Parti Pirate et post-croissance


#1

Pour prendre un peu la température, je vous soumets ce post.

Titre de la motion : Le Parti Pirate se positionne pour une société de post-croissance.

Exposé des motifs : Le Parti Pirate a conscience que le modèle productiviste est générateur de chômage, précarité et inégalités au niveau économique et social, d’aliénation au travail, et de désastres environnementaux.

Le Parti Pirate souhaite mettre en œuvre les mesures qui permettront de réduire la production globale tout en maintenant le progrès technique, le niveau de vie des citoyens et l’emploi.

Contenu de la proposition :

Produire moins et mieux

Le Parti Pirate souhaite un partage du temps de travail et sa réduction significative.

Le parti Pirate souhaite favoriser la production d’objets durables, réparables et modulables, de technologies efficaces et intégrées dans une économie circulaire.

Le PP souhaite favoriser l’émergence de filières de conversion, recyclage et re-manufacturing afin de favoriser le principe du jeu à somme nulle matérielle.

Abandonner la croissance du PIB comme indicateur de notre développement au profit d’autres indicateurs.

Dé-mondialiser l’économie :

Le PP souhaite graduellement diminuer la taille des unités de production et raccourcir les chaînes de production en développant une économie « régionale » rapprochant l’offre et la demande.

Le PP souhaite développer les monnaies régionales en permettant aux salariés de recevoir une part négociée de leur salaire en monnaie locale et en instaurant leur intégration dans le fonctionnement des communes et des administrations fiscales.

Instauration d’une taxe sur la conversion de la monnaie locale en euros afin de conserver l’argent dans le circuit régional.

Autonomie-autoproduction :

Le partage des objets et les SEL sont encouragés.

Tendre vers l’autonomie alimentaire et l’autoproduction par la végétalisation des toits des bâtiments publics, des anciennes et nouvelles friches industrielles.

Politique internationale :

Le Parti Pirate a conscience que la promotion d’une économie de post-croissance ne peut se faire qu’internationalement et souhaite coopérer avec les institutions internationales (OMT, OME), collaborer avec les autres pays afin de s’aider réciproquement dans le développement d’une économie non-productiviste.

Sources :

Les travaux de Niko Paech et son livre

La conférence de Dominique Méda et son livre

Le blog de Jean Gadrey


#2

Bcp trop radical pour moi, une motion, qui vas être intégrer au programme ou autre doit être infiniment moins clivante et violente.

Très bien, tu as une idée de combien de temps ? quelle réduction etc ? des études ont elles été faites dessus ?

Totalement d’accord, mais beaucoup trop flou pour moi

Et quoi d’autre à la place, tu propose d’enlever quelque chose, soit, mais il faut m’en dire bcp plus sur ces fameux “autres indicateurs”

Je suis pour, mais très difficile pour des grands centre urbain

Sur le coup des monnaies local, je n’ai jamais expérimenté, mais j’ai de quelques a prioris négatif, donc je ne peux pas trop me prononcer sur ce point.

Qu’est ce un SEL ?

Je suis persuader que cela est totalement impossible dans les grands centre urbain, bcp trop de monde pour pas assez de place (surtout que l’agriculture urbaine a des rendements très faible)

Belle phrase, qui pour moi n’apporte rien, est ultra flou. C’est une belle phrase très utopiste (sachant que le institutions actuelles sont par nature productiviste).

Voila mon modeste avis.
Je suis bien conscient que ce n’était que pour “prendre la température”, mais j’ai préféré y répondre comme si c’était une vrai motion afin de donner mon avis le plus complet :slight_smile:

Je trouve que tu lances plein de point , certains plus intéressant à mon sens que d’autre. Mais malheureusement, ils sont tous bcp trop flou, absolument pas précis, non sourcer et certains trop radical.


#3

Alors déjà ça part mal … déjà qu’on parle de post-vérité pour le mensonge … un problème pour assumer le mot décroissance ?

Nop. Mais alors pas du tout.

De même. L’emploi, le parti pirate en a rien à faire : [Point Programme] Le chômage pour tous !
Alors oui ce point n’est pas ratifié, mais il a été longuement discuté et il est aussi visible ici : https://partipirate.org/le-travail-vision-du-futur/

Ça ne veut pas dire produire moins, le reste est entendable

Le Parti Pirate ne souhaite pas ça

Le Parti Pirate ne souhaite pas ça non plus.

Oh bordel … et la libre circulation des personnes tu en fais quoi ?

C’est de l’associatif, rien à voir avec un programme politique

L’autonomie alimentaire de qui ? De l’individu ? D’une ville ? D’une région ? D’un pays ?
Parce que si c’est l’individu, je parie qu’il y a beaucoup de médecins qui vont devoir choisir entre soigner des gens et se nourrir.
La spécialisation dans l’espèce humaine fait en grande partie sa richesse.

