Motions "santé" : don du sang, protections hygiéniques, personnes intersexuées


#28

je pense que le problème vient de toi

Je vais pas le prendre pour moi, ma contraception faisant que je n’ai pas mes règles (ça pose d’autres questions mais du coup, pas celle de savoir ce que j’utilise pour mes règles). Je les ai eues pendant plusieurs années, plus maintenant, et ça ne me manque pas.

Quant au fait d’être dans les champs, oui, on peut y passer largement plus de 10 heures (en gros, on se pointe 40 minutes avant le lever “officiel” du soleil, et on rentre quand on n’arrive plus à lire les appareils qu’on utilise pour nos suivis ou juste avant l’heure limite pour l’hotel pour manger le soir (mais là encore, je n’ai pas à me justifier en fait, car ce n’est pas la question).

Je n’ai pas envie le soir de prélaver mes serviettes à la main. C’est mon choix, il est discutable, cependant, il reste le mien (mais je ne suis probablement pas la seule).

En tout cas, clairement, m’entendre dire “le problème c’est toi”, ça me convainc moyen (pour ne pas dire pas du tout). J’entends en revanche l’argument de l’autonomie. Peut-être que de ton point de vue ça semble être un petit effort pour un gros bénéfice et que tu es prête à consentir cet effort. C’est très bien.

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que ça n’est pas le cas de toutes (dont moi). Je suis sure de n’être pas la seule dans cette situation, car j’en discute assez facilement avec différentes personnes, et si on veut des points de programme qui parlent aux gens, ils faut parler à tous, et ne pas dire “ceux qui font pas comme ci, le problème c’est eux”. D’autant que je ne remets pas en cause le texte, j’apportais juste une vigilance sur les limites d’un propos que j’entends souvent tenu (en version simpliste : le pas jetable c’est 100% super)

Au plaisir de la bienveillance,


Débats 2019-06 : Un remboursement des protections hygiéniques pour mettre fin à la précarité menstruelle et établir une meilleure équité
#29

Sur la question jetable/pas jetable, si je peux donner l’avis de quelqu’un qui n’a pas de règles, il ne faut pas oublier que les protections hygiéniques posent deux problèmes très distincts : le problème de la précarité menstruelle, et le problème environnemental (et de santé, si j’ai bien compris Florie). Je suis pour régler les deux, mais le premier me semble plus urgent que le second, je suis donc pour que toutes les protections soient remboursées pareil, et que l’incitation à utiliser les protections renouvelables soit éducative et pas financière.


#30

Tout à fait d’accord avec @Emanuelo

Pour le remboursement, je crois qu’on a un peu la même situation avec les préservatifs (à vérifier) :
On peut avoir une ordonnance chez son médecin traitant pour un achat de préservatifs (remboursés) : où peut-on se les procurer dans ce cas ?


#31

Pour les préservatif c’est bien en pharmacie:
https://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2018/12/07/edenr-le-premier-preservatif-rembourse_316795


#32

le plus réaliste serait donc d’avoir un modèle de chaque type de protection qui serait remboursé sur ordonnance, donc si acheté en pharmacie, avec l’Etat qui définirait un cahier des charges + agirait sur le prix (encadrement / mise en concurrence), comme tu le soulignais dans certains de tes posts plus haut, c’est ça ?


#33

Pour moi la précarité menstruelle, l’environnement et la santé on clairement un niveau d’urgence similaire, donc je ne te rejoins pas exactement là dessus.
La question environnementale ne peut clairement plus être relégué à chaque fois qu’il y a un frein, surtout concernant l’UU. Que je remettrais en cause même en médecine, où sous couvert de stérile et de propre il est clairement devenu une solution de facilité et d’économie. (Mais je m’égare)

Après je pense qu’on peut trouver une solution satisfaisantes aux 3 problèmes:

Comme pour les préservatifs, on peut imaginer une distribution de protection jetable gratuite, en structure de soins type (planning familiale, CMS, maison de la santé…) pour palier à la précarité menstruelle tout en facilitant des points de rencontre avec des professionnels de santé permettant de la prévention, éducation, sensibilisation, au réutilisable, au IST, à l’hygiène…

Tout en maintenant un écart de remboursement entre le réutilisable et le jetable, de manière à orienter vers le réutilisable, tout en facilitant largement l’accès aux 2 possibilités.


#34

Oui pour les préservatifs, c’est ce qui s’est passé avec un modèle remboursé pour le moment, aux normes, et à tarif régulé (1.3€ les 6!) je suppose puisque une seule marque à eu l’autorisation, bien que de nombreux autres soient aux normes. En terme de confort il semble qu’il n’est aussi pas trop lésiner puisque il y a des modèles perlés, nervurés, et même parfumés.


#35

Alors je vais m’immiscer dans ce débat qui ne me concerne pas juste sur un point : jetable / réutilisable.

Ce qu’il faut voir c’est que nous sommes en partie le produit de notre éducation et donc de nos habitudes. Et clairement sur ce sujet (comme sur d’autres) si l’on veut aider les gens c’est d’abord en évitant de les choquer et de leur dire qu’il faut AUSSI changer d’habitude.

Il faut promouvoir le réutilisable, il faut des cours d’éducation sexuelle, il faut des interventions pour parler / aider sur ces dispositifs et ne pas forcément laisser découvrir.

Je n’ai pas et je ne dois pas avoir d’avis sur tel ou tel dispositif sur les menstruations, en revanche ne pas aider une personne parce qu’elle ne peut pas concevoir l’utilisation de tel ou tel dispositif AUJOURD’HUI en partie à cause de son éducation (pour ne pas parler des conditions de vie et d’utilisation en particulier) me semble déraisonnable.


#36

Ce que je retiens des derniers arguments et qui me semble très intéressant :

  • Il y a en effet d’autres moyens de “prioriser” le réutilisable que l’incitation économique, l’éducation en est un, et nous disposons déjà de points de programme sur l’éducation sexuelle où on pourrait faire cas spécifiquement du réutilisable.

  • Mais on peut aussi caler le jetable remboursable sur un modèle proche de celui des préservatifs pour que niveau procédure il n’apparaisse pas comme le “choix par défaut” mais demeure tout de même remboursable.


#37

Jusque la je n’ai vue aucune mesure contraignante en tout cas dans ce fil, ni de volonté de ne pas aider les personnes qui en ont besoin.

Pour moi le public jeune ou précaire, bénéficie de la gratuité des 2 dispositifs et d’une opportunité de conseil sur ce sujet et sur d’autres.

Les utilisatrices de dispositifs jetables voient leurs dépenses ramenées à presque rien et peuvent aussi se tourner vers les structures mentionné plus haut (l’idée c’est 100% contre 80% pas d’écart punitif donc)

Les comportements vertueux en matière d’environnement et de coût sont valorisés


#38

Est-ce vraiment d’éducation sexuelle dont il s’agit? De plus il s’agit d’une mesure éducative qui parce que rattaché aux études ne touche que les étudiants, et ne permet pas une prévention efficace tout au long de la vie, que reste-t-il des cours d’éducation sexuelle, quand on 30 ans et plus? La prévention nécessite la plupart du temps des rappels réguliers, je suis pour mais je l’associerais quand même à de la prévention.

La où le modèle du préservatif pèche selon moi c’est le côté prescrit qui implique une Cs à 25€ à chaque fois


#39

Je suis plutôt d’accord avec les derniers arguments échangés, et ma position n’est pas de militer pour du 100% jetable. Je le répète, je pointais un point de vigilance, mais, comme dit également plus haut, tant qu’on parle d’incitation et pas d’obligation (ce dont en effet personne ici n’a parlé), c’est tout bon.

L’idée d’associer gratuité et conseil me semble en effet une piste très prometteuse (ma seule interrogation sur ce point est : n’est-ce pas déjà le cas ? Si je vais dans un planning demander serviettes/tampons/cup ou autre, est-ce qu’on me le refuse ou pas ?)

Là encore, quitte à passer pour la relou de la conversation, attention dans la formulation finale avec les arguments d’éducation, surtout si on compte s’en servir : le “si les gens agissent de la façon dont ils agissent, c’est par manque d’éducation”, ça peut parfois, selon la formulation, passer pour de la condescendance.

Il faudra être vigilants à bien le tourner de façon positive. Par exemple comme proposé plus haut : mettre en place des interventions pour présenter/fournir tous les dispositifs d’hygiène menstruelle (sur le fond ça me plait bien, mais surtout, sur la forme, c’est positif)


#40

La où le modèle du préservatif pèche selon moi c’est le côté prescrit qui implique une Cs à 25€ à chaque fois

Clairement

Je ne sais plus, mais il y a différents ages dans la vie où on recoit des courriers avec des consultations gratuites. Est-ce qu’on ne pourrait pas y proposer (si ça n’est pas déjà le cas), lors de la visite gynéco offerte (de mémoire) une sensibilisation et une présentation des possibilités (aussi bien contraceptives que d’hygiène menstruelle) ? (même si la contraception ne concerne pas que celles qui tombent enceintes)


#41

Bjour,

je reviens sur le soucis de la gratuité pour les protections hygiénique,pourquoi ne pas mettre au point un carte vitale spécifique ou modifier l’existante qui ouvre droit à un choix de 3 ou 4 produits de bases (différents) gratuits, disponible en pharmacie avec une visite annuelle obligatoire pour renouveler le droit, et libres à celles qui préfèrent d’autres produits de les trouver comme actuellement en supermarché.

Et mon expérience perso avec la lessive !:sunglasses:
(depuis quelques années il m’a fallut apprendre à suppléer mon épouse qui cumule avec l’age plusieurs handicaps.)
Pour le le lavage de petites quantités la solution qui me permet de gagner du temps.
Le trempage avec une lessive à froid, et une mini machine à laver (coût moins de 100€) (en plus de la grosse classique).


#42

Je ne crois pas qu’il y ait de dispositif de la sécu (comme pour les dents jusqu’à 24 ans ou pour le dépistage du cancer du colon ou du sein) pour le gyneco à l’adolescence à vérifier!
Sinon c’est une riche idée!


#43

Je ne connais pas se système avec la carte vitale, c’est de quel produit dont il est question?

Concernant le prélavage de la lingerie j’opte pour 5 minutes en début de douche avec la bassine et le mini étendage qui va bien directe dans la douche, après j’ai jamais tenté avec un protection réutilisable, je me demande si la salle de bain se transforme pas en scène de crime :grin:


#44

Je lance l’idée, il me semble qu’en utilisant un support existant “la carte vitale” c’est plus simple et plus rapide à mettre en place, puisque par le 1 n°de la carte on défini le sexe (1G / 2F), pour les produits je ne maitrise pas du tout je donne juste un nombre qui me semble raisonnable .


#45

J’aime bien l’idée mais je me passerais du contrôle annuel chez le MT, j’en vois pas trop l’utilité


#46

Désolée si mon propos a pu être mal pris, ce n’était pas le but. J’ai tendance à être un peu irascible sur certains sujets et je tiens à m’en excuser. @Mjiz j’ai été maladroite, ce que je voulais pointer c’était l’habitude. L’habitude de porter des protections, certaines protections plutôt que d’autres. Mais comment tu feras quand les écologistes au pouvoir auront acté la suppression de ces protections ? Puisque ce sont des déchets non recyclables et chimiques ça risque d’être supprimé. On a déjà vu ça avec les cotons tiges, ce n’est pas encore appliqué mais quand ça le sera ça fera mal à pas mal de gens de s’habituer à autre chose…

Je suis pour une prise en charge des protections hygiéniques mais pour le coup, je pense vraiment qu’on doit réfléchir à la question du jetable/réutilisable AUSSI sur ce sujet, c’est une transition globale qu’il faut pour notre planète, et il ne s’agit pas d’un petit acte isolé, il faut l’intégrer dans nos pratiques quotidiennes, changer nos habitudes et nos traditions pour ne plus être producteurs de déchets, ou en tous cas en produire le moins possible.

Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l’énergie qu’il faut pour traiter ces déchets, une masse monstrueuse d’eau, et des tas de traitements, surtout que la plupart des protections type tampons sont jetées aux toilettes après utilisation, et du coup, tous les produits chimiques finissent dans l’eau !

Je serai très critique sur ce sujet, doit-on tirer un trait aussi vite sur le réutilisable au prétexte que certaines personnes ont certaines habitudes ?


#47

@Florie quand je dis réutilisable = lavable donc pas écologique je veux dire que la plupart des gens font tourner une machine que pour ça et ça m’est déjà arrivé aussi je l’avoue. Pour les coupes cela demande un entretien très rigoureux sinon ce n’est pas du tout hygiénique.

Il n’est pas question de tirer un trait sur le réutilisable, mais il faut aussi comprendre que chaque femme est différente, et qu’il y a des périodes dans la vie ou on a besoin de différents types de protection, selon l’emploi du temps qu’on a, la vie qu’on mène, et même ses habitudes. Je rejoins Mjiz sur à peu près tout. Les lavables c’est pas évident à gérer, les coupes il faut effectivement bien connaître son corps, trouver la bonne, bien la manipuler et surtout bien l’entretenir et la nettoyer. Il faudrait développer les protections jetables le moins polluantes possibles et continuer à travailler sur l’amélioration des réutilisables, mais surtout ne pas diminuer la diversité des protections offerte aux femmes et ne pas pointer du doigt celles qui utilisent des protections jetables.
Je pense il faut travailler sur plusieurs fronts :

  • Développer le réutilisable;
  • Développer le jetable le moins polluant possible, plus écologique et plus bio;
  • Obliger les fabricants à mentionner tous les produits qui entre dans la fabrication de la protection hygiénique, voir même le degré de pollution;
  • Former / informer / sensibiliser les jeunes femmes et les femmes sur les différentes protections, leur risque pour la santé, pour la nature, comment bien les utiliser.
    Rembourser que/plus le réutilisable, pourquoi pas.