Débats 2020-10 : Bilan de l'équipage municipales 2020


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Exposé des motifs

L’équipage Municipales est arrivé au terme de son activité prévue dans son code de fonctionnement à l’issue des municipales en juin dernier et vous présente son bilan.

Contenu de la proposition

Bilan d’activité de l’équipage Municipales 2020

Bilan par commune/campagne

Besançon

(Paco) J’ai rejoint la liste “Besançon par Nature” en Janvier 2020, j’étais donc le dernier arrivé dans la liste. Je connaissais personnellement la tête de liste Anne Vignot, je l’avais donc contactée directement pour lui présenter mon intérêt à participer à cette campagne et c’est tout naturellement que j’ai rejoint le groupe EELV.

L’affichage de mon appartenance au Parti Pirate est par contre restée quelque chose de flou. Étant ma 1ère expérience politique et en 18e place dans la liste donc en position éligible, j’ai eu du mal à négocier l’affichage de mon appartenance et j’ai fini par laisser un peu tomber les choses (logo, société civile, etc.). Certes j’étais le seul pirate de la liste et j’arrivai vers la fin de la campagne mais je retiens que mon appartenance n’a jamais été quelque chose de “fluide”, un sujet facile notamment chez les Verts. Par contre je retiens aussi le grand intérêt qu’ont témoigné un certain nombre de colistiers à l’égard du Parti Pirate, notamment chez Génération.s, ce qui vaudra d’ailleurs une invitation à Bibo pour participer à un débat organisé par Génération.s à la fin de la campagne sur le Revenu Universel d’Existence.

Pour la suite, je fais le constat que les grands partis politiques prennent tout le devant de la scène et je m’interroge sur des alliances futures entre le PP et d’autres partis. J’ai des rapports ambiguës et pas simples avec EELV notamment, beaucoup plus courtois avec le PCF, le PS et surtout Génération.s. Je remarque que le thème Pirate a intrigué mais intéresse beaucoup, rien que le nom a été un vrai vecteur de communication dans ma liste.

J’apprécie au Parti Pirate la rigueur et l’ouverture d’esprit dans les idées et j’ai regretté à Besançon le laxisme sur certains points du programme, de même que les positions dogmatiques sur certains sujets inhérent à un rassemblement de la gauche. A l’avenir, je serai plus à l’aise à mener une campagne 100POURCENT pirate plutôt que de m’associer à des partis essayant de tirer leur épingle du jeu et finalement caricaturer la pensée pirate.

En conclusion, une super expérience, un bon apprentissage, et une envie encore plus forte de défendre non seulement les idées mais aussi le fonctionnement des pirates, car j’ai le sentiment que les gens attendent un vrai renouveau dans le fonctionnement de la vie politique (ce que les partis installés ne proposeront jamais).

Lyon

(Vince) Dès juin 2019, MagicVince a transmis aux Pirates une pétition visant à réunir toutes les forces écologistes en vue des élections municipales et métropolitaines de Lyon. Je l’ai signée à tout hasard. Ce n’est que par la suite que j’ai appris que c’était un projet d’EELV : je croyais naïvement qu’il s’agissait d’une initiative citoyenne ! Je me suis donc retrouvé embarqué dans le projet “Changer Lyon pour le climat”. J’ai rencontré Grégory Doucet dès la fin juillet 2019, alors qu’il organisait un apéro en extérieur pour réunir les personnes intéressées, signataires de la pétition et adhérents EELV. À cette occasion, il a annoncé qu’il allait se présenter à la primaire ouverte pour la tête de liste municipale du mouvement “Changer Lyon”. Il y sera élu en septembre au premier tour de scrutin. La tête de liste métropolitaine est élue quelques semaines plus tard mais uniquement par les adhérents EELV. Bruno Bernard remporte ce scrutin face à son unique adversaire. Notez qu’à Lyon, et c’est un cas unique, les conseillers métropolitains sont élus au suffrage universel direct selon le même mode de scrutin que les conseillers municipaux, mais avec des listes et un découpage différents.