Ah bon ? Pourquoi si c’est localement qu’il faut faire des efforts ?

Bref je connais ce programme, c’est celui du parti décroissant. C’est pas celui du Parti Pirate


#4

Je pense que pas mal de chose doivent être reformulées mais j’ai pas un avis aussi négatif que les autres réponses.

Accuser le modèle productiviste est simpliste à mon avis, on peut avoir un modèle productiviste qui ne génère pas de chômage, de précarité et d’inégalité. Par contre au niveau environnemental, c’est clairement incompatible, produire revient à polluer, simplement vivre a des contraintes sur la nature. Il faut trouver un équilibre satisfaisant et durable.

On peut très bien se positionner sur la réduction du temps de travail sans la quantifier, ça serait déjà un positionnement fort. On peut aussi simplement dire, que la réduction du temps de travail a pour but de réduire la chômage, avec un objectif précis de taux de chômage.

On peut très bien abandonner le PIB mais il me semble qu’à part faire des prévisions pour le budget de l’état, il n’a aucune fonction formelle. L’abandonner serait plus un symbole, d’ailleurs à part demander à l’Insee d’arrêter de le calculer, une institution privée pourra très bien continuer à le calculer, le système productiviste pourra continuer à exister. Plein d’autres indicateurs existent actuellement, le PIB est simplement le plus populaire, peu de personnes savent ce qu’il représente exactement mais tout le monde le connait et c’est simple, plus il est élevé mieux c’est, facile à comprendre.

Je suis partisan des monnaies locales, même si leur impact réel me semble restreint au sein des groupes militants et donc faible. Pareil pour les SEL.

Sur la nécessité de l’internationalisation de la “post-croissance”, je ne vois pas vraiment le lien et surtout c’est généralement l’excuse pour ne rien faire. Faire un changement de fonctionnement unilatéral risque d’énerver les voisins, faut être conscient des risques mais si faut attendre les autres, on ne fait pas grand chose.

Par ailleurs, sans vouloir lancer un débat, ça ne peut pas être le programme du parti de la décroissance car cette phrase :

Le Parti Pirate souhaite mettre en œuvre les mesures qui permettront de réduire la production globale tout en maintenant le progrès technique, le niveau de vie des citoyens et l’emploi.

est contraire à la décroissance qui vise un abaissement du niveau de vie global.


#5

Quelques réponses en vrac :

Il n’y a pas de corrélation stricte entre réduction du temps de travail et baisse de la production.

SEL = Système d’Echange Local. Ça ratisse large.

“Post-croissance”, “croissance choisie” : du point de vue global, à moins que la “croissance choisie” ne crève le plafond, ce sera une décroissance. Appelons donc un chat un chat.

Un aspect sur lequel nous pourrions nous accorder : multiplier les indicateurs plutôt que d’en utiliser un seul. Le PIB peut être pris en considération mais ne doit pas être considéré comme l’indicateur le plus important (ce qui rejoint à vrai dire ce que disait Simon Kuznets, l’inventeur du PIB).

J’aimerais bien entendre quelques arguments sur l’aspect suivant :

  • pourquoi le versement d’une partie des salaires et prestations sociales en monnaie locale destinée aux circuits courts ne serait pas souhaitable ?

Faudrait aussi s’entendre sur ce qu’est la monnaie locale. Est-ce une réelle émission monétaire ? Dans ce cas la monnaie libre G1 avec ses cercles de confiance suffit. Est-ce un simple “panier” d’équivalences avec les monnaies existantes, comme la Libra ? Dans ce cas, cette monnaie locale perd toute dimension d’autonomie.


#6

Tu as raison pour la forme. On pourra peut être dire:
“Le Parti Pirate a conscience que le modèle productiviste est générateur de nombreux désagréments tant au niveau économique et social qu’environnemental”
Tout autre phrase évoquant la même idée conviendrait.

Cela devrait faire l’objet d’une sous-motion. Il y a bcp d’études sur le sujet. Je pense que cette rtt doit se faire progressivement jusqu’à un certain point. Méda propose 32h dans un 1er tps. J’ai vu proposer 12h au minimum.

Un sous sujet à ouvrir? Il y aurait bien des mesures incitatives

Et quoi d’autre à la place, tu proposes d’enlever quelque chose, soit, mais il faut m’en dire bcp plus sur ces fameux “autres indicateurs”

Je comprends. Il y a aussi bcp de travaux la-dessus. Un indicateur prend en compte ce qu’il y a d’important à valoriser dans une société. Cela doit faire l’objet d’une discussion aussi. Mais si déjà on est d’accord sur le fait que l’augmentation du pib n’indique pas forcément un progrès de développement…

Les grands centres urbains sont truffés de grands centres commerciaux dont la taille diminuerait.
Il s’agirait de reprendre les infrastructures qui seraient moins prépondérantes et d’exploiter les actuelles à l’abandon. Sinon on fait au plus proche.
L’agriculture urbaine a de faibles rendements mais on sous-estime la place disponible. De plus ça serait une agriculture visant à à combler une éventuelle baisse des revenus.


