Libertés individuelles et collectives vs Surveillance généralisée (ép. 2018)


#1

Bienvenue dans une nouvelle Dystopie

“Aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur annonce clairement ses intentions au sujet de la surveillance et l’identification par reconnaissance faciale”

… à non c’est la réalité ! Et là avec l’existence du Fichier TES ça peut basculer très vite !


#2

Une piste de réponse de type collective ? Ci-dessous la liste (non-exhaustive) des ONG/Organisations qui ont lutté contre le fichier TES.

La Chine utilise l’intelligence artificielle pour surveiller sa population, connecter ses forces de police, ficher l’intégralité de sa population dont les visages des citoyens, surveiller son Internet : Gérard Collomb annonce vouloir faire la même chose.

Une réflexion politique et citoyenne sur ces nouvelles méthodes policières “augmentées” par la technologie devrait — normalement — en France être lancée aux vues des changements de société qu’elles impliquent. Il n’en est rien pour l’heure. Même si le Conseil national du numérique (CNnum) s’est élevé contre le fichier TES, tout comme l’Observatoire des libertés et du numérique (Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France), la Ligue des droits de l’Homme, La Quadrature du Net, le Centre d’études sur la citoyenneté, l’informatisation et les libertés (CECIL) et le Centre de coordination pour la recherche et l’enseignement en informatique et société (CREIS-Terminal), qui ont tous condamné fermement la création du fichier…

Source : https://information.tv5monde.com/info/surveillance-et-cybersecurite-la-france-se-met-elle-dans-les-pas-de-la-chine-219504


#3

Apparemment ce type de protestation collective, même venant d’acteurs de poids, est sans aucun effet. C’est plus une affaire de posture du coup qu’une tentative d’agir sur le cour des choses.
Drôle de chemin que celui que prennent les politiques, peuvent-ils ignorer que, dès le 18ème, Montesquieu a démontré que tout renforcement de la sécurité se fait au détriment des libertés, jusqu’au stade où la tyrannie réapparaît d’elle-même, confortablement installée par toutes les décisions liberticides préalablement consenties par le peuple. Encore plus tôt, au 17éme de la Boétie prévenait les peuples de leurs penchants à se perdre tellement en divertissements décérébrants qu’ils en viennent à ne plus reconnaître la valeur des libertés qu’on leur ôte peu à peu, au profit d’une “servitude volontaire” tellement fautive et tout aussi propice au retour d’un tyran, qui n’a qu’à se présenter pour s’emparer des dernières libertés.

A mon sens, la grande victoire de la poignée de terroristes ayant perpétrés des attentat en France, ce ne sont pas leurs victimes, mais le fait d’avoir déclenché une psychose collective qui nous fait renoncer à nos libertés les unes après les autres, c’est bien la première valeur de la république que renient les politiques sécuritaires et une large partie du peuple qui se laisse abuser par les distorsions produites par la focalisation médiatique malsaine sur des faits dramatiques servis en boucle au quotidien. On vit plus dans une société qui a peur d’elle-même et peur de la menace des terroristes (éternelle a priori) que dans une société réellement violente. Les cas de violence averée restent marginaux dans une population de plus de soixante millions de personnes, mais la plupart des gens se représentent tout de même la société comme un espace violent et dangereux au quotidien.

Les lois sécuritaires déclenchent un effet de cliquet, de non-retour, comme pour le plan vigipirate, mis à éxécution en réaction aux très lointains attentats de new york en 2001il me semble et plus jamais discuté du fait de la pression de la possibilité théorique d’attentats. Ça faisait bizarre en 2001 de voir des militaires en armes dans les lieux publics, aujourd’hui on n’y fait pratiquement plus attention, on s’est habitué à tolérer des gardes armés dans les lieux passants en ville par soucis de “sécurité”. Quand on se sent plus en sécurité en présence des armes, comme aux USA, c’est quand même que quelque chose cloche.

C’est dans ce contexte tout réceptif aux renoncements en terme de liberté que ce fichier est mis en place, à quoi et qui servira-t-il à l’avenir, personne en peut en préjuger mais on est bien sur une méchante pente savonneuse au terme de laquelle il ne rien y avoir que l’on souhaiterait pour la société dans laquelle on vit… Tout comme la liberté est en balance avec la sécurité, le contrôle par la surveillance active est en balance avec la capacité de s’insurger, qui nécessite l’esprit critique et détermine la vitalité d’une démocratie. Quand il n’y a plus qu’un attentat pour convaincre les foules de manifester (Charlie), en ne revendiquant rien (“Je suis Charlie”, je cherche encore le sens caché de cette phrase), le peuple accuse qu’il a parfaitement les moyens de faire entendre sa voix, mais qu’il n’a en fait plus rien à dire. Qui ne dit mot consent face au recul des libertés dans l’espace publique, qui est pratiquement tout l’espace qui nous est accessible. Au moins, nous sommes de ceux qui s’insurgent encore (a minima)… Mais en rêvant même d’une victoire électorale du PP pro-liberté, une fois en place il ne sera plus question de défaire les lois liberticides, car en cas d’acte terroriste, les responsables politiques ayant auparavant diminué les mesures sécuritaires au profit des libertés se feraient crucifier par l’opinion publique. La vox populi ne verrait pas l’intérêt de se retrouver libre d’être attaquée par des terroristes, elle demanderait certainement le retour de la sécurité…