Proposition de remplacement de la motion « Politique de production énergétique »

Le programme actuel du Parti Pirate retient encore le scénario N03 de RTE, fondé sur un mix de 50 % de nucléaire et 50 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050. Ce ratio donne aujourd’hui à la motion un côté un peu « hors de l’histoire » : il fige un scénario prospectif alors que la priorité est de remplacer rapidement les usages fossiles par des solutions bas-carbone et de produire assez d’électricité pour les alimenter.

Ci-dessous une proposition de mise à jour de la motion.


ÉLECTRIFIER POUR SORTIR DES ÉNERGIES FOSSILES

EXPOSÉ DES MOTIFS

La France dépend encore majoritairement du pétrole, du gaz fossile et du charbon, en particulier pour les transports, le chauffage et certains procédés industriels. Son électricité est pourtant déjà très largement bas-carbone, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.

Dans de nombreux usages, remplacer directement un combustible fossile par de l’électricité bas-carbone réduit à la fois les émissions et la quantité d’énergie consommée. Cette transformation exige de développer ensemble les usages électriques, les moyens de production et les réseaux.

CONTENU DE LA PROPOSITION

Le Parti Pirate fait de la sortie des énergies fossiles la priorité de sa politique énergétique. Il propose d’électrifier en priorité les usages qui peuvent l’être efficacement et d’augmenter en parallèle la production d’électricité bas-carbone en développant conjointement le nucléaire et les énergies renouvelables.

ÉLECTRIFIER LES USAGES FOSSILES

L’électricité bas-carbone doit remplacer directement le pétrole, le gaz fossile ou le charbon chaque fois que cette solution est techniquement adaptée et efficace au regard de son coût complet. Cette priorité concerne notamment les véhicules électriques et les infrastructures de recharge, les pompes à chaleur, les procédés industriels, le rail et les transports collectifs électrifiés.

Les aides publiques ciblent en priorité les transformations qui réduisent réellement et durablement l’utilisation d’un combustible fossile.

PRODUIRE DAVANTAGE D’ÉLECTRICITÉ BAS-CARBONE

Le Parti Pirate soutient conjointement le nucléaire et l’ensemble des filières renouvelables d’électricité afin d’augmenter durablement la production bas-carbone.

Il soutient la poursuite de l’exploitation des réacteurs existants, réacteur par réacteur, sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection et dans le respect de ses prescriptions. Il propose également un programme stable de construction en série de nouveaux réacteurs, dimensionné pour renouveler le parc et accompagner l’électrification.

Ce programme repose sur un effort durable de formation, de consolidation de la filière industrielle et de recherche. Son financement intègre dès l’origine la sûreté, le démantèlement et la gestion des déchets.

Il soutient dans le même temps le développement de toutes les filières renouvelables d’électricité, en fonction des ressources et des besoins de chaque territoire. Chaque projet de production d’électricité bas-carbone est évalué selon sa production attendue, son coût complet, sa contribution à la sécurité d’approvisionnement et à la stabilité du système électrique, ainsi que ses impacts environnementaux.

Lorsque l’électrification directe n’est pas adaptée, les renouvelables thermiques — notamment la géothermie, le solaire thermique et la chaleur issue de biomasse durable — ainsi que le biométhane produit à partir de déchets, d’effluents et de résidus peuvent remplacer les combustibles fossiles dans les usages difficiles à électrifier.

Le développement des usages et de la production électriques s’accompagne des raccordements, du renforcement des réseaux, du stockage et du pilotage de la consommation nécessaires à l’équilibre du système électrique. Un bilan public annuel rend compte, secteur par secteur, de la baisse des consommations fossiles, des capacités bas-carbone mises en service, de la sécurité d’approvisionnement et des coûts engagés.

L’objectif est de faire reculer chaque année le pétrole, le gaz fossile et le charbon, tout en garantissant une énergie bas-carbone, sûre et accessible.

EDIT : ajout de propositions de visuel

Je prendrai le temps dans les prochains jours de répondre avec plus d’arguments que maintenant parce que je n’ai pas accès à mon pc mais en attendant :

  • la position actuelle porte certes la mention du plan N03 de RTE mais ne le porte pas en étendard. Il affirme son soutien à la filière nucléaire tout en considérant les coûts écrasants du nouveau nucléaire en l’absence de renouvellement des savoirs faire et le durcissement des normes. Étant l’auteur de la motion nommée, je me rappelle bien avoir pris le N03 en cible car l’électrification rapide des usages nécessite un apport tout aussi rapide en capacités de production et face aux délais trop longs du nouveau nucléaire et les contraintes de maintenance de l’ancien, c’était le scénario qui offrait aujourd’hui le meilleur compromis
  • Par ailleurs, dans la même veine, il faut, à mon avis, cesser de s’intéresser au coût complet d’une infrastructure aussi critique que celle de production d’énergie, ou en tout cas cesser de l’utiliser en seule métrique. adopter une compatibilité qui prenne en compte les émissions et bienfaits obtenus au regard de l’investissement me semblerait plus juste. Sinon le nucléaire est à enterrer sans procès, malheureusement (en tout cas sans prendre en compte l’amortissement afférent à l’investissement demandé, ce que semble faire l’entièreté de l’équipage politique français :expressionless_face:)

personnellement, au vu de l’urgence climatique dont les conséquences nous sont apparus plus brutalement encore cet été, il est plus que nécessaire de développer rapidement toutes les capacités de production qui sont nécessaires pour répondre aux usages journaliers. Tout en mettant enfin l’accent sur une vraie électrification des usages, quitte à déployer des investissements que d’aucun sauraient critiquer pour leur montant exorbitant ou leur caractère disproportionné :

  • électrification des transports
  • Intensification des investissements dans le rail
  • Électrification des sources de chaleur individuelles et collectives
  • Nouvelles industries et usages industriels de l’électricité
  • Recherche et développement en ce sens
  • Et bien d’autres.
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Tout ça va évidemment dans le bon sens. Juste deux impressions :

  • Ce sont des bonnes intentions, mais est-ce qu’il est possible de les rendre un peu plus plus concrêtes ? Juste pour illustrer avec un exemple qui parle, dans les transports, qu’est-ce qu’on fait avec les gros SUVs : taxe à l’achat, vignette, interdiction, prix de l’essence en fonction du modèle (je blague, quoique)… ?
  • Est-ce qu’il ne serait pas intéressant, avec la production, de parler aussi de la consommation ?

Ce serait bien possible mais il s’agissait là d’une motion d’orientation et d’intention plus que de détail d’implémentation politique dirons nous. Il peut être intéressant de fixer les grandes lignes et la vision long terme de cette hauteur puis de plonger dans le détail ensuite. Bien que ça puisse à un moment donné devenir très technique.

Les deux vont de paire, mais on n’arrivera pas à intensifier la consommation si on a pas la production qui va avec. Les temps de développement sont absolument pas de la meme échelle du côté productif que ceux du côté consommation. De la même manière, l’intensification de la capacité productive fiable du système permettra de poser les bonnes questions en terme de cout de production total et des bénéfices attendus pour les consommateurs, qu’ils soient professionnels ou particuliers notamment en terme de cout de production
Si la sacro sainte loi du marché est viable on devrait pouvoir avec la multiplication de l’offre, avoir une baisse de prix pour attirer la demande qui va avec

Cependant, et il faut le noter : beaucoup des choses qui seront abordées dans ces contextes vont provoquer des levées de bouclier diverses et variées : NIMBY, néo-luddisme et autre joyeusetés seront de la partie quand on va parler de créer de nouvelles capacités industrielles consommatrices bien que tout le monde soit pour une réindustrialisation du pays :slight_smile:

NB: j’ai aps encore pris le temps de bien détaillé ma première réponse, priorité aux ateliers sur la refonte enclenchés ces derniers jours :smiley:

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Cette formulation implique que seule la filière nucléaire est concernée. Or, à minima par soucis de cohérence avec les autres affirmations, la recherche et le renforcement de la filière industrielle doivent s’appliquer à tous les moyens de production cités.

Ce qui me fait penser à un autre point qui mériterait d’être ajouté : des programmes de développement des initiatives de production électriques « locales et responsables » (formulation ?), voir par exemple: https://www.centralesvillageoises.fr/.

J’ai du mal avec les fermes de production locales, à gérer sur le réseau entier c’est infernal, peu résilient et sujet aux instabilités :confused:
Concernant la formulation de Roscoe, je précise que tout mode de production d’énergie doit avoir dès l’origine dans le financement la surete, le démantelement (et remise en état du site) et la gestion des déchets (y compris par exemple les éoliennes). Du coup je pense que le fait que ça ne fasse penser qu’à la filière nucléaire relève plus du manque de communication sur les obligations des autres filières qu’un défaut de la formulation elle même :slight_smile:

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Les réseaux décentralisés posent évidemment des problèmes de gestion différents, mais si les modèles basés sur la centralisation seraient plus résilients, il faudrait revoir l’architecture d’Internet :grin:

Sérieusement, il ne s’agit pas de remplacer les centrales nucléaires par des productions locales, mais la question programmatique est plutôt de favoriser ou non la recherche et le développement d’alternatives, et ça me semble inimaginable pour le PP de ne pas le faire.

Oui j’entends bien, mais le réseau électrique souffre de défauts physiquement compliqué à contourner.

Et evidemment, ce serait effectivement inimaginable de pas regarder de plus près, j’exprimais simplement un avis sur base de mes maigres connaissances en la matière ^^

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À mon sens, le problème vient de l’offre plus que de la demande. Les gens achètent des SUV parce qu’ils sont abordables pour eux. Les grandes entreprises ne prennent pas en compte l’impact environnemental de leurs produits car l’intérêt collectif n’est pas représenté dans leurs instances de décision. Pour changer cela, je propose de soutenir la création d’un fonds d’investissement national (par exemple abondé par la taxe Zucman) qui permettrait à l’état de prendre des participations conséquentes, mais pas majoritaires, dans les grandes entreprises. Les bénéfices du fonds pourraient permettre de financer les retraites, qui devraient être calculées sur la base d’un système de points basé sur la pénibilité du travail (l’âge de départ également). Cela favoriserait aussi la réindustrialisation du pays.

C’est une proposition assez commune et sympa mais pardonne moi je n’ai pas compris le rapport avec la politique de production énergétique :smiley: