empêche pas les parents de faire l’école à la maison, mais juste pas au sein d’une structure privée avec des professeurs payés par cette structure ou par l’état. Ou alors j’ai loupé un truc ?

Pour moi c’est un grand principe, mettre en concurrence privé et public c’est ségréguer socialement, comme c’est le cas, dans une certaine mesure pour les transports en commun de proximité dans les villes moyennes et certaines grandes villes. Si la majorité n’est par pour appliquer ce principe, je peux enlever la proposition.

C’était 2,2 fois le SMIC dans les années 1980.

Well ça m’irait. Si tu as une source sous le coude je change la proposition et j’ajoute la source.

Différence de philosophie de rédaction me concernant, j’aime avoir les preuves sous les yeux :wink:

C’est à dire, tu ajouterais ça où ? Ou faudrait reformuler la partie sur la « fin de la séparation » ?

En intégrant vos remarques (j’éditerais ce message par la suite, je n’y ai mis que la fin de la motion qui pose le plus de soucis), j’ai enlevé la partie sur le privé, j’ai intégrer la proposition de fin de la séparation des filières à la fin avec les autres défis, pour se restreindre 2 propositions concrètes budgétaires.

Au centre, une question de budget

Bien que cet idéal demanderait une refonte profonde du système éducatif actuel, il semble impossible de tendre vers ce dernier sans engager les 1,2 millions de professionnels qui y travaillent. Comment oser demander à un personnel éducatif de se réformer, d’envisager de nouvelles manières d’éduquer si ce dernier n’est pas considéré, en premier lieu de part un salaire décent ?

De la même manière, il est difficile de demander à des établissements d’innover, de faire face à ses nouveaux défis éducatifs sans un budget adequat.

La France, bien qu’ayant un budget consacré à l’éducation supérieur à la moyenne européenne, semble laisser de côté ses enseignants et ses établissements.


Une des explications de cette incohérence peut-être expliqué par le plus grand nombre de jeunes dans notre pays : nous possédons 17,67% de moins de 14 ans en France contre 15,56% au Canada, 15,59% en Finlande.

Une autre explication à ce sentiment d’être laisser de côté tient à la rémunération des enseignants. Ils sont en moyenne moins bien rémunérés que dans d’autres pays de l’OCDE et ont plus d’enfants par classe.

Autrement dit, il nous faudrait changer la manière dont nous pensons le budget de l’éducation, en passant, notamment dans nos comparaisons, d’une réflexion fondée sur le budget général à une réflexion fondée sur le budget alloué annuellement à un élève.

Bien heureusement, le ministère de l’éducation nationale fournit des chiffres à ce sujet :

Ces quelques données chiffrées permettent d’avoir une idée du coût annuel mais cachent, parce que ce sont des moyennes, une autre réalité qui tient à l’inégalité de répartition de ces coûts entre les établissements.

Et, difficile de promettre une éducation égale pour tous, si, en 1er lieux, les budgets alloués par élèves ne sont pas les mêmes. Un arrêté de le Cours des Comptes de 2012 évoque cette situation :

Dans ce rapport on comprend que l’attribution des budgets dépend de critères critiquables :

  • Pour le permier degré, l’appartenance à une zone rurale ou urbaine, la catégorie socio-professionelle moyenne des familles, la proportions de parents allocataires de minima sociaux)
  • Pour le second degré, la dotation de l’année précédente pour une académie et un calcul des besoins d’encadrement des élèves par les enseignants pour les différentes formations

La Cours souligne un manque de transparence dans ces critères. En effet, il ne serait pas possible de calculer à partir de critères explicites les dotations qui seront accordées aux académies.

Le Parti Pirate préconise que le salaire de l’ensemble du personnel éducatif soit relevé de 10%.

Le Parti Pirate préconise que les budgets dédiés aux établissements se fondent sur une base fixe fonction du nombre d’élève par établissement.

Une école aux défis importants

Un certain nombre de problématiques importantes devraient faire l’objet de discussions plus approfondies, parmi les suivantes :

  • La formation continue des enseignants, notamment sur les méthodes pédagogiques fondées scientifiquement, le lien direct avec la recherche et les professionnels de l’université.
  • La réflexion sur des pratiques éducatives qui n’alimentent pas le harcèlement entre élèves, qui ne dégrade pas les inégalités sociales.
  • La mise en place d’une réelle éducation sexuelle à l’école, en commençant par appliquer la loi voté à ce sujet.
  • Une refonte du système d’évaluation continue qui doit pouvoir prouver son intérêt pédagogique ou arrêter d’exister. Cela n’exclue pas la mise en place d’évaluations standardisées à différents moments de la scolarité afin notamment d’obtenir des chiffres nationaux sur la réussite des élèves et d’adapter au mieux la politique éducative.
  • L’intégration d’une souplesse dans les modalités d’apprentissage et d’organisation du temps scolaire pour les élèves, dans l’enseignement à distance, l’intégration des élèves en situation de handicap
  • Une réflexion sur le rapprochement entre les filières générales, technologiques et professionnelles afin de promouvoir une éducation émancipatrice qui laisse autant de place, pour tous, une liberté de choix et un accès facilité aux activités intellectuelles comme manuelles.

