De la bureaucratie, du légalisme et de l'autoritarisme


#1

Je me permet de poursuivre sur un point qui va au delà d’un tract, et qui doit être vraiment travaillé notamment dans nos façons d’agir en collectif. Je rebondis donc sur la proposition de Bibo.

Essayons, de voir si le raisonnement par comparaison peut tenir entre un état, et nous. Quels risques nous courrons en tant très petit parti :

  • détournement d’image
  • récupération du mouvement par d’autres
  • mauvaise gouvernance interne…
  • rancoeur des militants
  • mauvais choix stratégiques

Les risques pour les citoyens d’un état qui dériveraient : privations de liberté, et arbitraire, administration incompréhensible…

Nous ne sommes clairement pas dans la même classe de risques et de conséquences. Autrement-dit il ne faut pas confondre les modalités de gouvernement d’un état, et celle d’une association de 170 personnes.

Par exemple, le risque qu’un papier soit diffusé en respectant 80% des valeurs du PP, et qui ne le présente comme des copains de neo-nazis, on devrait être en mesure de le prendre sans trop de votes. De toute façon notre audience est telle que ce tract fera plus de bien que de mal.

Passer plus de temps à écrire une motion, la faire voter, qu’à faire une action de terrain, on est proche d’un égarement. Bref, la sensation d’autoritarisme, j’aurais du dire sensation de bureaucratie qui impose ses règles au lieu de conseiller comment sortir un truc, est typiquement due à ce rapport d’énergie entre actions concrètes et temps de validation de cette action. En somme, on passe plus de temps à se regarder le nombril qu’à le montrer à nos électeurs.

Sur le légalisme abscons et absurde, je prendrais deux exemples précis. Récemment, il a été publié des “textes” du tribunal des pirates, dans le passé un peu moins récent, un règlement intérieur… On est typiquement dans le cas d’un parti qui se croit pour un gouvernement dans la forme… La forme est juridique (attendu, vu, considérant…), des articles dans tout les sens… Ces textes sont jargonneux. En tant que pirates nous devrions être sérieusement attentifs à ce que tout à chacun puisse comprendre, et intervenir… Et cette technicité de ces textes ne le permet pas. Un de nos chevaux de bataille devrait être de proposer la loi soit compréhensible par les humains et non par des juristes - formule provocante copiée de nos amis de la créative common qui ont sorti une version humaine de la CC et une version pour les juristes… Les gallois eux en sont à traduire leurs textes de loi pour des personnes handicapées légères… Là il y a une démocratie concrète et réelle !

Entre les statuts touffus, une plateforme informatique complexe, des jugements à la forme boursoufflée… on se trouve dans une situation où il faut un minimum de bac +3 pour s’en sortir parmi nous. Ce qui est à l’opposé de nos ambitions politiques qui devraient permettre à ceux qui ont le bagage culturel d’aller chercher et aider ceux qui l’ont pas pour participer à la vie de la cité. Pas rajouter une barrière de plus.

Donc ne confondons pas les choses. Le PP n’est pas un état, n’est pas une association de 1000 à 10 000 personnes. Si nous nous simplifions pas, nous passerons clairement sous la barre des 150 adhérents et nous l’aurons bien mérités.


#2

Il s’agit là d’un point important, la manière dont la décision est prise de créer ce papier rend pour moi compte de nos valeurs, et ces dernières, je ne les partage pas. Je ne dis pas que dans ce cas précis c’est grave, en effet, c’est juste un tracte, mais cela devient récurrent. C’est à dire que l’accumulation des entraves à notre mode de fonctionnement m’amène à évoquer ce problème.

Tu te trompes sur un point, je n’ai jamais dit que les choses ne pouvaient pas être simplifiées, j’ai dis qu’en l’état, la manière de fonctionner de la part de certains membres du parti rend compte d’une tendance. C’est contre cette tendance que les statuts ont été montés. Et, en boycottant l’AG, vous vous êtes écartés de du processus de construction que vous critiquez maintenant.

Tout cela me laisse un goût de grande rigidité idéologique, d’une forme d’autoritarisme, d’une volonté de ne pas considérer qu’il existe les mêmes règles pour tout le monde. Si j’avais envie de ça, je serais à la france insoumise, pas au parti pirate.


#3

Bonjour @clement, @ThomasWatanabeVermorel, @Thufir et @Antigone,

Je voulais vous répondre sur l’autre fil mais étant fermé, je vais répondre ici.

Je me permets déjà de résumer tes interventions @clement, tu m’en excuseras j’espère mais c’est utile, je pense, pour la clarté du débat.

Tu soulèves deux points. Le premier, c’est une critique de nos fonctionnements, que tu définis comme “bureaucratique” :

Le deuxième point que tu soulèves, c’est la complexité technique de nos fonctionnements :

Je vais tenter de traiter les deux points même si c’est un seul et unique problème.

De l’approche bureaucratique

Dans le cadre de la création du tract

Tu as décrit rapidement l’approche qui a été mise en place pour la création du tract :

En fait ce qu’il manque dans votre approche, c’est la notion de transparence.

Dans le cas que tu as décrit, voilà l’approche que j’aurais proposée :

  1. On fait un tract, on a du monde pour y aller ? => Vous êtes 4/5, vous êtes motivé, donc vous allez y aller.
  2. Comment fait-on ? => C’est là ou est l’erreur pour moi. L’approche la plus simple ici c’était :
    1. On ouvre un PAD pour le contenu, les idées
    2. On ouvre un topic sur discourse pour donner le lien du PAD et voir si d’autres veulent en être
  3. On se synchro : Avec un PAD et le topic, c’était plus simple et vous auriez eu de l’aide sur le texte (correction ortho, mise en page, etc.)

Mon approche n’est pas complexe, c’est “ouvrir un PAD, ouvrir un topic Discourse”.

Je précise d’ailleurs un point. JAMAIS personne, dans le cas de ce tract, n’a demandé un processus plus mobilisateur comme faire une présentation, poster sur Congressus, ou quoi que se soit.
Le conseil transitoire peut parfaitement valider ce genre de tract qui est pleinement dans le programme du Parti Pirate.

Et c’est là ou je vais en venir au point essentiel sur la critique d’un fonctionnement dit “bureaucratique”. C’est ici tout simplement faux. Il n’y a eu aucune volonté de blocage, d’ergotage sur un point de règlement de je ne sais quoi.

Les pirates qui se sont exprimés n’ont demandé qu’une chose, un truc très pirate : La transparence.

D’ou mon conseil sur ce genre d’action : “ouvrir un PAD, ouvrir un topic Discourse”. Je pense que cela aurait évité les conflits et évitera les conflits à l’avenir.

Dans le cadre général

Tu soulèves deux points :
Nous avons des statuts que tu trouves complexes, tu trouves que le règlement intérieur rédigé est complexe. Pour ma part, je suis déçu que ses critiques interviennent maintenant sur le règlement intérieur (au moment où le débat est clos).

Pour ma part, il me semble que ce genre de texte demande un certain “formalisme”. Mais pour éviter justement l’impression que tu as, celle d’avoir un texte volontairement abscons, j’aimerais quand même préciser qu’un document existe qui explique le fonctionnement du parti pirate de manière simplifié.

De plus, et c’était prévu dès le départ, le règlement intérieur étant modifiable par l’assemblée permanente, les corrections et simplifications pourront être apportées par les pirates une fois par mois. Je t’invite donc à te pencher sur le sujet.

Je rajoute que, de la même manière, nos statuts aussi sont modifiables, pour la session de septembre (car nous avions prévu la possibilité de faire des corrections et de permettre des contre-propositions… même s’il semble que cela n’est pas suffit pour vous rassurer).
Rédiger ou modifier des statuts étant un travail important, je vous invite à vous y mettre dès maintenant pour simplifier ses textes.

Une petite remarque. La manière dont tu écris tes critiques sur le sujet peut être blessante pour les pirates qui ont passé plusieurs semaines, voir plusieurs mois sur le sujet. Je pense que faire des propositions en plus des critiques passerait sans doute mieux et éviterait, à l’avenir, des conflits parfois violents.

Complexité technique

Alors, je vais parler ici de la partie “utilisable publiquement” par les pirates, pas nos outils de backoffice (la comparaison serait alors… ridicule).

Je vais décrire ce que j’ai rencontré quand je suis arrivé au Parti Pirate :

  1. J’adhère
    => Je m’inscris, je reçois un mail d’accueil
  2. Lieu de débat
    => Les mailing-lists : 6 à 8 inscriptions à faire pour suivre ce que je devais (national, local, discussion libre, etc.). Je cherche et contact les bonnes personnes pour avoir accès aux listes privées.
    => Le forum : je m’inscris encore une fois, puis je contacte un admin pour avoir les accès
  3. Lieu de vote
    => LiquidFeedback : j’envoie un mail au secrétaire national, qui me renvoie un code pour m’inscrire dans liquidfeedback, puis une fois inscrit, attendre d’être accepter dans les bons groupes (ou c’était la secrétaire nationale qui faisait, je ne sais plus)
  4. Réunion
    => Facile, des PADs (sur deux sites différents, sur piratenpad et sur pad.partipirate.org, avec deux créations de comptes naturellement)
  5. Vocal : Mumble (création de compte et recherche des infos de connexion sur le wiki)

Ouf.

Maintenant :

  1. J’adhère
    => Je m’inscris, je reçois un mail d’accueil
  2. Lieu de débat
    => Discourse (fusion des deux outils Forum et mailing) : Je suis inscrit automatiquement lors de l’adhésion, mes accès sont configurés automatiquement.
  3. Lieu de vote
    => Congressus/personae : Je suis inscrit automatiquement, mes droits aussi le sont.
  4. Réunion
    => Congressus/personae : même outil.
  5. Vocal :
    =>Discord (une petite manip à faire pour être inscrit automatiquement) Vocal et permet en plus le chat en direct.

On peut rajouter un outil, Fabrillia, qui permet une aide pour s’y retrouver justement (mais aussi voir quand on doit réadhérer par exemple).

J’ai quand même la nette impression d’un gros effort de simplification là. J’ai du mal a voir ou est la “dictature technique” qui isolerait certains au profil d’autres.
Mais sur la technique, l’ouverture est de mise, les propositions de simplification sont toujours les bienvenues.

Mais je vais être aussi franc que je le suis quand une personne dit qu’il faut “réduire les charges”… Ok mais… On vire quoi ?

Quel outil doit être supprimé ? Quel outil remplira les besoins auxquels il répondait… ou de quoi doit-on se passer ?

Je précise tout de suite que c’est une réflexion permanente et qu’elle est bien plus complexe qu’il n’y parait.

Conclusion

Voilà, j’espère vous avoir permis de comprendre que quand une partie des pirates demande de la transparence, c’est pour être efficace, pour permettre d’aider au bon moment, pour suivre ce qui se passe et rebondir dessus.
Cela permet aussi d’avoir les questions, même les questions gênantes, au bon moment, rapidement. Plus vite on éclaircit les points de blocage, plus vite on avance en réalité.

Il n’est pas question de flicage, il n’est pas question de la bureaucratie, mais de travail en commun, d’optimisation du travail pour que tous ne perdent pas de temps.

J’espère aussi que vous avez compris que tout est ouvert aux modifications, en toute transparence. Les statuts, le RI, notre fonctionnement, etc. Une deadline : septembre.

J’espère enfin que vous avez compris que le conseil transitoire, ORGANE EXÉCUTIF, peut aider, peux aussi valider les choses et très rapidement, sans “chichi”.