L'Eurovision est-elle autre chose que politique?

Le 11 mai 2024 se tenait la finale du Concours à Malmö en Suède.
Quand on est Pirate, profiter de l’Eurovision pour faire une réunion publique, parler de notre programme commun aux Européennes, puis faire une petite conférence sur l’histoire de la politique de ce concours, … ça n’a pas été un choix forcément lisible pour tout le monde.

Donc je met à profit notre bel outil Discourse pour vous mettre le contenu de la présentation d’hier qui consistait à pointer qu’il n’est pas exact de dire que « la politique s’imisce parfois dans l’Eurovision » car « l’Eurovision n’est que de la politique », en tous cas de la diplomatie publique appelée également Soft Power. C’est pourquoi il n’est pas du tout inutile de s’y attarder pour mieux comprendre notre monde.

Bonne lecture et à dispo pour améliorer ce contenu pour une prochaine édition !


Intro : pourquoi avoir choisi de parler d’Eurovision et de politique ?

« L’Eurovision, c’est un miroir de ce qu’est l’Europe, de ses conflits et de ses solidarités » (Pr Cyril Bret, 2022)

Pour la France, ça pourrait être un outil de rayonnement comme sait le faire la Suède, mais sans victoire depuis 1977, c’est inaudible.

Cette année, le contexte est particulièrement douloureux avec la catastrophe humanitaire en cours à Gaza, assumée par le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou qui néglige par la même occasion le sort des otages de l’organisation terroriste du hamas.

Le Parti Pirate préfère se réunir et parler de ces questions, plutôt que de boycotter.

Il-ne-faut-jamais-arrêter-de-vivre-et-de-parler, mais il faut le faire avec dignité.

Voici quelques notes dont je serais heureuse de discuter avec vous…

La naissance du concours de l’Eurovision

Création en 1955 par l’UER, Union européenne de radio-télévision, avec une volonté d’être apolitique, mais c’est plus fort que ça : c’est de la soft politique !

Première édition : Concours Eurovision de la chanson 1956, officiellement le Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne 1956 à Lugano avec 7 pays pour rassembler les anciens belligérants de la 2nde guerre mondialeAllemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse

Seuls des artistes en solo furent admis à concourir. Toute chorégraphie était interdite.

Et surtout, chaque pays put présenter deux chansons.
L’entracte fut fourni par deux groupes : les Joyeux Rossignols et les Trois Ménestrels3.
La première édition fut remportée par la Suisse, Lys Assia. Le vote des jurés se tint à huis clos.
Les résultats complets ne furent jamais publiés et les bulletins de vote, détruits immédiatement.

Les règles de l’Union européenne de radio-télévision

Les chanteurs ne concourent pas en leur nom, mais au nom d’une adhésion à l’UER.
L’Union européenne de radio-télévision est une organisation internationale créée en 1950, la plus importante association professionnelle de radiodiffuseurs nationaux dans le monde avec 113 organisations membres dans 56 pays d’Europe, d’Afrique du Nord et du Proche-Orient, et 31 affiliés dans 20 pays d’autres régions du monde.

Installée à Genève, elle agit pour le compte de ses membres, négocie les droits de diffusion des grands événements sportifs, et organise notamment le concours Eurovision de la chanson.

Le couronnement d’Élisabeth II est la première retransmission simultanée au Royaume-Uni, en France, en Belgique, en Allemagne de l’Ouest, au Danemark et aux Pays-Bas, le 2 juin 1953, ce qui marque la naissance de l’Eurovision.

L’UER fusionne en 1993 avec l’Organisation internationale de radiodiffusion et de télévision (OIRT), l’ancienne union des radiodiffuseurs de l’Europe de l’Est. Les années 2000 sont marquées par l’adhésion des États du Caucase (Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan).

Il y a les règles officielles, mais aussi les règles non écrites… La question du biais des votes du public a fait l’objet de nombreuses études.

Toutes ont prouvé l’existence de blocs de pays qui ne votent quasiment que pour eux… l’enjeu de la diplomatie pour un pays qui souhaite gagner, c’est de parvenir à obtenir une partie des votes des blocs.

  • celui des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède) ;
  • celui des anciennes républiques yougoslaves (Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie, Slovénie) ;
  • celui des anciennes républiques soviétiques (Biélorussie, Russie, Ukraine et dans une moindre mesure Géorgie, Azerbaïdjan et Arménie).
  • certains couples de pays fonctionnant à la manière d’un bloc, dont le plus flagrant est celui formé par Chypre et la Grèce

La portée de l’Eurovision : fierté des 90’s

  • les pays du bloc soviétiques veulent absolument participer à la compétition pour montrer qu’ils appartiennent à l’Occident et ne sont plus sous le joug soviétique.

L’Estonie est indépendante en 1991 et rejoint l’UER en 1993 puis participe pour la 1ère fois en 1994 où ils sont 5ème : c’est une fête nationale.
Ils gagnent en 2001 (avec Tanel Padar & Dave Benton chantant « Everybody »), trois avant l’entrée dans l’Union Européenne : le Président estonien déclare : « nous nous sommes libérés de l’URSS par la chanson, nous chanterons notre chemin vers l’Europe ! »

  • Phénomène Dana International

C’est en 1998, six ans après sa transition, que le rêve de Dana devient réalité. Elle remporte cette année-là le Concours Eurovision de la chanson à Birmingham avec le titre Diva (interprétée en hébreu, langue nationale, comme l’impose la règle entre 1976 et 1999).
En plus d’un succès personnel, le single sera vendus à 400 000 exemplaires et deviendra culte.

Elle fut la première artiste trans a participer et à gagner (en plus) le concours. Cette visibilité sur la communauté LGBT a fait bouger les mentalités, mais elle fut menacée de mort notamment par des juifs orthodoxes, et fut mise sous protection.

On reviendra plus tard sur la question spécifique de la visibilité des Diversités.

La tension des années 2000

Déjà en 1975, la Grèce s’était mise en retrait pour protester contre l’intégration de la Turquie, qui a envahi Chypre l’année précédente. En 1976, c’est l’inverse qui se produit et la Turquie ne revient pas, tandis que la Grèce retrouve le concours avec une chanson qui sonne comme une critique de l’invasion de Chypre par la Turquie.

Le texte, qui parle de « tentes de réfugiés », de « ruines » et de brûlures au « napalm », laisse peu de place au doute. Si l’Eurovision et les Pays-Bas qui accueillent le concours cette année-là laissent passer la chanson, la Turquie, en retransmettant le programme, censure le passage de la Grèce.

Mais c’est surtout dans les années 2000 après la dissolution du bloc soviétique que l’évidence fait jour : le concours est évidemment politique !

Ukraine / Russie

En 2007, l’Ukraine choisit d’être représentée par la drag queen Verka Serduchka et sa chanson Dancing Lasha Tumbai, de nombreux observateurs notent que les mots « Lasha Tumbai », répétés plusieurs fois dans cette chanson mêlant anglais, allemand, russe et ukrainien, sonnent à l’oreille comme « Russia, goodbye ». Verka Serdushka s’en défend, assurant qu’il s’agit d’un terme mongol pour dire « crème fouettée » !

Russie / Géorgie

L’organisation du concours par la Russie en 2009 est tendue : en guerre contre la Géorgie moins d’un an plus tôt, la Russie accuse cette dernière de ne pas respecter l’apolitisme imposé par le règlement dans sa chanson.
Le titre, notamment, pose problème: « We Don’t Want To Put In » peut se comprendre comme « Nous ne voulons pas de Poutine ». La Géorgie refuse de changer les paroles et le titre et se retire du concours, mais la chanson connaît un véritable succès en Europe de l’Est.

Arménie / Azerbaidjan

Alors que l’Arménie commémore en 2015 les cent ans de son génocide, elle se fait représenter à l’Eurovision par le groupe Genealogy et sa chanson Don’t Deny (« Ne niez pas »).
Le morceau s’attire les critiques de l’Azerbaïdjan et de la Turquie, qui y voient une condamnation de leur propre refus de reconnaître le génocide, mais l’UER décide de le garder.
Le titre est néanmoins remplacé par Face the Shadow (« regardez les ténèbres en face ») mais le texte reste intact, et les paroles « ne niez pas » ne quittent pas le refrain.

Ukraine / Russie, 2016

L’Ukraine est représentée cette année-là par Jamala, Tatare de Crimée, et sa chanson 1944.
Un texte qui commémore la déportation stalinienne subie par son peuple :
Du 18 au 20 mai 1944, la quasi-totalité des Tatars de Crimée, peuple musulman d’origine turque alors accusé par Staline d’avoir collaboré avec les nazis, ont été entassés dans des wagons de marchandises et déportés, la plupart en Asie centrale où la moitié d’entre eux sont morts.
Parmi eux se trouvaient l’arrière-grande-mère de Jamala avec ses quatre fils et sa fille. Son mari combattait alors les nazis dans les rangs de l’armée soviétique. La famille a été « enfermée dans un wagon de marchandises, comme des bêtes, sans eau, sans nourriture et expédiée vers l’Asie centrale », raconte l’artiste. Rien que pendant ce voyage, environ 8.000 personnes sont mortes de soif et de la typhoïde.
Quand la chanteuse remporte la victoire alors que la Russie était ultra favorite, plusieurs officiels russes menacent de boycotter le concours l’année suivante à Kiev. Ils tenteront finalement d’y participer, mais un autre problème survient: leur chanteuse Ioulia Samoïlova est interdite d’entrer en Ukraine, et la délégation russe refuse une participation à distance.

La Russie se retire donc de l’Eurovision… l’année suivante, la Russie revient !

En 2022, elle sera exclue après l’invasion de l’Ukraine… qui gagna à nouveau le concours, mais sans pouvoir en assumer l’organisation. C’est Liverpool qui prendra le relais.

Affaires des drapeaux de 2016…

En 2016, les membres de l’UER ont tenté de gardé secrète une liste des drapeaux autorisés dans laquelle ils proscrivent les drapeaux publicitaires, mais aussi notamment les étendards régionaux et provinciaux (illustrant ainsi leur exemple avec le drapeau basque ou bretons), ainsi que ceux « contenant ou représentant des états que les organisateurs considèrent comme politiques ou religieux en particulier les drapeaux de territoires disputés », comme le drapeau du Kosovo ou bien de la Palestine. Enfin, le drapeau de l’Etat Islamique, « strictement interdit ».
Les indépendantistes corses réagissent immédiatement : « La pire des choses est que notre drapeau soit placé au même rang que celui des terroristes de l’organisation Etat islamique ».

L’UER est revenue en arrière : que les drapeaux des pays participants reconnus par l’ONU, le drapeau arc-en-ciel et l’Union européenne.
Arménie a eu amende pour avoir sorti le drapeau de la République du Haut-Karabagh qui lutte pour son indépendance…

Brexit

En 2018, la chanteuse britannique SuRie est interrompue durant sa prestation par un homme qui est monté sur scène et qui lui a pris son micro. Il voulait protester contre la présence du Royaume-Uni malgré le Brexit, déclarant dans le micro de la chanteuse : « Modern Nazis of The UK media, we demand freedom! War is not peace! » (en français : « Les médias modernes nazis du Royaume-Uni, nous exigeons la liberté ! La guerre n’est pas la paix ! »)

Eurovision Queer

L’Eurovision est un miroir de l’Europe et un témoin – voir un acteur – de son temps.
La lutte pour l’égalité des droits a rallié du soutien, mais a cristallisé des oppositions.

Les trois D de l’Eurovision : Danse, Disco et Divas … ou Dana.

« Dans les années 1990, il y a une association qui est établie entre l’Eurovision et l’identité gay, sur le plan des fans », analyse Catherine Baker, historienne du XXe siècle à l’université de Hull, en Grande-Bretagne.

Sur scène, la bascule s’opère à peu près au même moment. En 1997, le concours compte pour la première fois un candidat ouvertement gay, l’Islandais Paul Oscar. Et l’année suivante surtout, la chanteuse transgenre israélienne Dana International remporte le concours avec « Diva ».

Cette nouvelle visibilité donnée à la minorité trans a fait date.

Ce n’est pas un hasard si la question des droits des personnes LGBT a commencé à se poser à l’Eurovision à la fin des années 1990. « C’est à la même époque que les institutions politiques et législatives européennes se sont intéressées aux droits des LGBT en tant que valeur », rappelle Catherine Baker. Ces années voient disparaître dans beaucoup de pays européens les barrières juridiques qui s’opposaient aux personnes homosexuelles dans le cadre professionnel ou pour servir dans les forces armées. Certains pays commencent à adopter l’union civile ou le mariage entre personnes de même sexe.

Robert Deam Tobin, maître de conférence à la Clark University de Worcester : "Après la chute du mur de Berlin en 1989, l’Eurovision est devenue un symbole d’idéal européen, supposé rassembler l’Ouest et l’Est. Peut-être incidemment, cette décennie marque le début de la généralisation de l’acceptation des droits homosexuels. Les unions civiles apparaissent. (…) Au moment où l’Eurovision commence à représenter les idéaux d’une culture européenne unifiée, l’exemple le plus visible et sensationnel de ces droits humains européens est celui des LGBT. "

L’Eurovision a été alors évidemment une tribune politique !

Conchita Wurst vient parfaire le tableau de la diversité de la communauté LGBT en s’imposant à son tour en 2014, une première pour une drag queen mais aussi pour un interprète - Tom Neuwirth, l’Autrichien derrière la barbe de Conchita - ouvertement homosexuel.

Il y eu aussi Billal Hassani : « à partir de décembre 2018, il est victime de cyberharcèlement et reçoit des menaces de mort, étant l’objet d’attaques racistes, sexistes et homophobes pour son homosexualité et son apparence androgyne. Cette haine augmente énormément à partir de sa sélection pour représenter la France à l’Eurovision 2019 » selon sa page Wikipedia.

Cette année, édition 2024, une première participation de deux artistes non binaires marquera sans doute l’histoire de l’Eurovision.

Années 2020 : l’explosion et le regain d’intérêt des big five

2021: disqualification de la Biélorussie

Le groupe chargé de représenter la Biélorussie en 2021 propose un titre avec des paroles, « Je vais t’apprendre à te tenir à carreau », pouvant s’apparenter à un soutien caché au président autoritaire Alexandre Loukachenko et à sa répression violente.

Une autre chanson est proposée, mais l’organisation biélorusse étant complètement en cheville avec l’Etat, l’autre proposition n’est pas mieux et la Biélorussie est disqualifiée.

2022 : exclusion de la Russie

Comme on le disait, en 2022, la Russie est exclue après l’invasion de l’Ukraine et c’est l’Ukraine qui gagna à nouveau le concours, mais sans pouvoir en assumer l’organisation.

C’est Liverpool qui prendra le relais après qu’un appel ait été lancé.

2024 : retour du Luxembourg, représentation française problématique et débat sur la participation d’Israël

Le Luxembourg avait arrêté sa participation depuis 1993 et revient ayant bien saisi la dimension de Soft power de cette institution. Les leçons de « Nations Branding » de la Suède sont très parlantes, elle qui en profite pour mettre en avant son industrie musicale et numérique.

Quant à la France, sans victoire depuis 1977, son diffuseur présente cette année un candidat dont les paroles de chansons romantisent les violences intra familiales :

« Ça crie, ça casse tout dans la maison
Pourtant, on a compté les saisons
Tu vas pas partir sans raison, non »

(Paroliers : Meir Salah / Slimane Nebchi / Yaacov Salah)

De là à penser que les VSS ne sont pas politiques… le débat est ouvert !

Enfin, il serait sain de revenir sur le débat quant à la participation d’Israël à travers son télédiffuseur à l’aune de ce dont nous avons pu parler jusqu’à présent.

[Echanges]


Sources :



[BILAN]

Pour la première fois, Nemo, un artiste non-binaire remporte l’Eurovision. C’est donc la Suisse qui remporte le Concours… comme pour la première édition en 1956.

Quant à la participation d’Israël, les sifflets dans la salle ont été difficiles à camoufler, mais Israël a battu le record du nombre de points attribués par les téléspectateurs lors d’une finale de l’Eurovision.

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Je profite que le sujet soit évoqué ici pour revenir dessus. En regardant le direct sur Youtube, donc sans surcouche de commentaires, il m’a semblé que le son a été trafiqué lors de plusieurs apparitions de la candidate d’Israël pour diffuser des applaudissements et des cris d’enthousiasme et tenter de camoufler des protestations et sifflements. Toujours est-il qu’il n’a pas été possible de dissimuler l’hostilité ambiante dans la Malmö Arena à l’encontre de la candidature israélienne. Lors de l’annonce des résultats du jury, on a entendu des sifflets à chaque fois qu’un pays attribuait des points à Israël, même un faible nombre.

Et pourtant, quand on regarde le détail, Israël a récolté énormément de points du public : 15 fois 12 points, 7 fois 10 points, … Il y a une énorme différence entre une expression de protestation bruyante et médiatisée, que ce soit dans l’Arena ou en dehors avec des manifestations, et les votes du public. Je me demande dans quelle mesure Israël a pu bénéficier d’un vote de sympathie juste pour contrer ou embêter les protestataires.

Quel est le but des protestations dans l’Arena ? Exprimer une contestation par rapport aux agissements d’un État ou d’un dirigeant ? Si c’est le cas, les résultats semblent montrer que c’est un échec, voire que cela a pu être contre-productif. On avait déjà constaté ce phénomène en 2015 avec l’hostilité exprimée contre Polina Gagarina, la candidate russe (dans une moindre mesure car les votes du public n’étaient pas dissociés des votes des jurys). Ce serait bénéfique pour tout le monde d’en tirer des leçons, afin que les futures éditions soient moins tendues et plus festives.

L’incident autour du candidat néerlandais a aussi contribué aux tensions. Je me suis demandé comment sa disqualification allait être traitée pendant le show, et… rien. Aucune explication n’a été donnée sur l’absence de numéro 5. Martin Österdahl, le superviseur exécutif du concours, a été copieusement sifflé et hué lors de ses brèves apparitions, en particulier lorsqu’il a dû annoncer les résultats du jury néerlandais. Là encore, cela pose des questions. On sait que Joost Klein aurait proféré de graves menaces à l’encontre d’une photographe jeudi, que la police enquête et qu’il a été disqualifié pour cela. Quel est le sens des protestations ? Une contestation de la légitimité de la décision ? Est-ce que le public était excédé qu’une telle sanction ait pu être prise alors qu’aucun jugement n’a été rendu ? Cela invite la cancel culture et toutes ses dérives au menu du concours.

Bref, on dirait que l’Eurovision suscite davantage de réactions et de débats que les élections européennes, c’est amusant mais pas forcément rassurant !