Questions et ajouts possibles sur l'amendement sur les protections hygiéniques


#1

Suite du sujet Débats 2019-06 : Un remboursement des protections hygiéniques pour mettre fin à la précarité menstruelle et établir une meilleure équité :

Bonsoir à tous ! J’ai fait un tour sur ce sujet récemment, et je me suis demandé pourquoi les protections jetables ne serait remboursée qu’à 80%, alors que c’est notamment les populations les plus précaires qui en ont le plus besoin, ne serait-il pas plus logique de rembourser toutes les protections à 100% ? De faire des campagnes dans les écoles afin d’offrir directement aux collégiennes des protections en tissu réutilisable par exemple ? (cette idée a déjà été mise en place à Lille à l’Université où des protections réutilisables ont été fournies à toutes les étudiantes)
Je me demandais s’il était aussi possible d’étendre cet amendement au remboursement des différentes méthodes contraceptives, que ce soit masculine ou féminine. Afin de permettre à chacun, même aux plus précaires, de pouvoir :

  1. se protéger correctement des IST/MST, et éviter ainsi des maladies qui coûtent beaucoup plus à rembourser qu’un contraceptif
  2. éviter des avortements qui coûtent aussi beaucoup plus chers à rembourser pour la sécu
  3. aider les femmes à se soulager de la charge mentale de la contraception (type pilule) et harmoniser les choses pour faire en sorte que les hommes puissent songer plus souvent aux solutions contraceptives qui les concernent

Si vous avez d’autres idées à ajouter, et que vous pouvez répondre à mes interrogations, n’hésitez pas à répondre !
Merci de m’avoir lu !


#2

L’idée était de rendre le réutilisable plus attractif et ainsi avoir une vision un peu plus écologiste que simplement pragmatique.


#3

Mais du coup, vu que la motion proposait de changer la composition des protections hygiéniques, pourquoi pas juste faire en sorte que les protections à usage unique soient simplement plus écologiques ? Du type bio dégradables etc, puisque les protections réutilisables ne conviennent pas à tout le monde, selon son type de vie ou son flux de règles, c’est pas forcément possible d’utiliser des protections réutilisables pour certaines personnes.


#4

Alors parce que c’est pas magique, et que bio ne veut pas dire plus sain. Ça veut dire vraiment faire de la recherche dessus.

Mais je vais m’autociter de mon argument sur congressus : https://congressus.partipirate.org/construction_motion.php?motionId=1583&chatId=3489

Au risque de me répéter toutes ne savent pas, toutes ne sont pas éduquées, toutes n’arriveront pas à changer leurs habitudes. Pour moi il serait plus sage d’avoir un échéancier où on rembourse aussi le jetable vers un non remboursement assorti de clause éducative et d’aides.

Ou encore :

Pour ma part ça devrait être à 100% pour toutes les raisons sus-mentionnées… jusqu’à ce qu’on ait des solutions pérennes en écologique et/ou l’éducation suffisante pour se passer des solutions les moins soutenables.


#5

Pour le 100% remboursable pour tout VS 100% pour le réutilisable / 80% pour le jetable, j’étais pour un 100% inconditionnel, l’Assemblée Permanente en a décidé autrement pour des raisons basées sur l’impact environnemental plutôt que le social.

Quant à l’extrait cité, la façon dont est tournée la phrase me laisse entendre que puisque je préfère le jetable, alors cela doit vraisemblablement signifier que je ne suis pas éduquée (deal with it).
J’avais surement dû exposer une partie des raisons du pourquoi je préfère le jetable, mais en résumé, je préfère le jetable précisément parce que je peux jeter ma serviette (degueu’) après usage.


#6

Effectivement le côté remboursement pourrait être inconditionnel.
J’ai pas de mémoire donc je ne me souviens plus de quel côté je penchais.

Mais je reste open à toute discussion sur ce changement possible.

Pour ce qui est des autres points : certains moyens contraceptif sont remboursés en partie ou en totalité. L’accès gratuit est étendue pour les mineures avec des consultations et d’autre moyens contraceptif inclus.

Concrètement continuer à ouvrir les remboursements a d’autres dispositifs pourquoi pas surtout vu les effets que peuvent avoir les dispositifs hormonaux.

Mais je pense que cela aussi doit s’accompagner d’un travail publique de prévention, D’éducation à la sexualité car il me semble que le premier frein d’accès à la contraception n’est pas le coût de celle ci (attention pas pour tout le monde ) mais plutôt un frein, un tabou social.

Et en France on est …comment le dire Poliment… à la ramasse complet.

Donc rembourser à 100% ne servira que tres peux si on ne libère pas la parole sur la sexualité, l’intime dans notre société. Et malheureusement je pense que cela doit passer par des directives de politique de santé publique qui accompagne, normalise et libère la sexualité de son carcan.


#7

Pour aller dans ton sens (et pour raconter ma vie), en France, j’ai le sentiment qu’en terme de contraception féminine, c’est très “la pilule ou rien”.

J’ai vu 3 gynécos (trop tôt). Parmi ces 3 gynécos, la première n’a accepté de me prescrire la pilule que parce que j’avais mis en avant la raison “acné”, parce qu’une personne de mon âge n’a de toute façon pas besoin de contraceptif, n’est-ce pas ?

La seconde m’a prescrit une pilule, à condition qu’elle puisse faire un examen. J’avais besoin de la pilule, j’ai fait l’examen.

J’ai demandé à la troisième une autre contraception, car j’avais tendance à oublier la pilule à peu près une fois tous les 15 jours (on m’avait dit 5 jours avant et 10 jours après sans qu’elle fasse effet suite à un oubli, je vous laisse faire les comptes). Je lui explique, elle me rétorque “et bien vous apprendrez à ne pas l’oublier !”

Un peu refroidie, la consultation suivante s’est faite au planning. Je lui explique le passif. Elle me dit “et aucune ne vous a conseillé de prendre la pilule le matin ? Si vous l’oubliez à 8h au lever, vous pouvez passer chez vous à la pause de 10h, ça résoudrait le problème. Si vous la prenez le soir, vous oubliez, vous dormez, et c’est trop tard”. Pas con. J’y avais jamais pensé. Elle finit par me présenter l’intégralité des méthodes contraceptives, et on opte pour un implant.

Il m’aura donc fallu 4 gynécos et autant d’années pour trouver une contraception adaptée, principalement dû au fait que les autres savaient mieux que moi ce qui était bon pour moi (les 4 étaient des femmes). Et plus encore pour reprendre de mon plein gré un RDV (avec une sage-femme, un/e gynéco, je ne suis toujours pas prête).

Je fais changer mon implant quand il le faut par mon médecin généraliste, qui part du principe que si je lui dit que c’est le contraceptif adapté, il me croit, me le change et me le prescrit quand nécessaire (j’ai essuyé un grand nombre de refus quand j’ai cherché un généraliste pour me retirer mon implant, alors qu’il s’agit ni plus ni moins d’un retrait de corps étranger, la réponse était prenez RDV chez un gynéco. Mais c’est pas les mêmes délais)

Cette tranche de vie pour dire que je rejoins complètement Be1664, le remboursement oui, l’évolution des mentalités, encore plus (même si ça n’a pas de prix) !


#8

Tu touches encore un point sensible Et je suis désolé du parcours que pleins de personnes peuvent avoir face à certaines pratiques médicale.

La sexualité et la pratique médicale, on est face à un lourd passif bien ancré dans la société, et c’est pire quand il s’agite de la sexualité chez la femme.

On navigue entre un héritage très Hiérarchisé patriarcal où la personne est objet, le médecin est seul juge (sachant et décideur) et une pratique (qui se cherche encore) plus ouverte, avec une interaction plus harmonieuse entre la personne et le corps médical.

C’est pour ça que je soutiens que sur le fond le travail de semence sur l’égalité des sexes, des genres doit être fait par l’état car la population ne peut y arriver seule.

On peut faire une analogie avec le rôle de l’état dans l’instruction obligatoire des enfants. Aujourd’hui cela est considéré par une majeure parti comme une évidence ce n’était pas le cas il y a à peine 100ans. Les mentalités ont évolué par le prisme de plusieurs volontés gouvernementales .

Bref comme d’hab je dérape, les protections 100% ? Yes .


#9

Peut être réagir à ce thread ? :


#10

Quand je parlais du remboursement des contraceptifs, je comptais aussi ajouter un point sur l’éducation et sur la démocratisation des différents contraceptifs, afin de former les médecins mais aussi le public à ces nouvelles contraceptions, afin de permettre à tous.tes d’avoir la contraception qui convient à leur mode de vie !

Je suis content de voir que les gens sont plutôt favorable aux remboursements à 100%, si vous avez d’autres idées à ajouter à cette motion, n’hésitez pas, et je commencerai le travail de réécriture avec ces différents points la semaine prochaine. Je comptais renommer cette motion “Accès aux produits de première nécessité pour la santé”, qu’en pensez-vous ?

Merci à tous.tes pour vos réponses !


#11

Avec une petite présentation des dispositifs en question ? (ou des liens renvoyant vers une présentation des dispositifs en question ?) :purple_heart: