Le revenu de base est il une bonne idée ?


#41

J’ai pas mal réfléchi à la question d’un point de vue philosophique (au sens d’un travail à vocation essentiellement interdisciplinaire; c’est comme cela que je conçois le travail philosophique) et pour moi la réponse serait plutôt oui mais à certaines conditions sans lesquelles une telle mesure ne pourrait, à mon avis, que faire empirer les choses (nul besoin d’en rajouter, elles sont déjà assez mal en point comme cela): il faudrait, selon moi, absolument la coupler avec le développement de monnaies locales et d’institutions des communs sous garantie publique.
C’est ce que je suis censé développer dans l’épilogue clôturant la série des articles, l’hypothèse d’un revenu inconditionnel quand j’en aurai fini avec précisément la question de la monnaie et des communs.
J’ai bien peur, malheureusement, que si une telle mesure devait voir le jour, cela ne se fasse pas du tout dans cet esprit auquel cas je m’y opposerais résolument.


#42

Peur compréhensible quand on voit que certains veulent conditionner le RSA par de l’esclavage du bénévolat.


#43

Alors, perso, je ne vois aucun intérêt aux monnaies locales, mais ce doit être mon coté étatique et centralisateur qui ressort. Ou alors mon coté “pas de frontières, un seul gouvernement, une seule monnaie, pour tous”. Si quelqu’un a des arguments précis en faveur des monnaies locales, je prends (dans un autre fil, pour pas polluer ici).

Pour l’institution des communs sous garantie publique, je ne vois pas bien de quoi tu parles et si tu as le temps d’expliquer ce que c’est et pourquoi ça doit être couplé avec le RdB, ça m’intéresse.


#44

Alors je ne vais pas t’écouter pour la recommandation, même s’il faut une vraie discussion sur les monnaies locales. L’intérêt ici est la sauvegarde des finances de l’État français. En effet, si tu touches ton RdB et que tu vas le dépenser dans un autre pays, tu fais sortir des richesses de France.

Pour moi c’est compréhensible TANT que nous sommes les seuls à mettre en place un RdB.


#45

“Une seule monnaie pour tous”, c’est exactement tout le mouvement de l’économie moderne qui est allé dans ce sens depuis les débuts de l’époque moderne:“il apparaît que, sur la longue période, le système monétaire international montre une tendance à se structurer autour d’une monnaie unique, la monnaie hégémonique.” (André Orléan, L’empire de la valeur, p. 180) Aujourd’hui, c’est le dollar. Or cela est catastrophique rien qu’en terme de stabilité du système monétaire; un des deux facteurs clés de la résilience de n’importe quel système (monétaire ou autre), c’est sa diversité. L’économiste Bernard Lietaer explique cela très bien. Par ailleurs, l’émergence actuelle de monnaies locales va forcément de pair avec les impératifs écologiques de relocaliser l’économie; enfin, et c’est sur cet aspect que j’en avais parlé, une monnaie locale doit avoir vocation de resocialiser les comportements: c’est ce que j’appelle une monnaie-lien par opposition avec la monnaie centrale qui a la propriété de couper les liens.


#46

On a pas la même définition de “monnaie unique”. Mais bon, j’apprends des choses et tu argumentes clairement posément. Donc c’est pas grave. :wink:

C’est un but à atteindre ou une valeur intrinsèque ? Si c’est une valeur intrinsèque, ok. Si c’est un but à atteindre, ça ajoute une condition de plus à une mise en place qui en a déjà bcp. Je crains donc que ça complique le bouzin. Bref, je reste dubitatif.

Par contre, je comprends et j’accepte tout à fait l’argument de @Farlistener sur la sauvegarde des finances de l’État.


#47

C’est une valeur intrinsèque. La plupart des monnaies locales, à ma connaissance, se revendiquent comme des monnaies sociales (et oui, la monnaie n’est pas d’abord un phénomène économique, ce que nous avons toutes les peines du monde à intégrer, nous modernes). J’ajoute, et c’est un point tout à fait crucial qui ramène au troisième volet de ma trilogie, qu’elles sont, dans cette mesure, gérées comme un commun.