Ces défis ne peuvent pas être relevés tant que les professionnels ne sont pas mieux rémunérés et tant que les élèves ne sont pas intégrés aux décisions qui les touchent directement.

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Travail et débat intéressant et impressionnant!
Bravo à vous. (Oui j’apporte rien au débat sauf #MoralSupport)

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« l’intégration des élèves en situation de handicap »

J’ai parlé de ça rapidement sur discord (bistrot pirate) et effectivement je trouve que l’intégration des élèves en situation de handicap est un des points faibles de l’école actuelle. Il n’est pas rare d’en trouver plusieurs par classe comportant des handicaps invisibles.

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Je me permets de relancer le débat sur une « motion éducation » générale, avec une proposition alternative, qui s’inspire grandement du travail de @Bibo et des différentes réflexions de ce fil discourse, à partir des constats et objectifs suivants :

  • La motion proposée apparaît relativement longue et dense. Je propose donc dans un premier temps de nous concentrer sur une motion de « philosophie générale », et de mettre en valeur la question de la « rémunération des enseignants » dans un dans point de programme spécifique.
  • De même, j’aurais voulu faire déjà un point spécifique sur la diversité des élèves, le handicap, etc… mais je n’y suis pas parvenu pour l’instant, et les éléments correspondants ne figurent pas dans les 2 points de programme que je propose là. Je crois savoir que l’équipage diversité est au taquet pour que le thème soit bien développé, ils y travailleront peut-être directement.
  • J’ai essayé aussi de mettre plus nettement en cohérence les constats et les points de programme, et d’obtenir un format plus conforme à un programme de parti politiques (les graphiques et les détails sont précieux, mais je maintiens qu’ils sont plus efficace dans des annexes ou éventuels livrets, qu’au milieu de points de programmes, dont la lecture doit être claire et rapide. Accessoirement, ça enlève des enjeux d’actualisation des données).
  • J’ai essayé de rester proche, dans le fond programmatique, de ce qui a déjà été dit, mais j’ai possiblement rajouté des éléments qui me semblaient pertinent sur le moment. N’hésitez pas à retoquer ce qu’il faut.

Ce qui donnerait les 2 points de programme suivant :

Pour une éducation émancipatrice
Le service publique de l’éducation doit avoir pour mission principale l’émancipation des individus. C’est-à-dire, préparer les futurs citoyennes et citoyens à mener une vie libre, autonome, affranchie de toute domination.
Cette émancipation suppose non seulement l’apprentissage de savoirs fondamentaux, mais aussi de multiples savoirs-faire et de savoir-être, qui permettent de mener librement et sereinement sa vie sociale, citoyenne, économique.
Le système éducatif doit donc être orienté vers cet objectif, et préserver les élèves des injonctions autoritaires de toutes sortes (politiques, sociales, familiales), aggravées par le système politique autoritaire actuel. Les élèves doivent pouvoir participer plus activement, et progressivement, à la vie de leur établissement scolaire, à l’organisation des activités scolaires, à l’allocation de budgets, pour s’adapter à la diversité des élèves (notamment en situation de handicap) et des méthodes d’apprentissage.

Les Pirates proposent donc les mesures suivantes :

  • Renforcer les budgets des établissements, en fonction du nombre d’élèves (plus que sur le nombre de classes), avec des moyens renforcés pour les élèves en situation sociale défavorisée, et pour les élèves en situation de handicap.
  • Accorder aux établissements davantage de liberté dans l’usage des budgets et des dotations horaires, pour favoriser l’expérimentation de nouvelles formes d’apprentissage et d’organisation du temps scolaire.
  • Renforcer la place des élèves dans les instances des établissements, et favoriser l’implication de tous les élèves à toutes les échelles (du Conseil d’Administration aux heures de « vie de classe », en travaillant à lier les unes aux autres).
  • Favoriser les expérimentations pédagogiques en lien direct avec la recherche universitaire.

Pour la revalorisation du métier d’enseignant
Pour remplir leurs missions, les professionnels de l’éducation doivent être bien mieux soutenus et considérés qu’ils ne le sont aujourd’hui, en terme de rémunération comme de conditions de travail. Ainsi, le salaire des enseignants français reste de 10 à 15% inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE, et l’écart est plus fort encore avec certains pays proches comme l’Allemagne (où la rémunération est pratiquement 2 fois supérieure !). Pourtant, même si le budget consacré à l’Education Nationale est relativement important en France (6,6% du PIB), il est à peine supérieure à la moyenne de l’OCDE si on le rapporte au nombre d’élèves, plus nombreux en France. A nouveau, des pays proches comme l’Allemagne ou la Belgique mobilisent davantage de moyens par élève.

Les Pirates proposent donc les mesures suivantes :

  • Rehausser de manière globale et progressive la rémunérations des enseignants, pour atteindre au moins la moyenne de rémunération appliqué dans l’OCDE.
  • Renforcer, dans la formation initiale et continue des enseignants, l’acquisition des méthodes didactiques et pédagogiques, fondées autant que possible sur des bases scientifiquement établies.
  • Attirer vers le métier de professeurs des profils plus divers, en reconversion, en appliquant aux aspirants professeurs des conditions similaires à celle de jeunes professeurs stagiaires : pratique accompagnée par un tuteur, puis pratique en responsabilité devant des classes à mi-temps (payé temps complet), pour être réellement et durablement formé au métier.

Merci d’avance pour vos retours, remarques, critiques, suggestions.

Sur les salaires,c’était pas si fou ma proposition à 2 SMIC :

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Merci beaucoup pour tout ce travail, c’est énorme et passionnant.

Si je suis globalement d’accord avec tout j’ai une réserve qui a déjà été soulevé, sur le privé sous contrat, encore plus dans le cadre des établissements qui enseigne via l’alternance et qui donc ne coute rien aux familles ni aux élèves.
Pour le privé hors contrat, je ne comprends même pas que cela puisse encore exister, l’éducation étant pour moi obligatoire, gratuite et laïque par essence.

Il y a un point qui manque pour moi qui est une injustice que je rencontre souvent et qui est liée à cette partie : Le Parti Pirate préconise également que soit menée une réflexion sur la fin de la séparation des filières générales, technologiques et professionnelles afin de promouvoir une éducation émancipatrice qui laisse autant de place, pour tous, aux activités intellectuelles comme manuelles.

Malheureusement tout les savoirs ne sont pas disponibles partout. La question des collèges et lycées de secteurs sont insupportables et doivent disparaitre. J’ai régulièrement des jeunes de 15 ans qui me disent : J’aurais adoré voir ça au lycée, mais il aurait fallu déménager (??). La semaine dernière, une mère est venu me voir :
« Pour la grande malheureusement on peut rien faire, elle est en 3ème à moins de déménager elle pourra pas faire du cinéma avant le post-bac, du coup on hésite à mettre la petite qui va rentrer en 6ème dans un autre collège, qui est plus loin mais ou le lycée de secteur propose plus d’option, les dérogations sont plus facile à obtenir au collège. »
Déterminisme quand tu nous tiens…

Oui, d’accord avec tes propos, il faut un peu plus de réalisme.
Le financement de toute dépense (même pour les enseignants) creusera une dépense du budget de l’État.
Sur ce point, pour rester indépendant, mais permettre des financements entrants, ne serait-il pas envisageable de pousser/motiver les entreprises à verser la taxe d’apprentissage, non pas à la formation, mais a une caisse nationale de rémunération des enseignants ?
La difficulté est alors de réfléchir à l’égalité de répartition ou bien l’équité de répartition.

Le point d’entrée est de montrer que l’éducation n’est pas un centre de coût, mais un centre de profit impliquant un amortissement (un élève n’est pas rentable immédiatement, mais le deviendra à la fin de sa formation)

Comme je l’ai évoqué en réponse à @AntoineArpege : l’augmentation du salaire des profs implique nécessairement une dépense publique. Pour éviter de creuser ce trou, on pourrait (là j’émets des hypothèses) :

  • Rediriger les taxes d’apprentissage dans un fond de rémunération national des enseignants. Avantage = argent provenant des entreprises, sur une base de volontariat. Inconvénient = manque de constance, salaire devenant variable.
  • Rendre les profs « vendables » en les transformant en consultants pour des missions d’État. Avantage = certaines connaissances dans l’état de l’art seraient transmises aux entreprises moyennant finances. Inconvénient = des heures supplémentaires et certains domaines plus difficiles à vendre (mais pas infaisable : latin vers les musées par exemple).
  • Baisser le niveau d’imposition des revenus des enseignants. Avantage = on n’augmente pas la dette publique. Inconvénient = on diminue les recettes et il y a moins d’équité entre les citoyens. Note = faire l’inverse ne fonctionne pas mieux (augmenter impôt pour payer profs).

Si tu as des idées pour payer deux fois le SMIC, c’est le moment de les donner :wink:

Les dépenses d’éducation sont à mon sens à voir comme un investissement, ce n’est pas de l’argent perdu, c’est des recettes futures.
Quelques données de l’OCDE : https://www.oecd.org/fr/presse/investirdansleducationunmoyenpourluttercontrelarecessionetaccroitrelesfutursrevenus.htm
Je tiens à rappeler que l’état n’est pas un ménage, que la problématique budgétaire doit se voir différemment, la question n’est pas tant de savoir où trouver de l’argent, puisque par définition les dépenses/investissements de l’état créent ses revenus, mais bien dans quoi il est préférable d’investir/de dépenser.

En effet, ce devrait être plutôt un investissement.
Malheureusement, la dette publique de la France s’accroit encore.

Il est donc impossible pour un gouvernement de risquer de faire déclasser la France : Notation financière — Wikipédia

Ne pas oublier que PP propose aussi un RDB aux alentours de 1300€ si je ne me trompe pas, il pourrait être intéressant d’indexé le salaire sur le RDB plutôt que le SMIC ?

Il y a cette note qui vient de sortir sur la rémunération, faite par le collectif Nos services publiques :

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