Pacte Pouvoir de Vivre


#21

C’est pas si simple la vie (en entreprise)


#22

Il suffit d’avoir les bons outils :wink:


#23

Comment dire…
En tant qu’élu du personnel et syndiqué, j’ai été personnellement plus d’une fois un frein à mon dirigeant d’entreprise. Quand, par exemple, celui ci s’asseyait sur la convention collective, exigeait de ses employés des jours de travail suplémentaires non rémunérés, etc.
Les syndicats ont plein plein plein de défauts. Mais sans eux, les salariés sont sans défense et le code du travail ne va pas avoir plus de portée qu’un recueil de contes pour enfant.


#24

Et dieu à donné à l’humanité un cerveau droit :slight_smile:


#25

Et donc, à quoi sert pour toi un parti politique ?


#26

Tentative de désidéologisation par l’expérience du terrain : c’est parti !

Je suis resté vacataire pendant 6 ans (c’était dans la fonction publique). Je n’avais jamais signé de contrat de travail en 6 ans (car les vacations étaient prévues dans le règlement de ladite administration). Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que c’est qu’être sur un siège éjectable, mais en gros on n’ose pas ouvrir sa gueule car on sait que la direction peut mal le prendre, qu’ils ont le pouvoir de se passer de nous, pouvoir que nous n’avons pas.

Le pire c’est que même en passant par le syndicat j’ai quand même dû déserter mon poste et vivre quelques mois sous le seuil de pauvreté (plus jamais ça), juste pour créer un rapport de force en provoquant le mécontentement des usagers (le job correspondait heureusement à deux qualifications cumulées niveau bac plus 3 chacune et ils ne trouvaient personne dans le coin correspondant à ces qualifications précises, sinon je serais encore sous le seuil de pauvreté). Le syndicat a été utile pour établir cette stratégie consistant à déserter, ce qui réduisait mécaniquement les heures d’accueil du public et a effectivement entraîné de nombreuses plaintes dudit public auprès de l’administration (mais avant cela, la syndicat a été utile pour me faire tilter que les RH n’allaient pas pouvoir me remplacer facilement). Donc loin du cliché du syndicat tout-puissant quand même…

Même un mec en CDI sait très bien qu’une peccadille peut être interprétée en faute grave et se sent pas hyper-serein (oserais-je rappeler les pratiques de Free à titre d’exemple ?) Vous me direz, “ouais mais les prud’hommes,” sauf que comme c’est plafonné depuis 18 mois, ce qui ouvre la porte à tous les calculs cyniques, bah ce n’est plus très dissuasif (heureusement, la jurisprudence est en train de retoquer ça).

Au final, sans passage par le syndicat, je n’aurais jamais obtenu de… CDD. (Oui, un CDD, ce type de contrat de travail qui n’existait même pas avant 1979.) (Oui, il y a bien eu une époque où le CDI était le seul type de contrat de travail, et cette époque c’était il y a moins de 40 ans.)

Les syndicats signent 36 000 accords d’entreprise par an sinon. Au-delà du cliché des gaulois réfractaires, ils ont une capacité au compromis de ouf. (Un peu trop en fait parfois pour la base, mais bon, c’est ça ou rien dans l’état actuel de la juridiction…)

Les syndicats sont utiles. Il existe un rapport de force entre dirigeants et dirigés, les premiers ayant (presque) toujours la possibilité de se passer des seconds qui dépendant pourtant des premiers pour vivre (je dis “presque” parce qu’il y a cette exception : quand personne ne correspond aux qualifications au sein de l’armée de réserve des chômeurs). Nier l’existence de ce rapport de force, c’est gravement bisounourser la réalité. Nier que certains catégories socioprofessionnelles sont en rapport d’obéissance par rapport à d’autres (rapport fondé en général sur la peur mais de plus en plus aujourd’hui sur l’“happycratie” et l’injonction presque inquisitrice au bonheur), c’est un grave déni de réalité. Une exception toutefois : les SCOP (qui font partie de l’ESS, qui pèse pour 10% du PIB).


#27

Merci pour cette démonstration.
N’oublions jamais que la relation de travail est une relation déséquilibrée entre une partie dominante qui a le pouvoir de donner et retirer le travail et l’autre dominée qui n’a que sa force de travail à vendre.
Les syndicats quels qu’ils soient, nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme, ont la principale mission d’organiser les travailleurs pour qu’ensemble ils aient le rapport de force nécessaire à la défense de leurs droits et pour en acquérir de nouveaux.
Et là je n’évoque même pas, quoique…, la nécessité de réappropriation des moyens de production par les travailleurs afin de socialisation (et non collectivisation) de la production afin de répondre aux besoins sociaux de la société et non à la soif de profits des possédants… ce jour-là, où les travailleurs seront affranchis se toute domination capitaliste, les syndicats pourront disparaître.
Après, les syndicats sont ce que les syndiqué.e.s en font. Le syndicalisme se fait par la base, pas par une hypothétique tête… mais là c’est un autre débat qui sort du sujet de départ.


#28

Globalement ce serait pas mieux de devenir humain plutôt que des animaux?


#29

Si tu n’es pas ici pour débattre mais pour répondre par une petite phrase ridiculisante à chaque fois que ton interlocuteur tente d’expliquer son point de vue, ce n’est pas la peine de continuer.

Ceci est un avertissement.

Pour rappel, pas de discussion à propos de modération sur le fil en question, mais ailleurs, ou en mp.

Pour le cvi,
Bibo


#30

@ferguson et @Feletan, je suis tout à fait d’accord avec vous. Le rapport entre employé et employeur dans le code du travail est un rapport “subordination”.
Je trouve totalement inique qu’une relation humaine puisse être légalement qualifiée ainsi dans une société démocratique :rage:
Ceci étant dit, est-ce qu’il y a selon vous des éléments de ce pacte qui sont en totale contradiction avec la vision pirate ?


#31

Le code du pirate insiste suffisamment sur l’émancipation pour que ça pose problème par rapport à nos valeurs je trouve. (Je parle du rapport de subordination.) Pour le Pacte, ben c’est vague quoi. Très vague.


#32

La subordination est un fait. La qualifier comme telle est une nécessité, à part à planer dans un bisounoursland idéal qui n’a aucun rapport avec la réalité. Et dans ce cas, aggraver le rapport de subordination en le niant.
S’il y a un aspect positif au revenu de base (dont par ailleurs je ne suis pas fan) c’est qu’il propose une alternative au rapport de subordination : à partir du moment où on a plus nécessité d’avoir un emploi pour vivre, clairement la dimension de subordination est allégée. C’est quand même avant tout la peur de se faire virer et de se retrouver dans la merde financièrement qui fait que les salariés acceptent n’importe quoi de leurs patrons.