De septembre à novembre, de nombreux ateliers sont organisés pour constituer le programme qui sera présenté aux électeurs. En parallèle, des réunions entre militants du projet ont lieu pour désigner les têtes de liste des arrondissements et des différentes circonscriptions métropolitaines. Un processus sociocratique est utilisé, permettant à tout le monde de s’exprimer et de désigner la personne de son choix sans qu’il n’y ait de déclaration de candidature. Le programme est entériné fin novembre à l’occasion d’une assemblée générale, durant laquelle les militants valident officiellement l’intégration du Parti Pirate et de Génération Écologie au mouvement. Lors de cette AG, les têtes de liste sont définitivement investies. Le processus global est très démocratique, exception faite de la désignation des têtes de liste : les noms fournis par sociocratie dans les arrondissements / circonscriptions n’étaient que consultatifs et le comité de campagne (composé essentiellement de militants EELV à ce moment-là) pouvait choisir qui il voulait.

La campagne commence vraiment dès décembre. Les listes ne sont pas encore constituées, elles le seront en janvier par les têtes de liste en fonction des souhaits émis par chacun-e. Me faisant remarquer par ma détermination à être élu, ma présence importante sur le terrain et du fait de mon rôle de porte-parole du Parti Pirate, je suis placé 6ème sur 36 de la liste municipale du 8è arrondissement. Cette liste arrive en tête à l’issue du premier tour, le 15 mars 2020. Durant le confinement, je n’ai que peu l’occasion de participer à une campagne de facto suspendue… Ce qui n’empêche pas un décideur d’utiliser ce prétexte pour m’écarter des positions éligibles au 2nd tour.

Cette campagne aura été très enrichissante sur tous les plans. J’en retiens en particulier un enseignement fondamental et j’aimerais que TOU-TE-S LES PIRATES S’EN INSPIRENT : ne cherchez pas à convaincre une personne que vous sentez butée, convainquez celles qui vous regardent. Se taire et laisser les spectateurs juger est parfois la meilleure chose à faire, surtout à l’écrit.

En ce qui concerne la campagne au niveau du PP, l’équipage a permis aux candidats d’échanger et d’éviter d’avancer seuls dans des mouvements où la composante pirate représente peu. Nous avons ainsi évité des pièges et nous nous sommes motivés mutuellement, porté-e-s par la volonté de défendre notre parti. Le programme modeste que nous avons créé aura eu un intérêt assez limité : les candidat-e-s ont été investi-e-s par le PP pour intégrer divers mouvements avant même que le programme ne soit considéré comme terminé. Le calendrier électoral a fait que peu de temps séparaient les municipales des européennes, donc nous n’avons pas eu le temps de faire un programme complet. De plus, l’éparpillement des candidatures rendait difficile la collaboration commune au parti, chacun-e faisant campagne de son côté pour obtenir sa place sur une liste, puis auprès des électeurs-rices. Réaliser un programme commun au parti pour des élections municipales, où les situations locales sont tellement variables d’une commune à l’autre, n’est peut-être pas viable. Si nous sommes amené-e-s à renouveler l’expérience des municipales où nos candidats intègrent un mouvement local, nous pourrions envisager simplement une charte où les Pirates s’engagent à défendre des idées plus générales liées au code des pirates. Je pense par exemple aux points de programme sur les transports, qui peuvent être très pertinents à Aurillac mais impensables à Bordeaux (au hasard).

Marseille

(Ciriol et Chr.Hugon) Deux Pirates se sont engagés dans la campagne des municipales. Leur choix s’est porté sur une alliance de parti politiques et citoyens. Assez vite un partage des taches se fait. L’un va s’investir dans du militantisme de terrain et porter plutôt une image citoyenne et l’autre va faire le lien avec le PP et prendre en charge la relation avec l’organisation de la campagne et les liens avec les différentes composantes de ce mouvement. Venant d’un parti peu connus, on a eu deux effets négatifs. Une envie des autres composantes de nous avoir dans leur groupe (portée surtout par les valeurs défendues au sein du PP ) et une difficulté à être considérés, pour un interlocuteur, à même hauteur que les gros partis.

