Et l'éducation ?


#41

Pour moi le pédagogisme existe bel et bien au sein de l’éducation nationale. Il apparaît à chaque fois que l’on présente des solutions intemporelles ou universelles à une problématique éducative particulière et que l’on réduit l’éducation et l’instruction à l’application d’un protocole. On se débarrasse ainsi des sujets (professeurs, élèves, etc.) en les broyant dans les engrenages du système. Parfois, cela va jusqu’à l’instrumentalisation politique de la pratique éducative.

Un exemple : les programmes de 2015 pour les cycles 2-3-4 ont été construits selon les principes de la pédagogie spiralaire. Or, cette théorie a été formulée dans les années 1960 par Jerome Bruner, pédagogue américain influencé par la pensée structuraliste. Sommes-nous sûrs que cela marche chez les élèves français de 2021 ? Aucune preuve à ce jour, mais on aura fait passer l’idée que les élèves sont accompagnés par leurs professeurs dans une progression ascensionnelle qui les portera au plus grand succès.

Cela est d’autant plus accablant que certains pédagogues ne prennent même pas le soin de citer correctement leurs sources. Je vous invite à regarder cette ressource d’Eduscol :

A la page 3, on peut lire :
Jérôme Bruner introduit l’idée de pédagogie spiralaire : « les curricula devraient être établis de façon spiralaire en sorte que les élèves construisent de façon régulière sur ce qu’ils ont déjà appris. La métaphore de la spirale signifie qu’apprendre est un processus continu qui suppose une reprise constante de ce qui est déjà acquis et une complexification progressive. La progression linéaire est impropre à exprimer que pour apprendre, les retours sur le déjà vu sont nécessaires pour aller plus loin 5. »

Or Bruner n’a jamais affirmé cela dans le bouquin qui est indiqué en note de bas de page. Le paragraphe cité est un patchwork de phrases issues de cet article (premier paragraphe) :
http://www.educ-revues.fr/DIOTIME/AffichageDocument.aspx?iddoc=39409

Pas très sérieux non ?


#42

En ce qui me concerne, je l’ai dit ; il faut abolir à peu près toutes les réformes, l’état ne doit avoir en charge que d’établir un socle de connaissances / compétences à acquérir pour atteindre tel ou tel niveau / diplôme.

Le reste appartient aux équipes pédagogiques dans le projet qu’elle souhaite mettre en œuvre et à chaque professeur dans sa liberté pédagogique, avec la condition qu’il soit correctement formé et en lien avec le milieu universitaire dans un perpétuel soucis de recherche / expérimentation.
Pour moi, il n’y a pas de bonnes ou mauvaises pédagogie - même le cours magistral a des vertus - mais des pratiques qui peuvent fonctionner plus ou moins bien selon un contexte donné.

Le reste c’est du bavardage pour savoir quel courant dominera quel autre !


#43

J’ai une méconnaissance sur le sujet l’état intervient autrement que ce point précis ?


#44

Oui, il intervient à peu près sur toute l’organisation, la pédagogie, … et même la façon de travailler en équipe ! Et depuis 2017, pas l’état, mais directement Blanquer :roll_eyes:


#45

C’est vrai pour l’education nationale (et aussi en partie sur l’enseignement supérieur et la recherche) contrairement au ministère du travail qui créé des titres professionnel sur lequel le ministère ne s’occupe que de l’ingénierie de certification (c’est sous traité en réalité, c’est d’ailleurs mon job :wink: )


#46

Du coup cela pourrait être un point d’entrée pour soumettre au vote un point programmatique pirate.

redéfinir le rôle du ministère de l’éducation et son champs d’action, et définir une organisation pour que la liberté pédagogique puisse être exercé dans ce cadre.

Non ?