[5G : Élevons le débat] #3 De la société de consommation


#1

Bonjour tout le monde !

Ceci est le troisième volet d’ouverture du débat autour de la 5G, ayant lieu par là :

Ici, on vous propose de débattre du numérique en proie à la société de consommation, en partie dans la lignée du volet précédent (mais pas que !). En effet, il ne s’agit pas que de la 5G mais, de façon plus générale, de la tendance à consommer toujours plus, notamment d’équipements électroniques et de gadgets. Le marketing est sans aucun doute très fort pour nous pousser à consommer des gadgets en tout genre, engendrant de la pollution inutile comme cet exemple effarant de test de grossesse électronique. On peut également citer les problèmes d’obsolescence programmée, que ce soit sur le matériel ou bien sur le logiciel, obligeant les consommateurs à racheter régulièrement des équipements électroniques. C’est dans notre récente tribune que nous avons proposé de se pencher sur la question de la publicité qui d’une part prend de la place dans nos espaces réels et virtuels et d’autre part consomme de plus en plus d’énergie[1]. Nous avons aussi proposé de nous interroger quant à notre consommation, étendue aux objets numériques.

Alors, peut-on exiger des constructeurs et des développeurs de fournir des mises à jour logicielles sur une durée plus longue afin de dire « Halte à l’obsolescence programmée » ? Dans quelle mesure devons-nous réguler la publicité en termes de place IRL/IVL, de forme, de consommation des données personnelles ou encore d’incitation à la surconsommation ? Devons-nous questionner nos usages et besoins réels d’objets électroniques/numériques ?

EDIT : Les questions sont ici pour amorcer le débat mais ne doivent ni le restreindre ni s’imposer à vous :wink:



[1] https://wiki.partipirate.org/Interdiction_ecran_publicitaires_video


[Débat Ouvert] 5G : Élevons le débat
#2

Alors, peut-on exiger des constructeurs et des développeurs de fournir des mises à jour logicielles sur une durée plus longue afin de dire « Halte à l’obsolescence programmée » ?

Pas nécessairement, mais une bonne pratique serait de dissocier MAJ correctives et évolutives.
C’est une des précos de HOP dans leur livre blanc de février 2019 (la n°45)

D’ailleurs, vu le doc, je pense que les thématiques pourraient être entièrement reprises. C’est du boulot de qualité, qui n’est pas anti-innovation mais qui demande un certain nombre de garanties, et qui, pour chaque constat effectué, met en face une proposition associée, ce qui permet de faire avancer le débat.


#3

Pour celleux qui n’ont pas la motive pour lire tout le doc, voici les propositions :

Résumé

Acte 1 : Améliorer la conception

  1. Imposer le compteur d’usage pour stimuler le marché de l’occasion
  2. Prévoir des objectifs de durabilité pour les REP et éco-organismes
  3. Bonus – malus : exiger la transparence des éco-modulations
  4. Investir durable : modèles intemporels, modulables, low-tech et robustes
  5. Mesurer l’impact des modèles de production et de consommation durable
  6. Intégrer la durabilité dans le rapport de gestion de l’entreprise
  7. Bâtiment : imposer des normes minimales sur la durabilité
  8. Logement éco-conçu : mutualiser les équipements (laverie)
  9. Commande publique : prévoir des objectifs de durabilité des achats
  10. Interdire l’obsolescence programmée en Europe
  11. Elargir le droit d’alerte au thème de l’obsolescence programmée

Acte 2 : Permettre la réparation

  1. Démocratiser la réparation : créer un fonds RéparAction
  2. Sanctionner l’irréparabilité intentionnelle
  3. Imposer la disponibilité des pièces détachées
  4. Libéraliser l’accès aux pièces
  5. Partager les informations techniques aux réparateurs
  6. Réduire la TVA pour soutenir le secteur de la réparation
  7. Appliquer une garantie légale de 3 mois sur les réparations
  8. Développer les ateliers bénévoles de réparation
  9. Enseigner la réparation en cours de technologie

Acte 3 : Développer le marché de l’occasion

  1. Mettre en place le réemploi dans chaque déchetterie
  2. Soutenir financièrement les structures associatives du réemploi
  3. Développer des bricothèques
  4. Réutiliser les pièces détachées
  5. Soutenir le don et les “gratuiteries”
  6. Intégrer l’économie d’usage et le remploi dans la commande publique

Acte 4 : Consommer durable

  1. Créer un indice de durabilité et de réparabilité obligatoire
  2. Afficher la (non) disponibilité des pièces détachées
  3. Responsabiliser les publicitaires à la consommation responsable
  4. Appliquer une éco-taxe sur la publicité
  5. Sensibiliser aux impacts écologiques liés à la consommation
  6. Mobiliser les consommateurs pour la durabilité
  7. Cartographier les réparateurs et les acteurs du réemploi
  8. Créer une journée nationale de la consommation responsable

Acte 5 : Renforcer la garantie

  1. Garantir 5 ans les équipements électriques et électroniques
  2. Allonger la durée de garantie légale en fonction du prix
  3. Etudier l’impact d’une extension de la garantie légale
  4. Réparer plutôt qu’échanger à neuf sous garantie
  5. Charger un médiateur d’appliquer les garanties
  6. Faciliter la preuve de l’achat d’un bien
  7. Mieux communiquer sur les types de garanties
  8. Sanctionner l’absence d’information

Acte 6 : Lutter contre l’obsolescence logicielle

  1. Imposer la réversibilité des mises à jour logicielles
  2. Service d’intérêt public : zéro obsolescence logicielle
  3. Dissocier les mises à jour correctives et évolutives
  4. Imposer la mise à disposition des outils logiciels indispensables
  5. Innover sur la durée de vie des logiciels
  6. Ouvrir le code des logiciels après la fin de leur support technique
  7. Former au numérique responsable
  8. Etudier l’impact écologique et social des objets connectés

#4

Salut,

Je viens de lire la synthèse du rapport Big corpo « Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique » (juin 2020
https://sp-im.org/)
Ce qu’il y a dans le programme du PP: https://wiki.partipirate.fr/Interdiction_ecran_publicitaires_video

Après avoir décrit les stratégies de com des multinationales et fait le lien entre surconsommation et publicités, il propose un certain nombre de propositions (p20). Je vous copie-colle ici le volet 1 (sur 4) de ces mesures:

Volet 1 : Redéfinir le cadre des activités publicitaires acceptables

Résumé

Il est devenu impératif de réaffirmer quels sont les espaces, les supports et les produits qui, pour respecter des libertés individuelles ou préserver l’intérêt général, ne peuvent être l’objet d’activités publicitaires.

a)Protéger nos espaces publics, sanctuariser le secteur public

_ Interdire, ou du moins encadrer sévèrement les publicités intrusives, agressives et/ou polluantes (souvent par leur support) : publicités rétroéclairées, écrans animés visibles depuis l’espace public, tags au sol, publicités sur le patrimoine et les monuments historiques (bâches géantes ou nommage)

_ Mettre fin à l’omniprésence des supports publicitaires tolérés dans l’espace public, en créant des espaces sanctuarisés, et dans le reste de la ville, en limitant leur taille et leur densité moyenne (par exemple, des affiches de taille maximale 50x70cm et de densité moyenne d’1 pour 2000 habitants en zone urbaine, comme pour l’affichage associatif)

_ Réaffirmer la sanctuarisation de l’éducation nationale en annulant la circulaire établissant le « code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire », et d’ouvrir un débat relatif aux enjeux des partenariats entre les universités et les grandes entreprises en particulier pour certains secteurs industriels

_ Renforcer les médias du service public, en leur assurant une indépendance financière totale vis-à-vis des annonceurs. Ces politiques doivent être mises en œuvre en s’appuyant sur la mobilisation d’autres financements (y compris au moyen de la refiscalisation du marché de la publicité) pour garantir les bonnes conditions de mise en œuvre des missions de ces médias. (Vérifier l’adéquation avec la proposition de reforme de la presse écrite de @Bibo)

b) Protéger nos jeunes, notre « attention », nos données et nos espaces personnels

