[PROJET DE MOTION] Le place dans le débat public pour les condamnés pour incitation/provocation à la haine


#22

il s’agit de deux problématiques qui interfèrent ici dans le même problème-exemple.
Et je pense que c’est moi qui n’ai pas été clair :wink:

Donc, lorsque sont invités des gens condamnés pour propos racistes et islamophobes, pour discuter d’islam ou de laïcité, de voile ou d’immigration, il y a une légitimation de leur discours dans ce contexte d’une part, et une invisibilisation de celles et ceux qui seraient sans doute plus à même de devoir se prononcer sur ces sujets (le voile : les femmes voilées) mais qu’on ne voit pas parce que la place est prise.

Ma question initiale demande donc s’il ne serait pas judicieux de penser à limiter dans l’espace public l’expression et la normalisation / légitimation des discours de personnes condamnés, avec pour effet secondaire de laisser éventuellement + de place à d’autres gens, concernés, s’exprimer sur ces sujets.


#23

Enfait, je crois qu’il y a 3 volets d’actions :

  1. Sûrement quelque chose à faire du côté de l’éducation, quoi que c’est une problématique large. Mais j’ai dû mal à voir concrètement comment. Sûrement qu’il y a des debunkages à faire, sûrement qu’il y a un apprentissage de la pensée critique à mettre en place. J’ai peur que cela ne touche qu’une quantité de gens déjà prompt à changer d’avis et qui auraient de toute manière évoluer en ayant été attentif à ce type de discours ailleurs qu’à l’école. Mais on peut tout à fait arguer qu’on augmente les chances qu’ils y soient sensibilisés. A mon avis il y a des trucs à faire vers de l’éducation au sens d’expériences de vies plus que d’expériences de pensées, ça passerait notamment par la fin d’une certaine ségrégation à l’école, avec des écoles de riches blancs et des écoles de pauvres racisé.e.s.

  2. Mais cette question de l’éducation est à mon avis loin d’être suffisante. Ça ne protège pas. Si on parle d’adhésion aux théories du complots (grand remplacement par exemple), à ma connaissance, ce n’est pas un bon prédicteur. Ce qui prédit mieux cette adhésion tient plutôt à une sorte de réussite sociale https://www.pourlascience.fr/sd/sociologie/les-theories-du-complot-reconfortent-les-perdants-9586.php
    Il y a notamment les travaux de Gérald Bronner sur cette question. Autrement dit, peut-être que dans une société avec moins d’inégalités, dans une société ou chacun a l’impression d’avoir une place à peu prêt mérité, il y aurait moins de tensions et donc moins de réception à ces discours haineux.

  3. Enfin, je suis persuadé que des médias indépendants font moins appel à des discours haineux, parce que les média sans vrai travail de production de contenu et d’investigation se calent sur le rythmes de ce qui va générer de des réactions, des propos borderline pour pas cher.


#24

tu parles de trucs genre les ateliers de Jane Elliott ?


Exactement ce pourquoi j’ai créé ce post.
Ça ne protège pas.
La liberté d’expression des gens condamnés ne protègent pas ceux qui sont la cible des propos condamnés. Au contraire, leur légitimation et leur normalisation dans l’espace public multiplie l’aggravation des facteurs à risque pour eux. Risque de multiplications de petites ou grosses agressions, verbales ou non, notamment.


#25

J’ai vu passer cette vidéo, je suis pas sûr de comprendre ce qui s’y passe, ça me semble un peu violent. C’est pas un truc que je préconiserais en tant que psy haha.
Je n’ai pas l’impression que les résultats soient ouf (évocations d’études en fin d’article): https://fr.wikipedia.org/wiki/Jane_Elliott

Le mieux pour que les gens évoluent dans leur mentalités c’est de proposer un endroit où ils peuvent se sentir à l’aise pour dire même les trucs les plus horribles, pour ensuite se confronter à ce qu’ils pensent. Ce mieux étant en relation duale avec un thérapeute. Or, c’est difficile à mon avis de généraliser ça. On peut difficilement évoluer dans ce qu’on pense si il n’y a que confrontation et si on a pas envie de s’y confronter. Ça demande une ouverture préalable, la certitude que l’autre te veut du bien etc… Ça permet par la suite de ne pas pouvoir mettre ce qu’il dit sur le compte de sa vision biaisée de toi. Les critiques deviennent légitimes et acceptées etc…

Je pensais simplement à l’immersion dans des milieux non ségrégués, depuis le plus jeune âge, le fait de voir l’autre être considéré avant tout comme un égal doit avoir un impact. Après, il doit y avoir d’autres trucs à inventer.


#26

À titre personnel, je le suis mais de mon temps, il n’y avait pas de consensus sur le sujet. Je ne sais pas ce que ça donne aujourd’hui. Je vais me contenter de citer un sujet pas si ancien que ça, pour tenter d’apporter des éléments au débat : Censure en France d’un site nazi : position du Parti Pirate