La Réforme des Retraites


#62

Ce sont le nombre de cotisants (qui proviennent des naissances, donc de la démographie) et le nombre de retraités (qui proviennent des naissances également, donc de la démographie, mais avant) qui comptent.

Ce que tu demandes est bien ce qui s’est produit puisque la part relative comme absolue des retraites dans la richesse créée (PIB) a augmenté depuis 1975.


#63

Je vais essayer de résumer le débat, les problèmes voire des solutions en phrases courtes non construites :

Les problèmes

  • Les gens vivent plus longtemps : Un retraité “coûte” plus cher à l’actif dans le temps
    • Attention, certaines catégories socio-professionnelles ont une meilleure espérance de vie que d’autres, oh et puis justement ce sont souvent celles où il y a moins de pénibilité et des salaires plus élevés
  • Disparité des parcours
  • Disparition du plein emploi : moins de cotisants
  • Baisse de la natalité : moins de cotisants
  • L’inflation : le salaire d’hier n’est pas le salaire de demain

Les solutions

  • Augmentation de la productivité : un cotisant d’aujourd’hui produit plus de richesse qu’un retraité d’hier
  • Taxe des robots : assimilation des robots à des actifs
  • L’inflation : le retraite d’aujourd’hui “coûte” plus cher que la retraite de demain
  • Prise en compte de la pénibilité

Capitalisation vs Répartition

  • La capitalisation est un système où chacun cotise pour sa pomme, c’est un système individualiste
  • La répartition est un système de reconnaissance des aînés par les plus jeunes : c’est un système collectif

Revenu de base

En fait on a une solution aujourd’hui qui se trouve à mi-chemin : le revenu de base

Il permet d’assurer à chacun un revenu minimum, même à la retraite
Et pour ceux qui le voudrait rien ne les empêche de contracter un système assurantiel de capitalisation pour rajouter des revenus une fois la retraite prise


Je ne dis pas que toutes les solutions sont bonnes à prendre ou que tous les problèmes en sont vraiment (la preuve au final pour l’inflation qui est un mécanisme qui se compense de lui-même)


#64

Pour éclairer @Florie sur ce que veut et défend la CFDT : https://www.cfdt.fr/portail/outils/campagnes/tous-les-outils-cfdt-sur-la-reforme-des-retraites-srv2_1009734
À lire en particulier “Argu ce que veut la CFDT” !


#65

Bjour,

C’est là-dessus qu’il faut travailler et laisser tomber les élucubrations technocratiques pour changer un système qui continuera à être revue au gré des gouvernements et des économies à faire.


#66

C’est effectivement mon point de vue (exprimé plus haut).


À trop se contenit au débat actuel, on en oublierai pas d’être pirate ? :slight_smile:


#67

Un peu pour ça que j’ai fait le résumé et que j’ai rappelé notre RdB qu’on a amélioré le mois dernier


#68

Oui, ça m’a beaucoup plu d’ailleurs :smiley:

Honnêtement, si nous devions nous prononcer, je pense que cette direction là serait la plus judicieuse, à tout point de vue.

  • Elle relance le débat de la justice et de l’egalité sociale.
  • Elle rappelle notre engagement pour les communs.
  • Elle propose une troisième voie innovante et audacieuse.
  • Elle ne sort pas non plus de nulle part puisqu’elle est l’echo d’un débat qui avait déjà lieu pendant les précédentes présidentielles.

#69

Oui, sauf que si l’on veut être entendu et pas pris pour des idéalistes hors-sol il faut raccrocher nos idées aux débats qui agitent notre société.
C’est pourquoi je persiste à dire que le principe d’un régime unique doit être soutenu, même s’il y a dans la mise en œuvre de bonnes raisons de s’opposer au gouvernement.


#70

En toute honnêteté, je pense que penser les choses de cette façon n’est valable que pour les partis qui ont un poids médiatique certain et qui en tirent profit par electoralisme. Ce n’est pas le cas pour le Parti Pirate, bien malheureusement.

Nous sommes une jeune parti, profitons en pour éviter de perdre notre énergie à se positionner à des endroits où notre avis compte pour 0 :man_shrugging:t2:

Et utilisons cette énergie pour construire notre programme dans le fond du fond.


#71

Alors pourquoi se présenter aux élections ?
J’ai du mal à comprendre que l’on puisse construire un programme en commençant parfois par des détails sans avoir défini clairement les grandes orientations.
Notre avis finira par compter si on se positionne sur des sujets d’actualités. Le Parti Pirate ne doit pas avoir peur de faire de la politique.
Je ne pense pas perdre de l’énergie ou du temps en construisant une position de notre organisation sur une réforme majeure et qui concerne tout le monde. C’est bien ce que les citoyens attendent, et sans doute plus que des propositions / promesses très éloignées de leurs préoccupations quotidiennes.
À mon avis, nous nous devons d’être sur les deux problématiques et être capable de les connecter.


#72

=>

C’est un positionnement … mais c’est pas la position d’avant, ni celle du gouvernement, ni de la CFDT, ni celui de la CGT …


#73

Que veux-tu dire par : “c’est pas la position d’avant” ?
Sinon, on est d’accord, je n’ai pas dit qu’il fallait adopter la position de la CFDT, de la CGT ou même du gouvernement.
Ce que tu dis sur la possibilité de prendre un système par capitalisation est vrai déjà actuellement, mais plus délicat à mettre en avant politiquement. Pour moi, notre système doit clairement garantir une retraite décente et pas seulement minimum pour tous.


#74

Je vais aller plus loin @sebiseb.

Il n’y a aucun problème avec les retraites. Les caisses sont et resteront à l’équilibre parce que, tout comme la sécurité sociale, le statut d’intermittent, et bien d’autres choses de notre société, les gens qui ont construit tout ça étaient vachement bons. Cf, la CADES et l’echeance 2024.

On a même un moyen d’augmenter les cotisations, et ce moyen s’appelle l’egalité salariale homme-femme.

Là, la question c’est implicitement la mise en marché libre (ou, privatisation fragmentaire) d’un système public par l’Etat.
Cela permettrait de réduire les “dépenses publiques”, ordonnance si chère à l’UE.

Donc finalement, on peut débattre sur deux choses :

  • la façon dont nous, en temps que parti politique, percevons la notion de dignité par le revenu, pour les aînés et aussi tous les autres (RDB, RU, etc)
  • la façon dont nous, en temps que parti politique, nous nous positionnons face à cette UE dont les ordonnances sont destructrices de ce que notre société a de meilleur.

Tout le reste est à mon avis extrèmement superflu.


#75

Non, il n’y a pas de problème de financement mais un problème d’équité, et pas seulement avec l’égalité professionnelle.
Les différentes catégories professionnelles font grève les uns pour préserver légitimement les avantages de leur régime et d’autres parce qu’ils ne veulent pas partager leur caisse.
Le débat que tu proposes est sans doute intéressant, mais pour moi il ne sera entendable qu’après la crise.


#77

Bjour

ben…c’est bien parce qu’il est prévu un déficit de 17 milliard en 2025 que la reforme est justifié (par le gouvernement)
Et pour quoi se déficit, parce qu’on licencie pardon qu’on réorganise à tour de bras, pour faire des économies ce qui réduit le nombre de cotisants et creuse le déficit.
Quand j’ai causé PIB, on m’a répondu inflation etc…
Mais on est le pays le plus taxé *:trophy: ou passe l’argent ?


#78

C’est un déficit technique pas structurel comme il y a 15 ans. Et l’atterrissage peut-être maîtrisé tant par le gouvernement que par les partenaires sociaux.
La réalité c’est qu’il n’y a pas de problème sur le plan comptable qui justifie d’y mettre une dimension paramétrique. Ce volet est purement politique, et se joue là une volonté autoritaire du gouvernement de vouloir tout contrôler et ne pas laisser aux partenaires sociaux de levier de gestion.
Pour moi ce point est essentiel pour que vive notre démocratie en particulier “sociale”.


