Motions "santé" : don du sang, protections hygiéniques, personnes intersexuées


#21

J’ai une collègue proche qui est militante au planning (donc on parle souvent contraception et règles), ce qu’elle me dit c’est que la coupe menstruelle, ça marche bien (elle a un peu tatonné au début pour trouver la “bonne” mais ensuite rien à redire), pas de fuites, et entretien pas trop compliqué (elle en a déjà cramé deux en les faisant bouillir, mais c’est anecdotique).

Par contre, on a un boulot où on est souvent en déplacements, et parfois dans des endroits sans toilettes (des champs) ou dans des endroits avec des toilettes mixtes, et y’a des situations où elle ne veut pas sortir avec sa cup pour la passer sous l’eau (et où si j’en utilisais une, j’aurais pas envie non plus). Donc quand elle est à un endroit où elle n’est pas certaine de trouver des toilettes handicapées avec robinet dedans, elle ne la met pas (donc on est sur un usage mixte jetable / pas jetable).

Idem, quand je suis en réunion avec des agris pour le boulot, je suis 1) une fille 2) jeune 3) d’une institution qu’ils considèrent parfois comme hors-sol (“gratte-papier”) : j’ai VRAIMENT pas envie dans cette situation de sortir avec ma petite pochette ou d’aller rincer ma cup devant eux, parce que derrière, je crains une forte perte de crédibilité. Cette crainte est peut-être à tort (ou pêut-être pas, mais ça n’a rien à voir avec le schmilblick)


#22

P.S. : Et ma remarque sur la machine c’était plus pour les serviettes hygiéniques lavables en tissu (la cup n’est bien sur pas concernée dans ce cas)

Et donc si pour laver ta serviette réutilisable en tissu tu dois faire une machine moitié vide tous les soirs (au mieux tous les deux jours) pour nettoyer tes serviettes usagées, c’est la que ça devient pas écologique (sauf si dans tous les cas tu lances des machines pleines à cette fréquence parce que tu es assez nombreux dans ton foyer)

D’où le fait que l’idée d’incitation : oui, 100% pour mais contre l’idée d’obligation (qui n’a pas été émise ici)


#23

Je rejoins complètement @Florie concernant le remboursement des protections réutilisables plutôt que des jetables. (Même si je me demande encore ce que les “tous” du “toutes et tous” vont bien pouvoir en faire :smile:
quoique
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Après concernant la cup je suis perso totalement fan, avec les 10h d’autonomie qu’elle autorise j’ai quasiment jamais eu à m’en préoccuper au boulot…
Mais je peux comprendre que ce soit pas évident pour certaines ne serait-ce quand je vois que l’adhésion au tampon n’a pas été évidente pour tout le monde alors la cup…
Ensuite il faut vraiment, vraiment ne pas avoir de soucis avec son anatomie intime et clairement je suis pas sûre que toutes on ait un rapport aussi décomplexée avec son minou, sans parler des quelques hématophobes.

Pourquoi pas un remboursement incitatif genre 100% pour le réutilisable et moins pour le jetable


#24

Pour la situation que tu décrit @Mjiz, ça peut se comprendre, mais avec une autonomie aussi importante proposée par la cup, à moins de passer plus de 10h au boulot avec des agriculteurs, je pense que le problème vient de toi et pas de la cup. Je fais des journée de 12h dans une mairie, je ne suis pas forcément à l’aise quand je sors ma cup en pleine journée pour aller la mettre dans les toilettes de la mairie, mais une fois que je l’ai mise je ne la retire que le soir à la maison.

Pour ce qui est de la serviette réutilisable, il n’est pas question de faire tourner des machines à vide, quand on n’a qu’un truc à laver, on peut aussi procéder au lavage à la main, et pour les serviettes, un prélavage à la main s’impose mais je n’ai jamais eu de problème à mettre ma lingerie sale avec le reste du linge après l’avoir prélavée. Même si on va utiliser un peu plus d’eau, ça reste moins nocif pour l’environnement qu’un déchet en plastique non recyclable qui finira dans ta poubelle.

Je viens de calculer, j’ai économisé plus de 400 tampons avec ma cup en deux ans.
Je n’utilise pas de serviette mais si je devais en utiliser ce serait obligatoirement des serviettes réutilisable, il est hors de question que j’approche à nouveau de mon corps une seule de ces trucs infâmes bourrés de produits chimiques et polluants.

Encore une fois, le meilleur déchet est un déchet qui n’existe pas. Et la blancheur maculée de ces protections “hygiéniques” ne s’obtient pas par magie, les produits chimiques utilisés peuvent provoquer toutes sortes de mycoses…

Il y a des culottes de règles qui sont de plus en plus souvent améliorées avec des technologies de plus en plus performantes pour retenir les flux (et avec un liquide rose ou rouge et pas bleu dans leurs pubs ce qui m’incite à m’intéresser de près au sujet, j’en avais un peu marre de ces pubs sainte nitouche limite sexiste où on remplace de rouge du sang par du bleu, genre on a du sang bleu, genre le rouge sang ça fait peur aux gens… C’est la nature que diable !)

Et je ne m’excuserai pas auprès de ces messieurs pour les détails, ça fait un bien fou de pouvoir parler de ces petits soucis avec des personnes concernées.


#25

J’ajoute pour votre plus grand plaisir un petit comparatif de culottes menstruelles :

Je ne sais pas vous mais moi ça me réjouit de voir toutes ces protections hygiéniques réutilisables qui émergent. Enfin on s’intéresse à l’un des plus gros gaspillage de plastique et de coton et de produits chimiques de notre génération.

On se plaint des tas de pesticides qu’on voit partout mais quand on sait ce qu’on nous propose de caler entre nos cuisses pour “protéger” notre corps, on peut se poser des questions sur nos priorités…


#26

Excusez moi d’intervenir dans ce débat, mais je viens d’en parler avec ma copine, et elle soulevait un point que je trouve assez intéressant.

Comment est il possible pratiquement de rembourser les protections hygiénique ?
Je m’explique, maintenant, la majorité sont vendus en supermarché, donc comment pourrais t’on automatiser le remboursement ?

Car si on oblige la vente uniquement dans les pharmacies / parapharmacie, cela va au contraire diminuer l’accès, notamment dans les zones reculés.

Voilà voilà, c’était un point qui faisait que ma copine n’étais pas forcément d’accord avec la mesure en l’état, et je trouvais cela assez intéressant à soulever ^^


#27

Euh il n’est je crois pas question de vendre les protections uniquement en pharmacie, à la rigueur, c’est le remboursement sécu qui serait conditionné à l’achat en pharmacie, en complément on peut imaginer un système comme “ampoule gratuite” avec un site en ligne et livraison mensuelle, annuelle?

Sans vouloir prêcher pour ma paroisse avec du réutilisable on n’est jamais à court!

Concernant les points soulevés par @Florie sur la dangerosité des dispositifs jetables, une PEC sécu pourrait aussi avoir un impact positif, avec une législation type dispositif médicaux et l’établissement de norme et de certification, nécessaire pour prétendre au remboursement.


#28

je pense que le problème vient de toi

Je vais pas le prendre pour moi, ma contraception faisant que je n’ai pas mes règles (ça pose d’autres questions mais du coup, pas celle de savoir ce que j’utilise pour mes règles). Je les ai eues pendant plusieurs années, plus maintenant, et ça ne me manque pas.

Quant au fait d’être dans les champs, oui, on peut y passer largement plus de 10 heures (en gros, on se pointe 40 minutes avant le lever “officiel” du soleil, et on rentre quand on n’arrive plus à lire les appareils qu’on utilise pour nos suivis ou juste avant l’heure limite pour l’hotel pour manger le soir (mais là encore, je n’ai pas à me justifier en fait, car ce n’est pas la question).

Je n’ai pas envie le soir de prélaver mes serviettes à la main. C’est mon choix, il est discutable, cependant, il reste le mien (mais je ne suis probablement pas la seule).

En tout cas, clairement, m’entendre dire “le problème c’est toi”, ça me convainc moyen (pour ne pas dire pas du tout). J’entends en revanche l’argument de l’autonomie. Peut-être que de ton point de vue ça semble être un petit effort pour un gros bénéfice et que tu es prête à consentir cet effort. C’est très bien.

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que ça n’est pas le cas de toutes (dont moi). Je suis sure de n’être pas la seule dans cette situation, car j’en discute assez facilement avec différentes personnes, et si on veut des points de programme qui parlent aux gens, ils faut parler à tous, et ne pas dire “ceux qui font pas comme ci, le problème c’est eux”. D’autant que je ne remets pas en cause le texte, j’apportais juste une vigilance sur les limites d’un propos que j’entends souvent tenu (en version simpliste : le pas jetable c’est 100% super)

Au plaisir de la bienveillance,


Débats 2019-06 : Un remboursement des protections hygiéniques pour mettre fin à la précarité menstruelle et établir une meilleure équité
#29

Sur la question jetable/pas jetable, si je peux donner l’avis de quelqu’un qui n’a pas de règles, il ne faut pas oublier que les protections hygiéniques posent deux problèmes très distincts : le problème de la précarité menstruelle, et le problème environnemental (et de santé, si j’ai bien compris Florie). Je suis pour régler les deux, mais le premier me semble plus urgent que le second, je suis donc pour que toutes les protections soient remboursées pareil, et que l’incitation à utiliser les protections renouvelables soit éducative et pas financière.


#30

Tout à fait d’accord avec @Emanuelo

Pour le remboursement, je crois qu’on a un peu la même situation avec les préservatifs (à vérifier) :
On peut avoir une ordonnance chez son médecin traitant pour un achat de préservatifs (remboursés) : où peut-on se les procurer dans ce cas ?


#31

Pour les préservatif c’est bien en pharmacie:
https://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2018/12/07/edenr-le-premier-preservatif-rembourse_316795


#32

le plus réaliste serait donc d’avoir un modèle de chaque type de protection qui serait remboursé sur ordonnance, donc si acheté en pharmacie, avec l’Etat qui définirait un cahier des charges + agirait sur le prix (encadrement / mise en concurrence), comme tu le soulignais dans certains de tes posts plus haut, c’est ça ?


#33

Pour moi la précarité menstruelle, l’environnement et la santé on clairement un niveau d’urgence similaire, donc je ne te rejoins pas exactement là dessus.
La question environnementale ne peut clairement plus être relégué à chaque fois qu’il y a un frein, surtout concernant l’UU. Que je remettrais en cause même en médecine, où sous couvert de stérile et de propre il est clairement devenu une solution de facilité et d’économie. (Mais je m’égare)

Après je pense qu’on peut trouver une solution satisfaisantes aux 3 problèmes:

Comme pour les préservatifs, on peut imaginer une distribution de protection jetable gratuite, en structure de soins type (planning familiale, CMS, maison de la santé…) pour palier à la précarité menstruelle tout en facilitant des points de rencontre avec des professionnels de santé permettant de la prévention, éducation, sensibilisation, au réutilisable, au IST, à l’hygiène…

Tout en maintenant un écart de remboursement entre le réutilisable et le jetable, de manière à orienter vers le réutilisable, tout en facilitant largement l’accès aux 2 possibilités.


#34

Oui pour les préservatifs, c’est ce qui s’est passé avec un modèle remboursé pour le moment, aux normes, et à tarif régulé (1.3€ les 6!) je suppose puisque une seule marque à eu l’autorisation, bien que de nombreux autres soient aux normes. En terme de confort il semble qu’il n’est aussi pas trop lésiner puisque il y a des modèles perlés, nervurés, et même parfumés.


#35

Alors je vais m’immiscer dans ce débat qui ne me concerne pas juste sur un point : jetable / réutilisable.

Ce qu’il faut voir c’est que nous sommes en partie le produit de notre éducation et donc de nos habitudes. Et clairement sur ce sujet (comme sur d’autres) si l’on veut aider les gens c’est d’abord en évitant de les choquer et de leur dire qu’il faut AUSSI changer d’habitude.

Il faut promouvoir le réutilisable, il faut des cours d’éducation sexuelle, il faut des interventions pour parler / aider sur ces dispositifs et ne pas forcément laisser découvrir.

Je n’ai pas et je ne dois pas avoir d’avis sur tel ou tel dispositif sur les menstruations, en revanche ne pas aider une personne parce qu’elle ne peut pas concevoir l’utilisation de tel ou tel dispositif AUJOURD’HUI en partie à cause de son éducation (pour ne pas parler des conditions de vie et d’utilisation en particulier) me semble déraisonnable.


#36

Ce que je retiens des derniers arguments et qui me semble très intéressant :

  • Il y a en effet d’autres moyens de “prioriser” le réutilisable que l’incitation économique, l’éducation en est un, et nous disposons déjà de points de programme sur l’éducation sexuelle où on pourrait faire cas spécifiquement du réutilisable.

  • Mais on peut aussi caler le jetable remboursable sur un modèle proche de celui des préservatifs pour que niveau procédure il n’apparaisse pas comme le “choix par défaut” mais demeure tout de même remboursable.


#37

Jusque la je n’ai vue aucune mesure contraignante en tout cas dans ce fil, ni de volonté de ne pas aider les personnes qui en ont besoin.

Pour moi le public jeune ou précaire, bénéficie de la gratuité des 2 dispositifs et d’une opportunité de conseil sur ce sujet et sur d’autres.

Les utilisatrices de dispositifs jetables voient leurs dépenses ramenées à presque rien et peuvent aussi se tourner vers les structures mentionné plus haut (l’idée c’est 100% contre 80% pas d’écart punitif donc)

Les comportements vertueux en matière d’environnement et de coût sont valorisés


#38

Est-ce vraiment d’éducation sexuelle dont il s’agit? De plus il s’agit d’une mesure éducative qui parce que rattaché aux études ne touche que les étudiants, et ne permet pas une prévention efficace tout au long de la vie, que reste-t-il des cours d’éducation sexuelle, quand on 30 ans et plus? La prévention nécessite la plupart du temps des rappels réguliers, je suis pour mais je l’associerais quand même à de la prévention.

La où le modèle du préservatif pèche selon moi c’est le côté prescrit qui implique une Cs à 25€ à chaque fois


#39

Je suis plutôt d’accord avec les derniers arguments échangés, et ma position n’est pas de militer pour du 100% jetable. Je le répète, je pointais un point de vigilance, mais, comme dit également plus haut, tant qu’on parle d’incitation et pas d’obligation (ce dont en effet personne ici n’a parlé), c’est tout bon.

L’idée d’associer gratuité et conseil me semble en effet une piste très prometteuse (ma seule interrogation sur ce point est : n’est-ce pas déjà le cas ? Si je vais dans un planning demander serviettes/tampons/cup ou autre, est-ce qu’on me le refuse ou pas ?)

Là encore, quitte à passer pour la relou de la conversation, attention dans la formulation finale avec les arguments d’éducation, surtout si on compte s’en servir : le “si les gens agissent de la façon dont ils agissent, c’est par manque d’éducation”, ça peut parfois, selon la formulation, passer pour de la condescendance.

Il faudra être vigilants à bien le tourner de façon positive. Par exemple comme proposé plus haut : mettre en place des interventions pour présenter/fournir tous les dispositifs d’hygiène menstruelle (sur le fond ça me plait bien, mais surtout, sur la forme, c’est positif)


#40

La où le modèle du préservatif pèche selon moi c’est le côté prescrit qui implique une Cs à 25€ à chaque fois

Clairement

Je ne sais plus, mais il y a différents ages dans la vie où on recoit des courriers avec des consultations gratuites. Est-ce qu’on ne pourrait pas y proposer (si ça n’est pas déjà le cas), lors de la visite gynéco offerte (de mémoire) une sensibilisation et une présentation des possibilités (aussi bien contraceptives que d’hygiène menstruelle) ? (même si la contraception ne concerne pas que celles qui tombent enceintes)