Exactement, comme le dit @Bibo, l’agriculture de conservation, c’est trois piliers (diminution voire arrêt du travail du sol, rotations et introduction de cultures intermédiaires pour que le sol ne soit jamais nu) : c’est ça le cadre et il est clairement défini (depuis 2011, par la FAO notamment).
Ces piliers laissent le champ libre sur plein de choses, dont notamment l’usage ou pas de produits phytosanitaires : de mon point de vue, ça n’est pas un oubli mais quelque chose de volontaire. Je partage l’idée de vouloir réduire, voire à terme arrêter, les produits phytos, mais à ma connaissance, en France, l’Agriculture de Conservation + Biologique n’est pas encore au point : nous ne savons pas faire.
Ce que j’entend par pas encore au point :
L’agriculture de conservation (respect des trois piliers), lorsqu’elle est maitrisée ne semble pas avoir d’impact négatif sur le rendement par rapport à l’agriculture conventionnelle. J’insiste sur respect des 3 piliers : si on arrête juste de labourer mais qu’on ne repense pas son système, ça ne marche pas MAIS ça n’est pas non plus de l’agriculture de conservation (juste du non labour ou du non travail du sol, c’est différent).
Pour moi, ça semble tellement évident que si on arrête de labourer on repense son système et on introduit rotations et couverts que j’ai parfois pu faire l’amalgamme non travail du sol ~ agriculture de conservation. Je m’en rend compte quand je vois qu’on parle d’agroécologie pour les systèmes d’Amérique du Sud (un système qui tourne à la semence OGM brevetée, au phyto de la firme qui vend la semence, avec de la grosse mécanisation et accaparement des terres, pour moi, ces systèmes ne peuvent pas être qualifiés d’agroécologiques).
En France, il y a quelques personnes qui essaient Agriculture de Conservation + Agriculture Biologique, mais il semble que dans ce cas, le rendement chute fortement.
Il me semble qu’on a fait l’hypothèse implicite de maintenir le rendement a peu ou prou le niveau actuel et que donc, si on définit ça comme un objectif, alors le mix agriculture de conservation ET biologique n’est pas une solution possible aujourd’hui (alors que l’agriculture bio OU de conservation, prises individuellement et sous certaines conditions, n’ont pas cet inconvénient).