Toulouse

(Mouguche, Purerstamp, équipage Occitanie) En juillet, le Parti Pirate a opéré un rapprochement avec Archipel Citoyen un mouvement citoyen en partie fondé par EELV. Plusieurs partis ont également rejoint le mouvement (La France Insoumise, Toulouse idées neuves (PS), Place Publique, Nouvelle Donne…)
Archipel Citoyen est un mouvement se revendiquant du municipalisme, et fortement inspiré des modèles de Barcelone et de Grenoble. Si la démocratie participative a longtemps été le point dominant de leur manifeste de valeurs, elle a peu à peu laissé sa place à l’écologie.
Deux membres du pp se sont prêtés aux différentes phases de désignation des candidats. et l’une d’entre eux à été retenue à l’issu du processus de désignation à la 34-36ème place.
Le processus de désignation se voulait transparent et citoyen, avec 1/3 de tiré au sort, 1/3 de plébiscités et 1/3 de volontaires sélectionnés par vote selon leur profil sur une plateforme en ligne.
Si, sur le papier, ces modalités de désignation devait permettre une forte présence citoyenne, dans les faits elles se sont montrées très peu robuste à la manipulation, certains partis ayant suffisamment de ressources pour “placer” leurs candidats.
L’élection de la tête de liste s’est faite au jugement majoritaire mais la encore il y de forts soupçons de tractations entre membres de partis pour faire élire A. Maurice.
Le processus d’auto-ordonnancement, ensuite, a été très éprouvant avec beaucoup de conflits entre les membres issus de la société civile et les membres issus de partis. Il s’est étalé sur 2 mois, avec des réunions très fréquentes et s’est soldé sur l’attribution de positions sur la liste pour les encartés et pour les non encartés, et deux processus distincts, jugement majoritaire pour les non encartés et cuisine politicienne pour les encartés. (Ce qui explique en partie notre position sur la liste.)
A l’issu de ce processus d’ordonnancement, la confiance en Archipel Citoyen a été clairement entachée.
Avec l’appui du Parti Pirate Occitanie nous avons également collaboré à l’élaboration du programme, et à la campagne.

Goudourville

(farlistener) À la suite de la proclamation du mode de scrutin de sa commune, rappel des spécificités des communes de moins de mille habitants, et donc la possibilité de partir seul, un pirate a décidé de faire campagne localement, notamment dans l’objectif de montrer qu’il est sur le terrain à petit échelle en plus d’être présent au niveau national, de pouvoir profiter de relais dans la presse écrite (un article direct et un article de fond sur les candidats et en particuliers les candidats “autonomes”) et, pour finir, de mettre à l’épreuve un programme pirate en ruralité. Deux réunions publiques ont été organisées, notamment autour de la démocratie et telle qu’elle peut être pratiquée au niveau d’une petite commune.
À l’arrivée et malgré les circonstances, des gens se sont déplacés pour voter une étiquette pirate (7POURCENT au premier tour, soit 31 voix contre 7 voix aux législatives 2017) ce qui montre que la pluralité possible dans un scrutin rend les idées pirates accessibles.
À refaire dans six ans.

Levallois-Perret

(GregoireMarty) C’est avec l’idée de représenter les valeurs pirates lors des Municipales à Levallois-Perret que notre candidat a intégré le Parti Pirate en Novembre 2019. Une ville symbolique où il s’agissait de faire campagne sur l’éthique en politique, la transparence et la démocratie. Nous sommes allés jusqu’au mois de Février, autour de l’adaptation du programme général des Municipales au contexte levalloisien. Autour de ce programme, les pirates avaient créé une cagnotte, pour manifester leur soutien à ce projet. Mais par manque de temps et d’énergie, nous nous sommes finalement retirés de la course aux Municipales à Levallois, et avons préféré réorienter nos efforts.
Levallois-Perret reste une ville où le Parti Pirate a de toute façon des choses à montrer… dans 6 ans ?

Bilan global

Les points positifs

  • Une élaboration collective des points de programme avec utilisation de discourse (primant sur l’utilisation de la plateforme dédiée)
  • Des points hebdomadaires sur l’ensemble des campagnes
  • Une transparence internet et externe dans la désignation des candidats

Les points négatifs

  • Un programme pas assez fourni et difficile à construire
  • Un manque de volontaires pour répondre à toutes les sollicitations locales reçues
  • Des candidats très seuls dans leur campagne électorale sur le terrain

A améliorer pour la prochaine fois

  • Concentrer les débats dans un endroit dédié (sur la plateforme) et pas sur deux sites (Discourse et Congressus)
  • Une meilleure communication avec nos soutiens et surtout la presse
  • Ne faire campagne que lorsque les circonstances sont réunies pour ne pas laisse un candidat seul dans le collectif

Lien vers Congressus : https://congressus.partipirate.org/construction_motion.php?motionId=2324

Rapporteur : @Florie