#79

Étant jeune enseignant, je suis directement touché par ce projet de réforme. La perte est immense : 1/3 de la retraite, soit au total environ 200 000 €. Cela s’ajoute à la constante dégradation de notre rémunération (gel du point d’indice, ajout de mission, etc.).

Avec la réduction du nombre de fonctionnaire, il est tout à fait logique qu’il n’y ait plus assez de personne pour cotiser pour les fonctionnaires retraités. Hors ces réduction du nombre de fonctionnaire sont des économies pour l’état, on pourrait donc très bien imaginer qu’une partie de ces économies servent à payer les retraites des fonctionnaires retraités.


#80

Pas vraiment.
L’objectif principal derrière cette réforme est de respecter l’injonction européenne de la réduction de la dépense publique.
Je doute donc que ces réserves soient utilisées ainsi.
Plutôt combler la “dette” ou créer un fond quelconque mais pas du tout piloté vers les retraites publiques.

D’autant que le préalable idéologique / systémique de cette injonction reste la mise en marché maximale et optimale des services publics :man_shrugging:t2:


#81

Ne voyant rien qui se rapproche de mon opinion, la voici rapidement.

Je pense que c’est par le travail que le PP doit communiquer sur cette réforme. Qu’entend il par travail ? Quelle définition en propose-t-il ?

Pour ma part, à l’instar d’un Bernard Stiegler, j’aime différencier l’emploi du travail.

Alors que dans l’emploi, l’individu subit son activité, répète les mêmes taches et ne s’approprie pas ses outils, bref n’apprend rien, le travail est l’occasion pour lui de créer, de mettre en œuvre un savoir qu’il enrichit avec ses pairs.

Il est à noter que pour les défenseurs de cette vision des choses, les developpeurs de logiciels libres sont l’exemple même de ceux qui exercent un travail. Même dans la fonction publique où les dispositifs de contrôle et surtout les politiques budgétaires se developpent, les fonctionnaires ne peuvent plus exercer leur savoir. Ils ont un emploi.

On considere que 60 % de la population active exerce un emploi.

Le rdb, parfois agité à tt va, a certes l’avantage d’éviter le travail négatif (l’emploi) mais il évince complètement la notion d’organisation collective des activités de production. Si l’on doit exercer un emploi ou autre bullshit-job à chaque fois que l’on veut plus que son rdb, cela n’est pas la panacée.

Adopter cette distinction (sans nécessairement reprendre les mêmes termes) permettrait de mettre en avant notre vision de la technique. La technologie est un pharmakon (à la fois poison et remède) Nous pourrions ainsi prôner une technologie ouverte, au service de notre émancipation du travail négatif car le développement de l’emploi rend aujourd’hui possible l’augmentation massive de l’automatisation et donc la disparition relative de l’emploi.

Dès lors, avancer ou retarder l’age de la retraite n’a d’intérêt que pour un travail subi. Si le travail est vécu comme qqch de positif, d’enrichissant, quel intérêt à le limiter ?


#82

Le rdb, parfois agité à tt va, a certes l’avantage d’éviter le travail négatif (l’emploi) mais il évince complètement la notion d’organisation collective des activités de production. Si l’on doit exercer un emploi ou autre bullshit-job à chaque fois que l’on veut plus que son rdb, cela n’est pas la panacée.

C’est précisément ce pourquoi je parlais de l’inclusion de la retraite dans la logique des communs.
En parlant notamment de la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie avec @sdm94 plus haut.


Dans tous les cas, je suis pour que le PP se positionne sur cette ligne retraite = communs. Et le timing de ce début de Janvier me paraît plutôt bon.
:crossed_fingers:t2: