Parler de culture


#1

Juste un ping pour demander des contributions sur les aspects de la culture et de la création. C’est un sujet complètement écarté de la présidentielle. Les seuls questions culture évoquées sont plus axé divertissement ou sur la diversité culturel (ce qui n’est pas précisément le champ de la culture poétique, belle, pas nécessairement engagée).

Je précise que j’attends plus de choses sans rapport direct avec le droit d’auteur car c’est un sujet qu’on maîtrise déjà plutôt bien et vers lequel on vrille fréquemment. Idem sur le revenu de base qui n’est pas vraiment une démarche volontariste de l’Etat en faveur de la culture. Ces deux thématiques sont des thèmes connexes, des adjuvants.

Ce à quoi je pense :

  • La question du statut des artistes en dehors du spectacle vivant : ceux qui dépendent par exemple de la maison des artistes. Comment faire pour leur assurer une protection sociale ? Santé, chômage, et cotisations solidaires associées ? Faudrait-il envisager un statut spécial comme pour les intermittents ? (je trouve cette solution assez vielle école et dépendant de régimes spéciaux donc pas l’idéal mais ça permettrait d’assurer un vrai statut, faute de mieux).
  • La plupart des expos, hors grand centre d’art comme le centre Pompidou, sont à accès complètement gratuit. Et même les vernissages sont payés par les partenaires qui invitent et pas par les publics. Ca conduit à un art institutionnel qui ne dépend que des subventions publiques (ou à la marge, du mécénat privées). Limite s’il ne faudrait pas payer les publics pour qu’ils acceptent de venir. C’est un peu le monde à l’envers : la demande générée par l’offre et non l’offre générée par la demande. Peut-être qu’il faudrait :
  • rendre gratuit les expos permanentes des lieux d’art nationaux (comme en angleterre) tout en faisant payer les expos temporaires et en insistant par des boites de don. Sur le fait que si l’accès est gratuit, ça reste un service public qui a un coût. On peut aussi, dans ces lieux là, créer des tiers lieux où on peut aller travailler/discuter tout développant sont appétence et sa critique.
  • favoriser une sorte de pass culture plus généraliste (qui viendrait financer les expos privés sous la forme d’une redevance). Les clients de ce pass auraient un accès libre comme actuellement ou à tarif réduit et pourraient sous la forme d’une redevance contribuer au financement des lieux privés. Bien sur, cela pourrait aussi être financé par les collectivités locales sous conditions de ressources pour favoriser l’accès à la culture (mais le public reste libre de choisir ce qu’il veut aller voir).
  • Renforcer les commandes publiques, sur le principe du 1% artistique (souvent ce 1% n’est pas obligatoire et on parle du “1%” mais en fait, c’est beaucoup moins puisque non obligatoire). Bien sur, avec des histoires de droits d’auteurs allégés sur les commandes publiques.
  • Limiter la défiscalisation via l’art sans nuire à cette manne pour les artistes. La défiscalisation permets de ne pas intégrer dans son patrimoine la valeurs de certaines œuvres d’art. Ca a été fait pour favoriser l’achat d’art mais cela conduit à une spéculation malsaine. De plus, ce sont des ressources fiscales en moins qui pourraient être investis en retour vers la création (et donc envisager comme je propose plus haut un statut spécial et solidaire pour les artistes).
  • Arrêter de parler de l’art comme du superflus inutile. Je pense par exemple à la conférence de Frank Lepage (mais pas que, loin de là) où on évacue rapidement l’intérêt de l’art (il parle d’art “content-pour-rien”). En définitive c’est un avatar de l’évolution de nos sociétés et être capable de créer du “nouveau”. Indirectement, c’est aussi remettre en question ce qu’on aime et ce qu’on aime pas (sans se poser la question de si c’est de la culture “reconnue”), s’autoriser à être critique et à contempler des choses où on ne comprends pas toujours objectivement ce qui nous a plu ou pas. Ca trouve un intérêt car aujourd’hui, ce qui est en vogue c’est une “appli smartphone en flatdesign”… ok mais est-ce nécessaire ? Est-ce aussi de l’art ? Bref, on pourrait élargir la question et arriver à être beaucoup plus critique et pertinents pour évaluer ce qui est “nouveau”. En tous cas, des civilisations anciennes, en dehors de l’art, on ne connaît presque rien (pour le commun des gens). De plus, c’est au travers de ça qu’on identifie les modes de vie. Peut-être que ce n’est pas un hasard ?

Bon, j’arrête là. Je ne suis absolument pas certain des propositions que je fais ici. C’est peut-être très très mauvais mais j’ouvre le débat. J’espère bien arriver à porter une vision plus pertinente et construite grâce à vos contributions !


L'Artisvisme pour développer notre audience ?
#2

Pour être sûr, ton sujet ici c’est les artistes plasticiens? Tu exclues le spectacle vivant, mais ensuite tu n’évoque jamais les écrivains, qui comme les plasticiens ne sont pas étrangers au spectacle vivant et à la performance. Et quid de l’architecture?


#3

Je ne parle pas des écrivains mais c’est un manque. Je pense qu’il faut en parler de la même manière. Quant à l’architecture, on peut aussi en parler mais c’est peut-être un peu distinct ? J’essaye vraiment juste d’exclure certains sujets dont on parle un peu trop mais après je ne sais pas ce qu’il faut dire ou pas.


#4

L’artiste est un découvreur, c’est sa créativité et sa capacité à motiver l’imagination qui a mon avis le distingue et lui donne ce statut d’artiste. L’artiste doit être libre. La lecture de ce sujet me ramène à différents épisodes de ma vie, ou l’on m’a sollicité pour “mon regard d’artiste”, moi qui ne me suis pourtant jamais présenté comme tel. J’étais artisant, la pierre, le patrimoine , la ruralite dans sa plus simple expression, la nature sont les moteurs de mon imagination, si évidement j’ai put vivre de mon métier, je n’ai jamais accepté d’y vendre mon art, ét à chaque fois que celui ci a été placé, çe fut un cadeau. Je ne peus être créatif si cela a un rapport à l’argent.c’est pour moi une barrière, un cadre qui nuit à la liberté. Si mes petites création ont un jour leur place dans çe qu on l’on appellera l’art du XXI siècles, cela ne m’aura pas rendu riche, mais sans aucunes quête de gloire elles enrichirons peut être ce monde que nous léguons à nos enfants. Pour moi l’art est présent chez chacun d’entre nous, s’exprimant au travers des personnalités et des histoires de chacun des milliards d’êtres humains que nous sommes ét sous autant de formes qu il existe d’individus. Chacun d’entre nous à sa façon d’être sensible à l’art et c’est çe qui en fait la richesse et sa capacité infini à apparaître partout meme la ou il ne pourrait être soupçonné… j’espère ne pas avoir été trop lourd.


#5

En fait je ne comprends pas bien où tu veux en venir par rapport au sujet ? Tu penses qu’il ne faut pas rémunérer ceux qui travaillent dans les milieux artisitiques ? Est-ce que c’est ça ? Ou alors peut-être que tu ne vois pas spécialement l’intérêt ? Est-ce plutôt ça ? Autre chose ?

Je comprends ton expérience mais un “regard” d’artiste, ce n’est pas pareil qu’une rechercher artistique sur 5, 10, 15 ou 30 ans. J’ai un peu de mal à accepter qu’on puisse se dire artiste à la petite semaine. Comme une simple futilité superflus qu’on peut faire en accordant trois couleurs entre elles, en assemblant trois images ou en rédigeant trois vers sur un bout de nappe. Oui, ça peut-être jolie, mais à moins d’une virtuosité extraordinaire, ça ne remplacera jamais une œuvre travaillée, réfléchie, mise à la corbeille 50 fois avant que seul l’essentiel du travail soit présenté.


#6

Ils sont rémunérés par les fruits de leur travail : la vente d’une œuvre, l’obtention d’un prix, un dédommagement pour la participation à un appel d’offre pour le 1% artistique, édition… Dans la ligne de notre programme, le revenu universel contribuerait à la rémunération des artistes.

Une solution simple : le statut d’auto-entrepreneur qui les rattachera à un statut. Éventuellement, un statut de salarié auprès d’une structure de portage salarial ou proche. Donc c’est une fausse question.

Avec la baisse des dotations de l’Etat et des collectivités territoriales, la gratuité risque de mettre les musées dans un situation plus que délicate.

Fausse solution, car la commande publique à tendance à très vite favoriser les mêmes artistes au détriment des autres (un de mes enseignant parlait même d’artiste fonctionnarisé, ce qui est plus que vrai).

Et le marché de l’art succomba… La défiscalisation est l’une des rares choses qui permet au marché de l’art de fonctionner et donc pas que les artistes ! Il ne faut pas oublier les galeristes, les éditeurs (pour tout ce qui est estampe, sculptures…), les agents…
Sur l’histoire de récupérer une part de la défiscalisation pour la réinjecter dans la création, c’est une fausse bonne idée puisque finalement la création artistique sera soumise à l’appréciation d’un nombre réduit de personnages politiques alors que le marché actuel dépend d’une demande beaucoup plus vaste qui permet de conserver une diversité dans la création.
Sur la spéculation, c’est le but même de la collection privée : acheter une œuvre, la revendre plus cher, en acheter une autre. Certains artistes se vendent plus chers que d’autres mais dans la majorité des cas, on est sur un marché ou le prix moyen d’une œuvre est entre 1500/5000€ (c’est un râteau, je sais).

Cela relève plus de l’appréciation personnelle que d’une véritable réflexion sur une politique culturelle…


Maintenant des propositions :

  • Permettre une défiscalisation des œuvres sur l’impôt sur le revenu et pas uniquement sur l’ISF. Cette mesure permettrait aux jeunes artistes, dont les œuvres affichent un prix abordable pour le commun des mortels, de trouver des acheteurs plus facilement et de leur assurer une rémunération plus confortable.
    Si vous voulez vous faire une iodée sur les prix, je vous conseille ce site qui regroupe un grand nombre de galeries : http://www.artsper.com/fr
  • Encourager les fondations par testament avec une fiscalité intéressante : vous donnez votre quotité disponible d’héritage à un organisme public en charge de missions culturelles et vos héritiers bénéficient d’un petit abattement supplémentaire, par exemple.
  • Institué un droit de suite même pour les vente de particulier à particulier ou par une galerie (actuellement ce n’est le cas que pour les VEP).

#7

On est pas d’accord sur la fiscalité, l’isf, tout ça donc bon forcement qu’on s’écharpe ici encore. J’insisterai donc pas mais c’est clair que pour moi, tout ce qui conduit à mettre dans la poche des trop riches plutôt que dans l’escarcelle de l’État n’est pas d’intérêt général. On est pas d’accord là dessus donc je ne renchéris pas sur ce sujet là (à chacun de se faire une idée).

Le marché de l’art est devenue une monnaie alternative. Un peu comme les cryptomonnaies (mais en mieux) : on ne paye aucune taxe et on est pas fiscalisé d’aucune manière sur ces richesses. Entre détenir un lingot d’or ou un tableau de maître : le premier est fiscalisé, le second ne l’est pas. Donc on achète des tableaux qu’on stock comme les lingots dans des coffres. L’intérêt culturel ou artistique n’a dès lors plus aucune importance et ça conduit à des aberrations : si tout le monde s’accorde à dire qu’un artiste X ou Y a de la valeur, tout le monde en dispose dans son coffre fort. Tout le monde a donc intérêt à ce que la valeur de cet artiste augmente et c’est pourquoi il y a du trafic frauduleux et des ententes pour valoriser régulièrement la cote de ces artistes. A la FIAC, on va acheter pour X€ de valeur, peu importe réellement ce qu’on achète, c’est un marché un peu comme celui des matières premières à la bourse : qu’on achète du riz ou du blé, ça n’a pas d’importance tant qu’on pourra revendre.

La production, qu’elle soit bonne ou mauvaise n’a aucune incidence sur la cote de l’artiste. Une fois qu’il est dans le circuit, on achète pas ses œuvres pour les exposer mais parce que c’est devenu une monnaie d’échange non fiscalisée. C’est ce qui était dénoncé par beaucoup d’artistes plasticien en art contemporain : le tableau peut-être blanc sur fond blanc, être moche ou n’avoir aucun sens particulier puisque c’est seulement ni plus ni moins qu’un billet de banque.

Donc, arrêter ça est une bonne manière de recommencer à avoir un avis critique sur l’art. A acheter une œuvre parce qu’on la désir et pas pour ce qu’il y a de noté sur l’étiquette. Désolé mais dépenser 500k€ pour une production artistique, c’est généralement démesuré (pas toujours mais bien souvent).

[quote=“Aurifex, post:6, topic:1594”]
Sur l’histoire de récupérer une part de la défiscalisation pour la réinjecter dans la création, c’est une fausse bonne idée puisque finalement la création artistique sera soumise à l’appréciation d’un nombre réduit de personnages politiques alors que le marché actuel dépend d’une demande beaucoup plus vaste qui permet de conserver une diversité dans la création.
[/quote]Parce que pour le spectacle vivant, ce n’est pas le cas ? Si tu voulais être logique, propose de supprimer le statut des intermittents. Et puisque tu me fait la leçon sur ceux qui vivent de l’art sans être artiste tu ne le sais peut-être pas mais je connais vraiment très très bien ce sujet précisément. Je propose un statut proche ou identique à celui des intermittents car justement, c’est vraiment très similaire et ça doit bien sur concerner toute la branche. A condition d’être dans une situation comparable. Un salarié d’un FRAC, il a pas besoin de ça, il a déjà une assurance maladie, une retraite, etc. Mais un indépendant, qu’il soit artiste, critique, commissaire, régisseur, médiateur, ou ce que tu veux, il n’aura rien de tout ça.

Tu parles de vente à 1500€… mais 1500€ pour 2 mois de travail, y a un soucis. Et c’est un prix sans les charges. Quant à ceux qui sont bien au dessus, il ne vivent pas toujours bien non plus. La plupart du temps ils sont au RSA. Puis un trimestre dans l’année, il vont faire 10 ou 20k (de benef)… Ils vont avoir des défraiement du reste, donc ça va… mais c’est pas comme ça qu’on construit une carrière professionnelle, qu’on peut subvenir aux besoins d’une famille, qu’on peut faire fasse aux coups dure (personnels ou professionnels).

De l’argent en art, il y en a. Le problème n’est pas l’argent mais la répartition, le statut social, la solidarité. Il faut remettre en place des contributions sociales. Je ne cherche pas à t’en convaincre car tu as une opinion arrêté là dessus mais au moins pour les autres, le Parti Pirate ne peut pas se proposer de désengager l’Etat de tout, il faut qu’il y ait des charges pour qu’il subsiste des services.

Voir on ne payerai plus d’impot du tout sur les héritages ? Hum que c’est chouette. Puisqu’on en est réduit là, que proposes-tu de supprimer dans les services de l’Etat pour en arriver à un système où seuls les pauvres payent de l’impot ? On est quand même d’accord sur le fait que faire contribuer les plus pauvre, non seulement c’est injuste mais aussi, ça ne permets pas de financer nos institutions.
On pourrait supprimer les hôpitaux par exemple mais offrir la morphine en vente libre. Comme ça on finance ta mesure de défisc de manière “indolore” =)

=> Désolé je ne voulais pas réagir là dessus mais tu pousse le bouchon. Concrètement, si on augmente la defisc, comment tu veux qu’on continue à faire tourner un Etat qui est endetté jusqu’au coup ?

Du coup, on y vient. Si on baisse les dotations, évidement qu’on mets tout le monde dans une situation délicate. Si on augmente les ressources de l’Etat en supprimant des défiscalisations illégitimes, on offre un ballon d’air qui peut permettre d’avoir une action politique. Les dotations ne se baissent pas toute seule par magie. C’est une décision politique contre laquelle le Parti Pirate lutte (alors peut-être pas tout le monde manifestement mais on a pris pas mal de décisions collectives en ce sens). Donc non, les dotations ne baissent pas, ce sont les élus qui retirent des dotations pour financer la defisc, les startup, l’EPR, NDDL, … Je suis gentils, je ne prends pas l’argent sur ces projets inutiles, je le prends sur la suppression d’une niche fiscale afin que l’art soit accessible gratuitement, afin qu’un musé national ne soit pas une entreprise classique mais un lieu de partage et de vie. Ils le font en Angleterre, ils n’ont pas encore coulé leur pays.


#8

C’est insultant et condescendant. Et je sais de quoi je parle. Va dire aux artistes-peintres qui réalisent des tableaux en une journée sur un concours de peinture que ce qu’ils font n’est pas de l’art…

L’artiste à la petite semaine est un ARTISTE. POINT BARRE. En revanche j’ai un doute sur la personne qui bosse 30 ans sur un truc, un asocial avec une excuse sans doute. Ou alors tu es adepte de l’onanisme encéphalique.

L’artiste c’est celui qui crée sans nécessité. Cela peut prendre 5mn comme des années.

La valeur du beau est une vision philosophique et peut difficilement être quantifié, surtout quand un aspect financier vient jouer avec. La valeur des tableaux d’un Picasso sont-elles en rapport avec la beauté ? Il va falloir que tu te lèves très tôt pour me convaincre que c’est beau. Il va falloir se lever très tôt aussi pour m’expliquer le mouvement dadaïste - j’ai résumé cela à une bande d’alcolos qui faisaient de la déstructuration, la prof de dessin a acquiescé, ils s’étaient acheté un bar. On pardonne tout à des artistes JUSTEMENT parce qu’il n’y a pas de fond et de nécessité. C’est ce qui fait la différence entre la conscience et l’animalité : savoir pourquoi l’on fait quelque chose qui n’est pas nécessaire à la survie.

Ce qu’il se passe aujourd’hui, c’est que beaucoup confondent l’artiste et l’artisan/interprète. L’artisan crée sur commande, avec plus ou moins de directive (quand on arrive à l’absence de directive on tombe au niveau du mécénat), il alors un emploi - je ne dis pas que l’artiste ne travaille pas bien au contraire. L’interprète répète une création, il ne crée pas. L’artisan a une démarche artistique, quand il peut la sienne, mais utilise pour ça une somme de connaissance, de savoir faire. Le profane PEUT faire de l’art sans n’avoir rien à prouver. L’art c’est quelque chose de personnel, et je pense sincèrement qu’un artiste ne mérite pas de vivre de son art, que cela DOIT rester un coup de chance, parce que la valeur de l’œuvre n’est pas ici fixée par le créateur mais par le public. De fait, il est antinomique que de vouloir élever le statut d’artiste à un statut suffisant pour “vivre” dans un monde capitaliste, car qui juge si telle ou telle personne est un “vrai” artiste ? (Non parce que s’il faut 30 ans pour sortir une œuvre sans défaut, la personne fait comment pour être classée comme “vrai” artiste et donc vivre ?). Cela n’empêche pas d’avoir un système protégeant les auteurs, réels ceux-là. Cela n’empêche pas non plus de créer les conditions suffisantes pour que tout le monde deviennent artiste.

L’artiste a la petite semaine, c’est la personne qui crée, qui n’a pas rencontré son public ou tout simplement, une personne parmi d’autre dans un environnement propice à la création rendant le coût de la création-même nul, et donc par corollaire, une valeur marchande nulle. L’art est une élévation et le fait que tout le monde puisse en faire devrait être un signe positif de l’émancipation de la population vis-à-vis de l’aliénation de l’emploi.

L’artiste qui vit de son art est soit un artisan, soit un chanceux. Rien d’autre.


#9

Faite de la vie un art de vivre👍


#10

Je ne vais pas défendre un mouvement ou un autre, mais c’est éclairant que tu choisisse de marquer ton rejets de celui-ci en particulier… Je ne suis pas sur que tu ne le comprenne pas. Je pense plutôt que tu n’en partage pas les valeurs. Dommage pour un “pirate” mais c’est ton choix.

En tous cas j’attends pas un cours d’histoire de l’art mais des propositions. Pour le moment seul Aurifex en propose mais sous une forme qui ne me semble pas responsable. On ne peut pas proposer de la défisc’ et dire à coté qu’on a plus de sous pour mener une politique culturelle et artistique. En tous cas ça semble contraire à tout ce qu’on peut défendre sur les communs et les richesses. Je ne trouve pas normal que le centre Pompidoux soit si cher à visiter et que la plupart des artistes ne vivent pas de leur travail. Et non, on ne fait pas un gribouillis ou un poème sur un coin de table à moins de s’appeler Rimbaud (et y en a pas tous les siècles des virtuoses comme ça). Ce qui est méprisant, c’est de dire que ceux qui travaillent chaque étape du sens, de la forme et de la présentation de leurs œuvres sont des improductifs.


#11

Il me semble que l’art c’est d’abord la représentation, c’est-à-dire l’expression d’un égo, d’un groupe d’égo ou d’une chaîne d’ego devant d’autres égos. Ensuite il me semble qu’on peut distinguer un art méthodique, un art qui nécessite une maîtrise technique, proche du sens étymologique et un art conceptuel dans lequel la mise en œuvre est moins importante que la réaction provoquée par le spectateur. Cette expression n’est jamais totalement libre puisqu’elle a un contexte, donc la contrainte n’est pas incompatible avec l’art, cela dit il faut que l’artiste se saisisse d’un degré de liberté persistant.
Cela dit tous ces critères sont difficiles à manipuler dans le cadre financier qui nous occupe, mais de ma définition je conclue que la représentation est la modalité naturelle de rémunération des arts, vivants comme plastique, dont la vente devrait rester complémentaire. Pour les arts plastiques cela se traduit par des expositions. Il appartient au propriétaire des lieux, privée ou publique, de choisir qui il expose, ou à l’artiste de louer pour s’exposer. Bien sûr le choix de l’acteur publique devrait être inspiré par le peuple et les critiques.
Maintenant restent trois problèmes qui sont communs à tous les arts :

  1. La gestion du risque financier
    Actuellement, l’éditeur prend un risque pour l’auteur, le producteur pour le musicien, le galeriste pour le peintre avec tous les problèmes que l’on connaît. Il est de la responsabilité de l’État d’organiser la solidarité pour qu’un artiste dont une exposition échoue ne tombe pas dans la misère, pour le reste il me semble sain que l’artiste supporte une part importante du risque. Qui doit financer cette solidarité, les artistes seuls ou toute la population, ça dépend du modèle de société que l’on veut, actuellement tout le monde finance l’art, peu de gens qui y ont accès s’en plaignent.
  2. La gestion des carrières
    Il y a des artistes qui vivent de leur art, mais très peu (pour les auteurs en tout cas). Il n’y a aucun mal à avoir plusieurs métiers et d’ailleurs il semble cohérent qu’un artiste enseigne son art. Cela dit il appartient je pense à l’État de mettre le pied à l’étrier par la formation et des dispositifs tremplins aux nouveaux artistes mais aussi de les soutenir en cas de coup dur ponctuel.
  3. La politique publique d’accès à l’art
    Si il faut rémunérer décemment les artistes sur les expositions, les prix risquent de grimper (encore que) et là l’État peut intervenir pour proposer des prix accessibles aux pauvres comme il le fait actuellement. Mais là où réside le levier le plus important à mon avis c’est dans la lutte contre les déserts culturels. En effet la majorité des territoires n’a pas de musée d’art ou de salle de concert. Or dans une politique beaucoup plus globale d’aménagement du territoire où l’on développerait partout des lieux de vie pour encourager le développement de communautés, dans les villes comme dans les campagnes, l’implantation de l’art a toute sa place.

Je remarque que je pourrai élargir tout ça à l’entrepreneuriat, l’artiste qui veut s’enrichir sur son art étant un entrepreneur. Désolé si c’est resté abstrait, mais concrètement et à la volée les niches fiscales pour l’achat bof et il faudrait créer un statut d’artiste sur le modèle de l’auto-entrepreneur.
Finalement j’ai passé sous silence la question de la constitution d’un patrimoine historique, je n’y ai pas réfléchi.


#12

Bah donc le statut de l’auto-entrepeneur suffit, pourquoi créer autre chose ? Personnellement je n’ai rien contre considérer l’artiste comme un entrepreneur dans le sens où si l’on prend un ingénieur qui bosse sur son sujet dans son garage, on ne demande pas à ce qu’il soit protégé par l’Etat parce qu’il POURRAIT créer quelque chose. En quoi, donc, les artistes auraient PLUS le droit d’être protégé qu’un-e agriculteur-rice, un-e infirmièr-e ?

VOUS avez une vision de l’artiste qui fait du beau ou qui a réussi, mais celui là n’a pas les soucis que vous évoquez. Le souci c’est que la réussite et la survie d’un artiste est basé sur du VENT : ça plait ou pas, il a un souteneur ou pas. Tout ce qui n’est pas arts appliqués ne peut procurer qu’une CHANCE de réussite, il faut l’accepter. Tout comme il faut accepter que n’importe qui peut être un artiste, si ce prémisse n’est pas accepté alors cela ne sert à rien d’en discuté.

C’est en partie pour cela que je colle avec @franois sur la vision “entrepreneuriale” de l’artiste qui veut vivre de son art : il faut qu’il sache faire preuve de compromis pour plaire au client. Si c’est l’Etat qui décide que tel ou tel personne est un artiste, vous ne pensez pas qu’on est en pleine dérive de ce qu’est la liberté ? vous ne pensez pas que c’est élitiste ?

Pour finir et petite précision, en dessous de 5.000€ gagné par les droits d’auteur (et affiliés) par an, le fisc s’en balance.


#13

Le cadre est relativement bien fixé par la loi car cela ne vise que les œuvres uniques ou produites à petite échelle (ex. moins de 50 exemplaires tirés pour une estampe). Cependant, le CGI se garde de toute appréciation esthétique de l’œuvre (et c’est tant mieux) (c’est la même chose pour le CPI).

Je ne peux qu’approuver ce que tu dis @franois. Pour être membre d’une association qui organise des évènements culturels dans un secteur relativement peut couvert culturellement en centre Bretagne, nous luttons pour essayer d’atteindre l’équilibre budgétaire sans augmenter le prix de nos évènements pour rester accessible. A ce niveau, les aides sont de plus en plus dures à obtenir et demande presque une professionnalisation de la vie associative qui n’est pas évidente quand on est une petite structure.

Justement, le but est de désengager l’Etat en le remplaçant par un financement privé. On est sur un système proche de ce qui existe dans le monde anglo-saxon et qui a fait ses preuves.

Je n’ai pas parlé de défiscalisation intégrale. Je vais procéder par l’exemple pour éclairer ma proposition.
Si une personne décède et qu’elle laisse derrière deux enfants, ces derniers auront obligatoirement le droit à 1/3 de la masse partageable chacun. Le tiers restant est laissé à la libre disposition du défunt.
Si ce dernier s’engage à en donner plus de la moitié à un organisme public en charge d’une mission culturelle, il bénéficierait d’un abattement supplémentaire pour ses enfants.
Si on part sur une masse partageable à 1.5 millions nette. Cela fait 500K par enfant, une fois l’abattement automatique effectué on passe à 400K par enfant qui est taxable à hauteur de 20% soit 80.000€ (donc 160.000€ en tout versé à l’Etat)
L’abattement pourrait être le suivant : pour 250.000€ légué à un organisme public en charge d’une mission culturelle, un abattement supplémentaire de 50.000€ divisible entre héritiers est applicable.
Donc, si le défunt donne 500.000€, l’abattement globale sera de 100.000€ reparti entre les héritiers. Donc, l’abattement global passe à 150.000€ par personne. Donc 500.000-150.000 = 350.000€ taxable à hauteur de 20% soit 70.000€ (donc 140.000€ en tout). Donc on perd 20.000€ mais d’un autre côté on a 500.000€ qui rentre dans les caisses d’un organisme culturel. Finalement la perte est peu importante et c’est autant d’argent qui peut être reporté sur d’autres postes de dépense pendant un temps.
(Je suis pas un as en calcul donc il y a peut être une erreur mais dans l’ensemble ça m’a l’ait correcte).


#14

Je ne te suis pas Aurifex. J’ai pas compris d’où sortent les chiffres donc je ne peux pas vérifier. Enfin je sauf si le mécanisme est plus complexe, la defisc c’est normalement : tu touche moins en net mais tu donnes moins à l’Etat parce que la différence va dans les poches d’une institutions d’intérêt général. En gros, on demande aux riches de choisir à la place de l’Etat.

Je ne vois pas bien en quoi les riches sont plus fondée que l’Etat à décider des financements. On a pu mettre en place pas mal de mécanismes qui permettent une répartition équitable (et non normatifs !) de deniers publics. D’autant que ce serait caricatural de dire que je supprime la defisc. Je supprime juste le fait que l’art ne face pas parti du patrimoine taxable. De plus, en terme de répartition, je vois deux pistes :

  • Le pass culturel qui permettrait de financer la culture pour tous mais en laissant chacun choisir où il va (et donc ce en quoi il contribue). On peut donc imaginer qu’on maintienne les lieux privés d’art accessibles mais avec une reversion sous la forme d’une subvention d’état directement liée à la fréquentation ou à l’appréciation (c’est une sorte de micro don).
  • Au moins le maintient des dotations des collectivités. Comme tu le dis ici, toutes les assos crèvent la bouche ouverte depuis 3 ans avec les baisses de dotations des collectivités locales (et ça ne vaut pas que pour la culture mais elle en paye le prix car c’est plus facile de fermer un centre d’art comme “le Quartier” à Quimper qu’un CCAS… même si parfois ils font les deux). Et pour ça faut trouver de la recette fiscale, autant la prendre dans le secteur concerné ce qui permets que l’on favorise à la fois l’attrait pour la culture tout en faisant financer la culture par ceux qui sont dans le haut du panier. (et je ne dis pas que c’est la seule chose à faire pour la recette fiscale - et on peut toujours discuter des seuils et des histoires de patrimoine).

[quote=“Aurifex, post:13, topic:1594”]
Justement, le but est de désengager l’Etat en le remplaçant par un financement privé. On est sur un système proche de ce qui existe dans le monde anglo-saxon et qui a fait ses preuves.
[/quote]Ceux qui subventionnent l’art aujourd’hui, c’est Total, Dassault, Pinault… Ce n’est pas vraiment le contexte anglo-saxon, absolument pas. On a pas du tout la même manière de penser l’action publique donc si on propose de la defisc, ce seront les fiscalistes qui vont se ruer dedans pour optimiser le solde verser. On créera des fondations bidons, aux intentions peu généreux. On est loin des aristocrates qui veulent se racheter une conscience : on a juste des pourris qui veulent payer moins.

En France, lorsque l’Etat n’exprime pas de volonté politique, les gens cherchent la faille et s’y engouffrent (pas tout le monde, certes je pousse un peu mais ça reste très massif). Il existe toujours beaucoup de moyen de defiscaliser. Je ne les supprime pas tous. On peut encore faire des donations à des fondations (héritage) ou faire des dons (déduction d’impot, et notamment d’ISF). De là à faire du marché de l’art une monnaie alternative car non fiscalisé, ça va beaucoup plus loin que de la simple defisc.

Et pour revenu sur le statut spécial (type “intermittents”), c’est pas un truc délirant. Il s’agit d’une mutuelle où ceux qui gagnent bien à un moment contribuent pour ceux qui gagnent moins à d’autres moments. C’est comme ça que fonctionne l’assurance chômage. Si tu n’as pas contribué, tu n’as droit à rien. Si tu as contribué modestement mais au mieux que tu pouvais, tu profiteras un peu de la solidarité collectivisé. C’est grossièrement ça qu’il faudrait mettre en place. Peut-être juste en annulant certaines niches fiscales. Ou alors des taxes supplémentaires comme pour les artistes des arts vivants (le “cachet”). Cependant se pose aussi la question des subventions mais c’est deux sujets distincts. Un artiste ne gagne pas un salaire mensuel. Un ingénieur, en toute logique, si. Je suis indépendant, et j’ai un salaire qui tombe tous les mois. Je me lève chaque matin en sachant que j’ai un client à qui je vais facturer ma journée. Ce n’est pas le cas pour les artistes qui sont payés à la production, au projet, et qui peuvent avoir de longues périodes d’expérimentation puis être bien payés ensuite…

Si on prend le cas d’un auteur, c’est facile à comprendre : avant de sortir une trilogie, il va préparer son histoire. Il va peut-être même tout écrire. S’il s’est planté, il va tout jeter et recommencer. S’il a réussi, il aura bossé un an sans revenu puis il va constituer un droit d’auteur (allez, mettons qu’il se fasse 250€ par mois pendant 10 ans). A sa mort, il sera riche en droit d’auteur mais plus de la moitié de sa vie, il aura travaillé sans revenus. On peut imaginer que ce soit compensé par une caisse de solidarité pour que ce qu’il gagnera en fin de vie, lui soit versé en début de vie. Ca implique une certaine confiance mais c’est aussi comprendre que ce modèle économique n’est pas adapté à la vie réelle. On a plus de besoins en étant jeune que vieux mais on se vend mieux à la fin de sa vie…

Enfin sur les déserts culturels, faut nuancer. On a pas de désert culturels comme on a des zones blanches. Les désert sont là où il n’y a aucune politique culturelle. La taille de la ville importe peu car aujourd’hui certaines petites villes font des choses vraiment dynamiques.


#15

L’abattement automatique de 100.000€ est prévu à l’article 779 du Code général des impôts.
La taxation à hauteur de 20% est celle de l’article 777 du Code général des impôts qui fixe les fractions de part nette applicable et la taxation s’y rapportant.
L’abattement global de 50.000€ pour 250.000€ légué à une institution publique à vocation culturelle est ma proposition.

Il faut noter qu’un abattement n’est pas une défiscalisation. C’est un moyen de réduire la masse sur laquelle va porter la taxation.

De plus, je tiens à rajouter que des taxes sont également prélevées sur les droits de mutation.


#16

Je ne comprends pas d’où viens l’abattement de 150k€ (alors que j’en calcule 100k) et d’autres trucs du genre. Enfin, on ne fait pas un cours de math et tu as peut-être probablement une donnée quelque part ou c’est une erreur de calcule. Cependant, peu importe. Le principe de l’abattement est de faire payer moins d’impôt mais de toucher moins. En clair, faire un don, permets, au lieu de payer ses impôts à l’Etat, de favoriser une cause déterminée (supposément d’intérêt général comme une asso loi 1901, ou validé par décision gouvernementale comme pour une fondation). Sachant qu’on a aussi les fonds de dotations, et tout un tas de mécanismes similaires (parti politique…).

Bref, je ne nie pas cette possibilité mais pour ne donner qu’un seul exemple, Total a financé une exposition au centre Pompidou sur … l’Afrique. Cette grande cause que Total a a cœur pour y avoir quelques petits intérêts. Là dessus : défiscalisation. S’ajoute des intérêts directs qui sont des retours en nature toléré : privatisation du centre Pompidou pour une visite avec les collaborateurs, la présence de logo, la valorisation du service commercial, et ça peut-même aller plus loin avec une mise en relation avec les artistes, etc. Enfin, un retour caché qui lui est politique et financier : il permets à Total de réparer des tords qu’ils continuent à faire d’un point de vu marchand, mais en les réparant via les contributions qu’ils font de manière défiscalisé.

En clair, je peux écraser une vielle dame dans la rue parce qu’en roulant plus vite, je maximise mon profit. Par contre, si je dois payer une compensation financière, je peux la déduire de mes impôts et privatiser l’hôpital pour mes besoins d’événementiel commercial.

Quant tu compare avec le modèle anglo-saxon, c’est quand même un peu différent d’une part. D’autres part, ce genre de chose ne devrait plus être autorisé. Aujourd’hui, les contreparties au mécénat privé sont telles qu’on en arrive à ce genre de comportement inique. Alors parfois c’est plus discret : parfois on finance une fondation qui finance ensuite les petits enfants du donateurs…

Alors le mécénat privé je suis pour, je le défend suffisamment. Cependant faut l’encadrer et arrêter de faire des cadeaux sans jamais de contrepartie. Il peut aussi y avoir des actions publics sur des deniers publics. On est pas obligé de tout déléguer au privé au prétexte que l’Etat fait parfois n’importe quoi… car dans le privé, c’est pas folichon…


#17

Bizarrement l’artisan peut gagner sa vie tous les mois en vivant de son “art” en prenant des COMMANDES. Un ingénieur peut ne rien gagner de sa vie voire dépenser des fortunes pour essayer de construire une invention (qui a parlé des fous de la fusion froide ou de l’énergie gratuite ?). Donc non, décidément tu ne sais pas ce qu’est un artiste.

Je suis un artiste, je tourne du bois, mais je ne sais pas quand je vais sortir ma pièce ultime, payez moi !


#18

Un artisan vit de commande mais on peut en parler aussi. Ca n’a néanmoins rien à voir avec le modèle économique d’un artiste.

Ce que tu dis avec ta pièce ultime semble plus lié à une frustration. Je ne suis pas là pour juger de savoir si TOI tu dois gagner des sous. Je suis là pour parler globalement des artistes. Je pense plus à ceux qui ont fait 5 ans d’études (ou plus) et qui en vivent et aimerait en faire une activité à part entière. Parfois c’est un mi temps mais c’est pas un “passe-temps”, c’est une activité professionnelle. Quant je vois l’inutilité de certains projets dans mon domaine d’activité qui est l’informatique je pense qu’on gagnerait tous à promouvoir les arts. Je ne sais pas dire si tu dénigre ça parce que tu es frustré et que tu aimerai que ce soit encouragé mieux ou si c’est parce que tu ne comprends pas bien l’intérêt que ça revêt. Eclaires-moi et on en discutera. Cela dit éloignons un peu les intérêt particulier. Je ne cherche ni à juger les artistes bon ou mauvais, ni à dire que tout art se vaut mais juste à trouver un système économiquement viable pour ceux qui contribuent à rendre notre société meilleure.

