Traçage des individus


#1

Bonjour je me permets de lancer un sujet sur le traçage des individus. Cela peut être utile au contrôle du développement du covid 19 mais met en péril notre liberté de mouvement. Je serai ravi d’avoir votre sentiment sur le sujet bien à vous, Bengt


#2

pour alimenter le sujet :

edit pour compléter :


#3

Bonjour,

Pour ma part j’ai de forts doutes sur l’efficacité même d’une telle application quand on sait que pour fonctionner elle doit être utilisée par un grand nombre de personnes.

Ton document d’analyse de risques est intéressant car il a le mérite de parler de scénarios de faux positifs, de détournement de l’application. Et je trouve cela inquiétant que malgré ces éléments qui questionnent légitiment l’intérêt et les risques à mettre en place une solution de tracing on persiste tout de même.

Je trouve que c’est au mieux une solution de communication dans une vague solutionniste numérique pour rassurer la population (Je vous conseille la lecture de : Pour tout résoudre cliquez ici de Morozov). On n’a pas de traitement, pas de vaccins, pas de matériels mais tout est ok on a une appli ! Comme une vague agitation pour se dire qu’on peut faire quelque chose face à une épidémie alors qu’on a coupé les crédits de recherche, mis sous une pression indigne les personnels soignants avant même cette situation de pandémie.

Le gouvernement nous propose dans une situation particulièrement anxiogène une application de flicage numérique, met la pression sur les OS monopolisant de nos smartphones pour modifier des protocoles dans un bras de fer censé nous faire croire qu’il est là pour garantir notre souveraineté numérique.
Et nous, plongés en plein coeur de nos angoisses, l’espoir dans le caniveau, on vas accepter cette main tendue qui n’a pour objectif que de mettre nos libertés sur le trottoir.

Ça sera sur la base du volontariat : oui mais pour combien de temps ?
Une utilisation temporaire : jusqu’à quand ?
On parle de le coupler avec un “dossier de santé” pour assurer la sécurité. Du coup je m’interroge on parle du DMP ? Autre chose ? Ça sera accessible à qui ?

Beaucoup de questions … Et un délai hyper court sur la prise de décision de ces applications et les réflexions qu’elles devraient engendrer.

Je pense que nous aussi (les individus dans leur ensemble) nous avons été mal préparés à cette situation alors que nous avions également en face de nous tous les signes d’une pandémie liberticide.

PS : ah oui et j’ai oublié de mentionner Gendnote dont on parlait juste avant le confinement aussi qui pose aussi question … Et on oublie pas aussi tous les décrets d’urgence en cours…


#4

Pour les scientifiques, l’inquiétude s’appelle Rt, le taux de transmission effectif.
Avec le confinement, on est arrivé à Rt=0.8. 10 personnes atteintes du Covid19 le transmettent en moyenne à 8 personnes, ce qui fait que le nombre de malades diminue.
Si on a Rt=1,1 on a une croissance exponentielle et l"epidemie repart.
Le problème est donc de maintenir Rt<1 sans confiner toute la population.
Selon certains chercheurs R0=5,7 (c’est-à-dire le taux de transmission si on ne fait rien… 10 personnes contaminent en moyenne 57 personnes).

Une application qui permettrait de confiner uniquement les malades pourrait résoudre ce problème. Idéalement, il faudrait tester toute personne 5 jours après qu’elle ait été en contact avec un malade (le temps que le virus soit présent dans le nez). Et pendant ces 5 jours, il faudrait confiner la personne tant que le test n’a pas été fait.

Dans son avis du 20 avril, le conseil scientifique indique qu’une telle application est un préalable à la sortie du confinement.

Une application qui permettrait de retracer les contacts d’une personne porteuse du Covid19 aiderait à diminuer Rt, un tout petit peu si une faible partie de la population l’utilise, de manière efficace si et seulement si 60% de la population l’a téléchargée.
Or 70% de la population possède un téléphone portable. La seule solution est donc de rendre l’application obligatoire, même si c’est contraire au RGPD (cf note 6 dans l’avis du 20 avril).

Dans son avis du 26 avril, la CNIL indique que l’utilisation de l’application doit être basée sur le volontariat.
https://www.cnil.fr/fr/publication-de-lavis-de-la-cnil-sur-le-projet-dapplication-mobile-stopcovid

En Chine ou en Corée du Sud, l’utilisation de l’application à été complètée par un réseau d’enquêteurs qui vont interroger les malades sur ses contacts, ses déplacements au cours des 14 derniers jours. Par exemple si un enfant (qui n’a pas de smartphone) est malade, on va tester sa famille, les élèves de sa classe, etc…
Cela nécessite de recruter énormément des personnes. Voir par exemple l’étude sérologique de l’institut Pasteur.

Que l’information “vous avez été en contact avec une personne porteuse du Covid19” me soit donnée par une application ou par un humain, que puis-je faire de ce signal ? Ce n’est pas un signe que je suis malade.

Comme l’explique Hubert Guillaud, le risque de signose et de glissement est énorme :
https://framablog.org/2020/04/10/stopcovid-le-double-risque-de-la-signose-et-du-glissement/

Par conséquent, pourquoi télécharger une application qui ne m’apporte aucune information et me coûtera très cher en terme de liberté individuelle ?