De l'Éducation !


#1

Bonjour,
Équipage ou non, j’ai du mal à comprendre pourquoi cette thématique est archivée ? L’éducation, et l’actualité dramatique récente nous le montre, est un sujet qui fait l’objet de débats permanents dans notre société - pourquoi au Parti Pirate, cette thématique n’est pas mise dans en espace plus ouvert ?
Il y a beaucoup à dire sur l’éducation, et même si régulièrement des discussions s’engagent, il y aurait beaucoup à dire sur la politique actuelle du gouvernement, des orientations à prendre, …
Que dire pour ma part je suis farouchement opposé aux réformes des lycées professionnels, techniques et généraux … pas convaincu non plus sur l’obligation de faire sa scolarité dans un établissement scolaire (ce sujet a déjà été abordé ici).
Pour faire simple, et sur ce que je connais le mieux :

  • Pour le lycée général, faire un BAC unique avec un choix de 2 ou 3 options (et suppression des enseignements de spécialités),
  • Fusion des lycées techniques et professionnels,
  • Rendre les filières plus généralistes en BAC PRO / Technique - maintenir des spécialités en CAP
    Sur le plan pédagogique en finir avec les cours chef d’œuvre, co-intervention, … Mettre en place les fondamentaux, avec une latitude de cours dans les établissements pour renforcer ou pas tel ou tel matière selon les classes. Renforcer les possibilités de travail en équipe, mais selon la liberté pédagogique de chacun.
  • Concernant la mixité des public, donner un statut scolaire aux apprentis des lycées professionnels afin d’adapter leur parcours.
  • Ne pas oublier que la plupart des bacheliers ont vocation à poursuivre vers le supérieur (d’ailleurs à ce titre, il faudrait fusionner les deux ministères, et rattacher l’enseignement agricole à celui de l’É.N.).
    …ok, c’est un peu en vrac, mais voilà c’est ma réflexion !

#2

ce n’est pas une thématique c’est un équiipage qui est archivé, tu peux en parler dans espace pirate


#3

Ouais, et ça se perdra dans les limbes du forum :mask:


#4

Comme suite à ma discussion avec Nicolas sur Discord, je voudrais que l’on puisse écrire collectivement une orientation générale sur le volet éducatif. La question c’est de savoir ce qui se dégage des résolutions déjà adoptées qui semblent très éparses …
source du programme : https://test-programme.partipirate.org/programme_national/education_culture_recherche_et_connaissance_libre/index.html


#5

C’est un peu tard, mais nous aurions pu faire des propositions originales : https://etats-generaux-du-numerique.education.gouv.fr/


#6

Je pense qu’il manque justement d’une vision claire sur cette partie. Nous avons sans doute du nettoyage à faire dans certains point de ce programme, mais il faut déjà trouver une unité. Je sais que certains (@Farlistener au moins il me semble) avait déjà bossé un peu sur la partie éducation, il faudrait peut être prendre le temps de lister et résumer nos propositions, voir ce que l’on en fait, ce qu’il faut réécrire, supprimer et ce qu’il manque …


#7

Sur ce sujet ce qui est important, et ce que ne font pas les politiciens, avant de proposer quelque réforme que ce soit, il faut définir ce qu’on attend de l’éducation.

L’éducation doit-elle former des travailleurs prêts à prendre immédiatement une place dans le marché de l’emploi ?
Ou l’éducation doit-elle donner les outils culturels et les connaissances de base nécessaires à l’épanouissement et au développement personnel ?

La question peut sembler simple mais elle ne l’est pas tant que ça. Car il faut certainement un peu des deux. Le problème est de savoir à quelle dose. Quand on a répondu à ça on peut envisager des réformes pour atteindre ces objectifs.
Parce que tout le monde n’a pas la même conception de l’éducation et que proposer des réformes sans savoir où on veut aller ne sert à rien.

La première chose à mon sens serait donc que le parti définisse sa conception de l’éducation. Les réformes à proposer en découleront.


#8

Salut tout le monde,

Mon avis sur la question : je pense que l’éducation, secondaire comme supérieure, n’a pas du tout comme mission de former de futurs travailleurs. Ses seules missions sont d’instruire, de donner les clés de la réflexion, de différentes méthodologies et de l’esprit critique.

Lorsque j’enseignais à l’université et en école d’ingénieur, je ne formais pas à un ou plusieurs métiers car ce n’était justement pas mon rôle. À l’époque de mes parents en France, et toujours aujourd’hui dans d’autres pays comme au Japon, on estimait normal que ce soit les entreprises qui forment les nouveaux employés tout juste sortis du supérieur. Maintenant, elles sont de plus en plus à s’attendre à ce que les jeunes diplômées et diplômés soient “prêts à l’emploi”, ce qui est problématique car cela induit un enseignement inculquant une connaissance superficielle d’outils du moment plutôt que la compréhension profonde de leurs mécanismes inhérents.

Comme le disait Edsger Dijkstra, informaticien à l’influence majeure à la naissance de l’informatique : “Le rôle de l’Université n’est pas de fournir à la société ce qu’elle demande, mais ce dont elle a besoin”.


#9

@Guillaume_D c’est en effet ce qui polarise le débat en France, et tu as raison sur le fait qu’il faut clairement définir le point d’accord que l’on a sur ce que sont les enjeux de l’école.
Mon point de vue rejoint celui de @Flo y compris comme enseignant en lycée professionnel je ne comprends pourquoi on nous demande de former des jeunes sur des pratiques professionnelles qui seront rapidement obsolètes. Par exemple, je forme des jeunes à la mécanique automobile / poids lourd - hors, nous savons tous qu’entre maintenant et probablement dans une quinzaine d’années sinon moins ils auront des technologies complètement différente. Pour autant les bases techniques resteront les mêmes, et c’est ce que je m’attache à enseigner envers et contre tout bien souvent ! Plus encore, Blanquer a dépouillé ce qui reste d’enseignement général et donc renoncé à donner un minimum de culture aux jeunes qui se destinent de gré ou de force à des métiers disons plus manuels - c’est dire la considération qu’il a pour ces professions.
Depuis 20 ans que je suis professeur en lycée professionnel les gouvernements successifs font la promotion de l’apprentissage, il faut bien le dire contre l’enseignement professionnel. Ce que nos technocrates n’ont pas compris c’est que leurs amis dans les entreprises cherchent bien souvent de la main d’œuvre à pas cher plutôt qu’une relève nécessaire et un renouveau de compétences, de techniques, … Certes, certains ont la volonté de transmettre et d’assurer la continuité mais beaucoup n’ayant aucune obligation ne s’astreignent pas au suivi et à l’évaluation continue du jeune en formation.
Pour autant, si je pense que l’école doit amener une élévation de l’esprit, elle doit aussi s’attacher à former des futurs adultes autonomes. C’est pourquoi je suis favorable à l’éducation intégrale qui enseigne sciences et les humanités mais également les pratiques de cuisine, de bricolage, de jardinage, les soins de bases, … une éducation dont les bases ont été jetées par Paul Robin et Sébastien Faure, et expérimentées dans l’orphelinat de Cempuis ou à la Ruche : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Ruche_(école)


#10

Pour info, la cuisine, le bricolage, la couture, etc… sont enseignés au Japon (pays où j’habite) du primaire au lycée. Ces cours qui peuvent sembler “farfelus/superflus” en France sont des incontournables ici. Il est tout à fait possible de les intégrer à un programme classique.


#11

Dans le même ordre d’idees, nul n’étant censé ignorer la loi, perso transformer les rares cours d’instruction civique en une véritable matière centrale dans les programmes me parait indispensable pour former des citoyens.


#12

Je pense personnellement que la philosophie, et disons dès le plus jeune âge une réflexion / débat sur des thématiques sociétales ou de l’actualité serait plus pertinentes pour développer l’esprit critique et favoriser la liberté d’expression. Il y a un côté “formatage” aux institutions dans l’instruction civique (et morale).


#13

La philosophie élargie à d’autres tranches d’âge je suis pour, et l’éducation civique comme enseignement des droits et devoirs liés à la citoyenneté, aussi.

De mon temps (dans les années 80) on avait au collège une matière nommée EMT (éducation manuelle et technique) où on faisait du bricolage, de la cuisine, de la couture, garçons et filles ensemble. Ca a existé avant d’être remplacé par du travail vraiment plus technique: initiation à l’électronique, à l’informatique.


#14

Oui, j’ai vécu ça aussi, mais c’était loin d’être l’idée de Sébastien Faure et de l’éducation intégrale qui visait plus qu’une initiation. D’ailleurs, je pense que la technologie qui nous entoure n’est pas suffisamment maîtrisée et s’inscrirait tout autant dans cette éducation intégrale.


#15

Moi je suis pour mais il faut trouver des enseignants ayant ces compétences et aussi de l’espace et les outils nécessaire pour ça. Le plus simple serait plutôt des lieux spécialement conçu pour ça et ce sont les élèves qui se déplacent pour des journées complètes quelques fois dans l’année [plus problématique dans les campagnes].

Enfin reste le problème de la sécurité et de la responsabilité, car impossible de surveiller 30 collégiens dans une cuisine. Ca va finir en blessure à coup sûr.


#16

Tout d’abord, il ne s’agit pas de faire des professionnels de la cuisine, du bricolage, du jardinage, comptabilité (pour gérer le budget familial), … Juste leur donner la capacité à se débrouiller dans la vie quotidienne.
Ensuite, il est évidement pas envisageable qu’ils soient 30 dans une classe, ce qui déjà une aberration pour les cours de français et de mathématiques - au passage, au collège dans les années 80’ nous n’étions pas 30 dans les cours d’E.M.T. mais en demi-groupe 12 ~ 15 élèves maximum.
Je n’ai pas bien compris pourquoi se serait plus problématique dans les campagnes ? Il y a justement l’espace pour reproduire des habitations moyennes avec jardin, poules, atelier, … Dans mon esprit, cela suppose de construire des établissements scolaires adaptés. Au lycée auto-géré de Paris (je ne sais pas s’il fonctionne toujours) les élèves et les profs font le repas le midi, donc il y a une autonomie de l’établissement.


#17

Je n’ai pas bien compris pourquoi se serait plus problématique dans les campagnes ?

J’étais toujours dans ma reflexion de faire des structures qui accueuilleraient des élèves (si il faut construire une pièce avec 15 plan de travail ça risque d’être compliqué). Autant dans les zones denses, ça fait que pas mal de collège peuvent se rendre dans ces structures sans trop devoir parcourir une grande distance, autant dans les campagnes les distances vont être plus longues.


#18

Je ne vois pas ça comme des cours classiques, il faut des instants de vie où certains font à manger, d’autres jardinent, … encadrer par deux ou trois adultes dans une espace ouvert.


#19

Je vois, du coup un peu comme le ménage qui est fait par tous les élèves de l’établissement dans certains pays. (qui pour le coup me parait quelque chose d’important à mettre en place. Je ne dis pas que ça va fonctionner, mais j’ai espoir pour que ça ait un impact positif important sur la société)

Bon après le soucis c’est que pour faire à manger il ne faut plus acheter du sodebo (moins de 2€ le repas) et donc multiplier par beaucoup les coûts du repas :smiley:


#20

Pas mal de chose que je lis me font penser à ce qui peut se pratiquer dans du hors contrat type Montessori.
De mon point de vue j’aime imaginer que l’école puisse nourrir les élèves par l’apprentissage afin que ceux-ci explorent la culture, la connaissance et fassent ce qu’il en veulent. Pour qu’ils, de manière grossière, ne fonctionnent plus à la carotte. Cela passerait par un changement assez radical de la méthode d’enseignement, de l’organisation des classes…le savoir des enseignants est riche mais mal mis en valeur, la capacité éducative (gestionnaire d’un groupe ) manquent a leur formation me semble t’il par contre.

Les principes pour l’école publique ne manquent pas de bonnes idées mais il manque une volonté politique de mettre en place