PS: Et je ne défends pas spécialement de mouvement dada mais il a apporté énormément sur l’évolution de la société à son époque. Je ne comprends pas que tu cherches à résumer ça à quelques oeuvres qui ne t’ont pas touchées. On a le droit de ne pas être touché par quelque chose, on a même le droit de pas vouloir le financer mais la question est d’ordre générale.


#19

#TeamPremierDegré

En quoi quelqu’un qui a fait des études est plus qualifié que quelqu’un d’autre pour faire “limite” quoi que ce soit. Alors oui on peut parler de médecine (et l’on se rendra compte que les infirmiers et infirmières ont plus d’empathie que les médecins et que c’est grandement grâce à eux que les patient-e-s se rétablissent, pourtant illes sont traité-e-s comme de la merde par les médecins) ou de docteurs en physique nucléaire. Mais des études d’art, le principal aspect est de faire des designers et des experts des matières mais pas des artistes.
Tu prends une école de dessins comme les Gobelins, le but n’est pas de sortir sa BD mais de se faire embaucher par un grand groupe de dessins animés comme Disney ou Pixar (et ce n’est pas une honte, ils ont vraiment du talent).
Einstein, si tu veux un exemple concret, n’était pas chercheur pour faire sa théorie de la Relativité, ça veut dire qu’il n’aurait pas dû la faire ?

L’art est une recherche (d’expression) “personnelle” (ça veut pas dire que ça ne se fait pas en groupe, c’est juste qu’elle n’est pas soumise à la commande) et en tant que tel c’est un CHOIX, et comme tout choix d’adulte responsable il faut que ce soit aussi assumé par la personne qui prend ce dit choix.

Moi non plus justement, et c’est pour ça que je promeus la diminution du temps de travail (libération des énergies créatrices), l’automatisation (moins d’abrutissement et plus de liberté), et le revenu de base (pouvoir survivre sans rien faire).

Ta vision des choses concernant l’art est la même, à mon avis, que celle du Salariat à vie sur le rapport au travail : des gens méritent selon des critères totalement subjectifs d’avoir plus de facilité que d’autres.

PS : je ne suis aucunement frustré pour mon art :

  • Je n’en vie pas et ne cherche pas à en vivre de peur pour l’instant d’en déformer l’essence
  • J’ai déjà vendu des tableaux, gagner des concours de peinture, vendu des objets tournés

PPS : je n’ai pas fait d’étude dans les domaines de l’art, est-ce que ça m’empêche de faire de l’art, la réponse est, et sera toujours, NON


#20

Reprenons par étapes.

La loi prévoit actuellement deux types d’abattement en droit des successions :

  • Un de 20% sur la valeur de la résidence principale si deux conditions sont réunies - article 764 bis CGI (je ne détaille pas ce point ici car cela n’a pas d’intérêt)
  • Un de 100.000€ pour les descendants en ligne direct (enfants, petits enfants…) ou de 159.325€ pour un héritier avec un handicap ou une incapacité (article 779 CGI)

Je propose une abattement global supplémentaire de 50.000€, à diviser entre héritiers taxable (donc tous sauf un éventuel conjoint survivant ou partenaire de PACS) pour 250.000€ légué à un établissement public à vocation culturel (EPVC).

Donc si on fait application de mon abattement sur une succession dont la masse partageable nette (ou actif net) est de 1.5 millions € et qu’il y a deux héritiers :

  • On partage en trois : 500.000€ par héritier et 500.000€ laissé à la libre disposition du défunt (article 913 Code civil)
  • Le défunt décide de léguer ces 500.000€ à un EPVC via une fondation par exemple

Calculs de la masse taxable pour 1 héritier :

  • Sans ma proposition d’abattement : Masse imposable/enfant = Part dans la succession 500.000€ - abattement de base 100.000€ = 400.000€
  • Avec ma proposition d’abattement : Masse imposable = Part dans la succession 500.000€ - abattement de base 100.000€ - abattement supplémentaire pour le legs 50.000€ = 350.000€

Taxation :
L’article 777 CGI prévoit que pour une fraction comprise entre 15.932€ et 552.324€ la taxation est de 20% de la valeur de la masse taxable.

  • Sans ma proposition d’abattement : 20% de 400.000€ = 80.000€ de taxes à payer
  • Avec ma proposition d’abattement : 20% de 350.000€ = 70.000€ de taxes à payer

Conclusion :

  • Sans ma proposition d’abattement : total taxe à payer = 80.000€ x 2 = 160.000€
  • Avec ma proposition d’abattement : total taxe à payer = 70.000€ x 2 = 140.000€

J’ai choisi des chiffres grossiers pour simplifier la démonstration et éviter de perdre ceux qui nous lisent. Mais Une réduction de 20.000€ de taxe ça me paraît peu à perdre pour l’état si ça permet de verser 500.000€ de moins ailleurs.
Il est possible d’imaginer un échelonnement de l’abattement supplémentaire mais la mesure doit quand même porter sur des sommes données assez conséquentes.