Législatives et la question sécuritaire


#21

Je ne suis pas contre le message porté par cette amendement au Code civil mais je suis contre la méthode qui est utilisée. A faire de faire de la Loi un outil seulement prescriptif va lui faire perdre sa portée contraignante. La loi sanctionne déjà de manière ferme toutes violences faites par un parent sur son enfant (même un fessée - 10 ans d’emprisonnement).
De plus, je tiens à souligner (comme je l’ai fait précédemment sur le même sujet) que faire une loi “symbolique” ne change rien aux comportements…

Non, le premier à porter plainte n’a pas toujours raison. J’ai eu l’occasion d’étudier, de voir et de discuter de l’orientation pénale (aka comment traite-t-on une plainte) et ça ne se passe pas ainsi. Une expérience personnelle (la tienne) ne constitue pas une généralité.


#22

Certes, cependant beaucoup de violences éducatives énoncées dans la dernière loi n’étaient pas considérées comme des violences par la plupart des gens. De plus, si je ne dis pas de bêtises, la loi précédente condamne les violences physiques, alors que la dernière en date parle également des violences psychologiques (à vérifier).

Les lois contraignantes n’entraînent pas non plus de changement de comportement (cf les lois sur le droit d’auteur qui ont mené à la création Hadopi par exemple).

Le problème c’est que, en France, dans les mentalités ce qui n’est pas interdit est autorisé.

Après pour que les choses soient claires, je suis favorable à l’ajout d’un volet contraignant à cette loi.


#23

Les violences psychologiques sont réprimées au même titre que les violences physiques.


#24

Ok alors je dis des bêtises =D


#25

Perso, je suis pas du tout d’accord (au point d’ailleurs que si le PP prônait le port d’arme pour tous, je quitterai le parti sans plus tarder).

Sinon, on peut aussi rétablir la peine de mort pour les kamikazes :stuck_out_tongue_winking_eye:

Je suis pas certain du chiffre avancé par ton article de 32% de propriétaires d’armes à feu, parce que l’article dit aussi qu’il y a une arme à feu pour trois personne. A mon avis, ils se sont plantés, ils ont juste divisé le nombre d’armes à feu par le nombre de personnes, mais ils ont pas tenu compte du fait que les propriétaires ont souvent plusieurs armes et que les flics et militaires en ont, mais pas en tant que citoyens lambda.

Et soit dit en passant, le taux de suicide est plus élevé chez les détenteurs d’armes que chez les autres.


#26

Je suis d’accord sur ce point, ce serait dangereux et stupide. C’est d’ailleurs pour ça que littéralement personne ne le prône, même pas l’arpac (voir le lien posté avant).

Les questions ancillaires sur le contrôle des armes concernent aussi la chasse et le tir sportif. Et il y a beaucoup de chasseurs dans ce pays (plus que de tireur sportifs). Qui votent.


#27

Il me semble que c’est vrai aussi dans le droit français.


#28

Parce que oui, il ne faut pas confondre le droit et la morale :smile_cat:


#29

Beaucoup de choses déjà dites, pour l’instant le terrorisme est un problème anecdotique en terme de «morbidité», du coup les réactions sont disproportionnées en plus d’être inefficaces. Si on avait le même niveau de débat sur la pollution de l’air, on assignerait à domicile tous les détenteurs d’un permis de conduire et des chars d’assauts surveilleraient les portes de Paris.
Après le but avoué à demi-mot c’est de donner le sentiment de sécurité.
Mais pour répondre à la question première, la solution c’est la justice et donc des enquêtes de police judiciaire et donc des moyens. Recouper des données n’est pas un tabou, tant qu’un juge veille au respect du droit et qu’on organise pas une collecte indiscriminée et systématique.
Pour les outils juridiques, je ne suis pas fan des législations d’exceptions (terrorisme, mafia) mais il me semble que ça a été utile en Italie, donc je reste ouvert à cette question.


#30

Pour continuer sur le thème de la justice, je pense que le problème de la radicalisation, en plus d’être favorisé par les inégalités économiques l’est aussi par les inégalités juridiques et répressives.

On sait que les passages en prison favorise la radicalisation. Or les personnes les plus vulnérables par rapport aux idées terroristes sont surreprésentées en prison.

En France, nous avons une justice à trois vitesse. La justice “normale” des classes moyenne, la justice permissive et indulgente de la grande délinquance financière et politique (évasion fiscale, Christine Lagarde, multinationales, etc.) et enfin une justice punitive, “automatisée” et “dépersonnalisée” pour la délinquance populaire et les autres “mauvais sujets”.

En plus de cette justice injuste, la police fait subir humiliations, harcèlement et discriminations aux couches populaires et aux personnes racisées.

Face à ces problèmes qui “attaquent” particulièrement certaines catégories de population, il me semble normal qu’une partie d’entre eux voient la société comme leur adversaire.

Si on s’occupait des problèmes de la société, on diminuerait d’autant les vocations aux actes terroristes.


#31

Je suis on ne peut plus d’accord. Et c’est exactement ça que j’entendais par “mieux vaut prévenir que guérir”. Merci de l’avoir exprimé autrement. :heart:


#32

J’approuve a 100 % cette phrase, je pense que je la ressortirais :hugging:


#33

Dans le court terme je propose :

  1. Aller à la rencontre des citoyens des zones difficiles pour créer la discution sur leurs problèmes que ce soit dans le bassin parisien comme en province.

  2. s’attaquer au Causes du terrorisme en s’appuyant sur des textes sociologique et/ou des reportages de sociologues pour nous aiguiller sur les problèmes de l’extrêmisme religieux et/ou politique.

  3. Appeller à ne pas venir en Guerre contre la Syrie. Cependant sans nier les problèmes qu’il y a dans ce pays et en encourageant ceux qui agissent au nom de nos valeurs : c’est à dire les gens qui sont opprimé par Bashar Al Hassad et l’état islamique.


#34

Je viens mettre mes 2 cents aussi… Je baigne un peu dans le discours angélique de part mon métier, mettez les mots “livres” + “enfants” et les gens ont l’impression d’avoir résolu tous les problèmes de l’humanité.

J’avais écrit un truc à ce sujet sur mon blog, c’était une semaine après le 13 novembre : http://le-wonderblog.blogspot.fr/2015/11/de-nos-super-pouvoirs.html

Mais surtout, ce qui me frappe c’est le décalage entre le discours sur la bienveillance et la tolérance, qu’on veut leur inculquer à grands coups de bouquins, et le vécu de ces mômes quand je vais dans leur classe : système scolaire basé sur la compétition, vision univoque de la réussite (maths et français), mépris des parents socialement fragiles, et des mamans voilées, exclusion des grandes soeurs. Notre système scolaire ne laisse, dans les faits, aucune place à la différence.

… et ça va en s’empirant. Juste une anecdote, mais la classe de ma fille (en 3e section internationale, avec des cours en anglais pour les gamins bilignues) avait aussi une section arabe (avec des cours d’arabe donc), ce qui offrait une super mixité. Devinez quelle section passe à la trappe à la rentrée avec la réforme ?


#35

Je suis assez d’accord sur plusieurs points cités plus haut :

  • Non aux ports d’arme “citoyen”
  • Que le problème de la radicalisation ne se résoudra pas avec des mesures de sécurité plus strict (augmentation du nombre et du type de fichage, augmentation des caméras, etc), il faut travailler en amont. A mon sens, il est plus productif de limiter les personnes qui se radicalisent plutôt que d’essayer de “courir” après les radicaux.
  • Il y a un point important aussi, qui ne s’applique que peu dans le cas du terrorisme mais plus au niveau de la délinquance, c’est le nombrilisme de la société. On pousse les gens “à se mêler de ce qui les regarde” et du coup beaucoup de choses peuvent se faire au grand jour sans aucune intervention des citoyens. La responsabilisation des citoyens à la bonne marche de la vie de tout les jours est un point important. Les violences, les vols, les processus utilisés pour radicaliser les gens ( qui peut se faire par la violence également) se font dans la vie de tout les jours avec des gens autour qui entendent et voient mais ne font rien car “cela ne les regarde pas”. Quand je lis que des personnes se font violer/voler/agressé (par exemple) dans un metro/train/tram/rue rempli de monde et que personne ne fait rien, cela me choque.

Je crois que mon dernier point est un peu long, désolé, j’ai essayé d’être synthétique. Même si je sais que la loi prévoit un “non assistance à personne en danger”. Dans les faits, j’ai l’impression que cela n’intervient que rarement et que trop de choses se passent dans l’indifférence générale ou une “indignation” après coup.


#36

En fait dans le cas d’une agression tu n’es pas obligé de te mettre en danger toi-même. Le gros problème c’est que si tu interviens, tu peux avoir à te battre et ensuite être attaqué pour coup et blessure.


#37

Waouh, autocitation. Je voulais ajouter qu’une police administrative, «de proximité» est bien sûr essentielle pour surveiller et prévenir les agressions et attentats, ce qu’on souhaite tous bien sûr mais là on touche à deux énormes problèmes : l’inféodation à l’exécutif (premier ministre, préfets, maires) et la bonne utilisation des ressources qui servent malheureusement pour le contrôle au faciès, le harcèlement des prostituées, des migrants et Roms, le gazage des lycéens, voir l’intimidation au niveau municipal, …


#38

J’aimerai avoir l’avis de @DelfLyGla sur ce sujet :slight_smile:


#40

Oui le sujet est très intéressant je prendrai le temps d’y répondre connaissant un tantinet le sujet


#41

Pour moi le problème majeur qui se pose est la limitation des libertés et de la confidentialité des communications sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme ceci facilité par l’état d’urgence

Par exemple le chiffrement fort a été remis en question par Cazeneuve récemment.

L’utilisation des moyens de communication avec chiffrement de bout en bout fait de vous un suspect a priori … car les terroristes utilisent cela … même si ils utilisent plutôt le bouche à oreille le téléphone …