_Engager une politique de protection des plus jeunes, en interdisant les stratégies publicitaires et marketing dirigées vers les enfants, notamment par le biais des programmes jeunesse ; en luttant contre l’augmentation de leur temps d’exposition aux écrans y compris en limitant rigoureusement leur présence dans l’enseignement primaire et secondaire

_ Renforcer la protection des données personnelles et le respect du consentement éclairés des individus en soutenant la mission de la CNIL pour une application rigoureuse de la directive RGPD, et en l’habilitant à lutter contre les stratégies de capture de l’attention par le design persuasif. Plus généralement, la construction d’une vision politique à long terme pour une économie des données personnelles au service de l’intérêt général sera nécessaire

_ Réduire la pollution des prospectus dans les boîtes aux lettres en appliquant l’article R633-6 du Code pénal qui sanctionne l’abandon de déchets dans un lieu privé, puis de normaliser le principe « Ouipub » n’autorisant la publicité dans les boîtes aux lettres et par démarchage téléphonique qu’aux citoyens qui auront explicitement donné leur accord préalable.

c) Adopter des « lois Evin » pour le climat et contre la malbouffe

Interdiction, totale ou partielle, de la publicité et du marketing pour certains produits, notamment les suivants qui sont tous l’objet de dépenses de communication commerciale particulièrement importantes :

_ Les SUV et autres véhicules motorisés individuels particulièrement lourds dont le taux d’émission est supérieur aux objectifs de l’UE horizon 2030 (soit 59g de CO2 par km)

_ Les voyages en avion à très haute intensité carbone, comme les trajets sur une courte distance (vols intérieurs) ou les voyages sur une courte durée (aller-retour pour une fin de semaine)

_ Les offres de la restauration rapide, qui sert ses repas dans des conditionnements jetables et produit massivement des déchets tout en étant source de problèmes sanitaires (obésité)

_ Les produits trop gras, trop sucrés, trop salés dont l’impact est négatif pour la santé publique, notamment en ce qui concerne l’obésité infantile persistante à l’âge adulte

_ Les bouteilles d’eau en plastique jetables, sources importantes de déchets et particulièrement inutiles dans un pays où l’accès à l’eau potable est garanti

_ Le textile d’habillement, et plus précisément l’industrie de la fast fashion dont le modèle de renouvellement très rapide des produits est responsable d’émissions massives de CO2, d’une consommation d’eau insoutenable et de conditions de travail inacceptables

_ Les smartphones , que 88 % des français changent lorsqu’ils fonctionnent encore: les impacts sociaux et environnementaux sur tout le cycle de vie sont dramatiques.

d) Organiser la transparence sur les activités de communication et d’influence des entreprises

Le répertoire des « représentants d’intérêts » mis en place dans le cadre de la loi Sapin 2 repose sur une vision étroite et restrictive des activités de « lobbying », qui n’inclut pas les activités de communication et de relations publiques ni les dépenses visant à influencer l’opinion. Il paraît nécessaire de :

_ Rendre publiques et accessibles les principales informations relatives aux dépenses et activités de communication des entreprises, en instaurant dans le rapport financier une nomenclature unique permettant d’accéder à un certain niveau de détail

_Imposer la déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique de l’ensemble des dépenses et activités engagées dans des campagnes d’influence politique par les entreprises (sur le modèle du Lobby Act en vigueur aux Etats-Unis) : relations presse, relations publiques, communication et publicité corporate , mobilisations numériques ( community management en anglais), études d’opinion, sponsoring

NB: Les rares tentatives de légiférer dans ce domaine (par exemple les amendements de Delphine Batho et Mathieu Orphelin sur les véhicules émetteurs) se sont vues refuser pour atteinte à la liberté d’entreprendre des entreprises alors qu’en janvier dernier le Conseil constitutionnel a confirmé le caractère constitutionnel de la protection de l’environnement, qui pouvait ainsi justifier sous certaines conditions, des atteintes à la liberté d’entreprendre.

Dans l’autre thread, une tentative d’imposer une certification REP sur certains produits s’était vue refuser pour atteinte à la propriété privée.

En Suisse, les jeune écolos avaient proposé de limiter la cylindré des véhicules. Cela a été considéré comme une atteinte à la liberté individuelle…