Entretien Thomas Coutrot : « L’organisation capitaliste du travail privilégie le pouvoir au profit »


#1

Entretien Thomas Coutrot : « L’organisation capitaliste du travail privilégie le pouvoir au profit »

Une intéressante lecture où Thomas Coutrot (Statisticien et économiste du travail, co-fondateur des Economistes atterrés et porte-parole d’Attac) évoque le poids de la recherche de pouvoir dans les pratiques économiques et sociales.
J’ai toujours estimé que la recherche du pouvoir prévalait sur la recherche d’argent, il le justifie pleinement.

Il est aussi intéressant de lire son analyse du lien entre le monde du travail et la passivité politique. Il parait effectivement logique que dans un monde où nous sommes soumis à l’obéissance et à la réalisation de tâches sans sens, nous ne puissions plus être en mesure d’agir en pleine conscience de nos choix et nos actes, à commencer par les plus politiques d’entre eux.
Ainsi, à mes yeux, la DémocratieLiquide ne peut exister sans une refondation de nos relations au travail et/ou une autre manière de financer notre existance (oui, je pense au Revenu de Base, notamment)

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Sur ce sujet, je pense n’avoir pas été complètement à côté de la plaque :
https://www.youtube.com/watch?v=X4ybXLa8WMA

Les visions politiques portées par le Parti Pirate me paraissent être dans la droite ligne de ce qu’il présente et il serait bon d’en connaître un peu plus sur son travail afin de mieux identifier les blocages et solutions à mettre en œuvre (poke @EquipageDemLiq et @EquipageLecture). Cela nous permettrait de nous appuyer sur un corpus théorique pré-existant.


#2

Intéréssant, notamment pour les systèmes organnisationnels productifs innovants qui sont décrits et pour l’évocation des effets de l’organisation tayloriste du travail sur la vie de la CIté.
Effectivement, comme tu le dis, la Demliq exige plutôt un empowerment des citoyens pour qu’ils s’emparent des affaires publiques ou pour qu’ils désignent de façon éclairée et non systématique un délégués chargé de choisir pour eux ponctuellement sur un sujet d’expertise. En l’état, l’organisation du travail aliénante, la compensation par la consommation dans le cadre du compromis fordiste et le système scolaire s’opposent à l’idée d’autonomisation des individus. Donc pour faire vivre la Demliq de façon saine il faut repenser les conditions de travail et, au delà, les modes d’organisation du travail dans le sens du bottom-up et de l’horizontalité accrue des structures productives.
Le revenu universel complète effectivement ce diagnostic en instorant le “droit à la liberté économique” qui créerait une pression à la hausse sur les salaires et une amélioration des conditions de travail, car celui-ci devrait devenir attractif pour justifier de travailler plutôt que de se contenter de toucher le revenu universel.
L’équipage “économie pirate” a pour vocation de concevoir une économie alternative qui serait l’expression des cinq valeurs pirates, en repositionnant l’humain, l’individu, au coeur du projet de société qui ne peut plus se contenter de prôner l’accumulation de biens marchands. Cet équipage doit encore passer le stade de a validation des motions, mais son objectif prévu me semble en phase avec le travail de cet économiste. Comme je fais partie de l’équipage lecture je veux bien commencer par synthétiser un ou deux de ses livres pour enrichir mon approche d’une économie alternative et partager mes synthèses avec qui veut.
Si tu es intéréssé par ces questions tu as toute ta place dans le futur équipage “économie pirate”, on cherche des bonnes volontés intéressés par les questions socio-économiques pour développer des modèles économiques alternatifs et viables favorables au développement humain. Nous aurons également pour vocation de proposer des évolutions du programme économique pirate pour apporter du fond et de la densité qui seraient des arguments de différenciation attractive du PP parmi l’offre politique existante. Il y a un vrai coup à jouer sur ce créneau car la gauche reste sur des conceptions keynésiennes éprouvées par les faits et la droite sur sa doctrine libéral capitaliste qui s’oppose au développement humain.
En construisant un vrai projet socio-économique d’envergure, au-delà d’un simple programme économique, on donnerait du poids au PP.


#4

Le cas le plus parlant que je connaisse de cette problématique, c’est celui de l’unité de production de Volvo d’Uddevalla. Il s’agissait de l’antithèse complète de l’organisation fordiste de la production. Une petite équipe d’ouvriers prenait en charge la fabrication des voitures de la conception jusqu’à la fabrication. Cette unité de production avait un rendement bien supérieur aux autres usines du groupe construite sur le modèle fordiste. Et bien, malgré cela, l’expérience n’aura duré que 4 ans; la direction y a mis un terme en 1993. On peut donner deux raisons: la première, c’est que la robotisation ne pouvait être poussée plus loin dans une organisation de ce type (un exemple des “bienfaits” de l’informatisation!). La seconde qui nous ramène au sujet abordé ici, c’est que la direction estimait qu’il était trop dangereux d’accorder autant de pouvoir aux ouvriers malgré les profits supérieurs qu’on pouvait en tirer.