#7

Ceci N’est PAS une monnaie locale.


#8

J’aurais préféré une réponse à la question posée…

Donc oui, je sais bien que ce n’est pas une monnaie locale, je ne suis pas non plus complètement con même s’il m’arrive de dire des conneries, simplement qu’entre le fonctionnement en cercles de confiance et les comités locaux autour de la G1 elle peut éventuellement faire l’objet d’un usage local. My point remaining: une monnaie locale adossée à un panier de monnaies existantes, c’est plus de la com’ qu’autre chose.


#9

Ou une perte d’autonomie :

L’indexation sur l’euro est là mais si tu veux sortir du cercle, tu paies (et la question est combien).
Et pour le coup je me demande comment ça fonctionne pour les gens qui bossent en remote, ils sont payés avec quelle monnaie locale ?


#10

Pas de pb pour changer de forme.

Mais encore? Tu peux en dire plus?

Tu es le parti pirate?

Concernant la monnaie régionale, @ferguson elle doit obéir à un principe qui garantit une circulation fluide: non seulement elle ne porte pas d’intérêts, mais perd de la valeur si elle n’est pas dépensée au bout d’un certain temps ce qui empêche l’incitation à thésauriser ou à spéculer.
L’idée de la taxe c’est encore de que l’argent reste dans le circuit régional. Le commerçant qui accepte cette monnaie peut se tourner vers des fournisseurs locaux qui l’utilisent et si les salariés acceptaient de payer une part de leur salaire avec cette monnaie qui serait acceptée par les communes et l’administration, les chaines de production régionales trouveraient un levier de developpement non négligeable. Bien sûr cela ne concernerait que les biens et services qui s’y prêtent.

Surtout, dans la mesure où c’est une monnaie fondante, sans intérêts, elle permettrait aux entreprises, de se développer sans tjr courir après la croissance du CA.


#11

Bonjour,

Le débat porte sur un sujet “chaud” et particulièrement clivant pour le Parti Pirate. En effet, des positions diamétralement opposées sont partagées par plusieurs pans du parti.

Pour cette raison, il semble nécessaire de rappeler que courtoisie et retenue sont de mise, d’autant plus que ce fil. De même, il est important d’éviter d’exprimer une autre opinion que la sienne, les “le PP pense que” ou expressions de ce genre étant particulièrement malvenues.

Enfin, une motion doit être composée d’un argumentaire, et de propositions concrètes, et pas de vœux pieux, sur lesquels débattre est particulièrement difficile.

Pour le CVI,
Macavity


#12

Le principe de la monnaie fondante est très intéressant. Les avantages énumérés ne sont en tout cas pas négligeables.


#13

Pour aller aux sources du coté du Parti pour la décroissance :
https://www.partipourladecroissance.net/?page_id=5564

Sur le sujet des indicateurs alternatifs au PIB il y a eu la commission stilgitz en 2009 :

puis un travail fait par France stratégie et le CESE en 2015 :

depuis le gouvernement publie chaque année un rapport sur “les nouveaux indicateurs de richesse” :

En même temps c’est pas comme si on en entendait parler…


#14

J’ai appris qu’il y avait dans les tuyaux une feuille de route de la part du gouvernment proposant rien de moins que 50 mesures (chiffre bien rond) pour une economie circulaire. Des phrases vagues pleines de bonnes intentions: https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Feuille-de-route-Economie-circulaire-50-mesures-pour-economie-100-circulaire.pdf

Côté associatif, il y a un document proposant 24 mesures que je trouve plus concret:
https://www.zerowastefrance.org/wp-content/uploads/2018/05/les24mesurescles.pdf

Il y aurait un travail de lecture critique à faire. En attendant, je me suis permis de prendre contact en mon nom propre auprès des personnes figurant sur le doc associatif pour savoir si elles avaient produit une analyse de la feuille de route et leur demander leur avis sur 2 autres mesures auxquelles j’avais pensé.
Je vous direz si j’ai une réponse.

Si l’objet dure plus longtemps, on en produira forcément moins. Si on facilite leur réparation, on ne produira que les pièces nécessaires, si ils sont évolutifs également. Le reste des composants est autant de matière première économisée. Donc, mieux=moins

Concernant la phrase sur la politique internationale, c’est vrai qu’elle est vague. Elle me rappelle la feuille de route…L’idée était ici que si un seul pays tendait vers la décroissance les externalités négatives du productivisme ne seraient pas jugulées. Il s’agirait que la France tienne un role moteur dans la promotion de ce modèle de dvpement et que l’on s’appuie sur les institutions internationales.

Je sais que le PP ne se préoccupe pas de l’emploi et il a bien raison. J’avais hésité à utiliser ce mot et je l’ai fait pour indiquer que la décroissance et l’emploi ne sont pas opposés. Evidemment on peut l’enlever.


#15

Merci beaucoup pour les 2 PDF, c’est exactement ce que je voulais, une bonne lecture en perspectives, merci encore :slight_smile:

Je ne suis pas totalement d’accord avec toi, car dans ton raisonnement, tu oublie complètement la psychologie humaine.
Je suis parfaitement d’accord avec toi, théoriquement mieux = moins, mais dans les faits, c’est quand même a nuancer je pense :slight_smile:


#16

En fait, la consommation d’énergie montre justement le contraire (et c’est en partie ce qui est désespérant).


#17

Il y a les effets de rebond : on (ré)consomme moins certains biens pour consommer davantage d’autres biens à côté. Ils sont au cœur du problème.


#18

C’est juste.
Pourtant, j’estime que la psychologie humaine est fortement incitée à la consommation. Le marketing publicitaire, le fait que la richesse matérielle soit valorisée… Fait que l’on devient consommateur. Ce qui peut, peut être, expliquer en partie les effets de rebond.
Dans une société décroissante, devenir un consommateur responsable est une évidence.

La motion doit être enrichie de mesures incitatives à une éducation à la consommation responsable et restrictives aux marketings publicitaires. Avant d’être trop radical, je suis tombé sur cet asso:
https://antipub.org/asso/manifeste-contre-le-systeme-publicitaire/#sortir qui pose ces revendications:

Reconnaissance de la liberté de [non] réception comme corollaire de la liberté d’expression ;
Création d’une autorité réellement indépendante de contrôle de la publicité cogérée par des associations concernées, des professionnels du secteur et une instance publique ;
Dans l’espace public : Pas d’affiches dépassant 50cmx70 cm, avec un dispositif limité de 2 m2 par panneau et avec un nombre de panneaux limité en fonction du nombre d’habitants ; Interdiction des panneaux éclairés, déroulants et animés, énergivores et intrusifs ;
Milieu scolaire : Interdiction de la publicité dans les manuels scolaires, les kits pédagogiques et partenariats, pas de marques sur les vêtements des élèves et des professeurs de la tête au pied et sur le matériel scolaire, interdiction des publicités à moins de 100m des écoles ;
Dans le service public : Pas de publicité ou de dépendance financière à la publicité ;
Sur internet : Blocage par défaut des cookies à finalité publicitaire, intégration par défaut de dispositifs de blocage de récupération des données personnelles et de publicité dans l’ensemble des navigateurs internet et appliquer la loi condamnant les pourriels (spams) ;
Dans les boites aux lettres : Inversion de la logique actuelle en interdisant la publicité dans les boîtes aux lettres sauf pour celles munies d’un autocollant « Oui à la pub » ;
Dans les médias : limiter les apports de la publicité aux médias privés à moins de 50% du financement est nécessaire pour garantir une liberté éditoriale, et interdire toute publicité dans les médias publics.

Vous en pensez quoi? Juste une remarque: dans une société démocratique telle qu’envisagée par le PP la pub doit se faire (aussi?) sur les débats, motions en cours, propositions…

Sinon je suis tombé sur le communiqué de zerowastfrance sur la feuille de route du gouvernement:
https://www.zerowastefrance.org/feuille-route-economie-circulaire-plan-travail-prometteur/

D’ici peut je tenterai un 2ème jet. Encore bcp de choses à dire et vos interventions sont enrichissantes.
Il y aura surement d’autres jets.
A très vite.


#19

Je connaissais ce parti mais pas leur programme. C’est vrai qu’il y a des similitudes mais leurs 10 mesures restent vagues et la motion en cours propose d’autres pistes.


#20

Oui, on peut limiter les effets de rebond en s’attaquant au problème de la publicité. J’irais plus loin : la publicité, bien qu’elle représente 5% du PIB mondial (au mieux) est un véritable fléau. Une poubelle de l’inconscient collectif. Un déversoir que l’on perçoit plus ou moins à notre insu à raison de 2000 pubs par jour marques comprises. C’est de la pollution psychologique. Une fois une chose perçue sans en prendre conscience elle nous travaille de l’intérieur, on la reconnaît et nous semble moins étrangère sans qu’on y prenne garde, etc. Donc 100% pour légiférer pour inhiber ce fléau.

Cela dit, je ne crois pas que ça fera plus que limiter les effets de rebond qui demeurent fondamentalement problématiques.