Débats 2019-06 : Un don du sang sans discrimination de genre ou de sexualité des donneurs


#1

Lien vers Congressus : https://congressus.partipirate.org/construction_motion.php?motionId=1582

Rapporteur : @Ouzbek


#2

De même on exclut du don les personnes ayant reçu une transfusion sanguine même très longtemps auparavant. Je ne suis pas spécialiste, mais il me semble que cela n’est pas vraiment justifié. En effet, à la vitesse du renouvellement du sang il y a je pense un risque très faible de développer une maladie à cause d’un sang reçu il y a 20 ans.
Ma question est donc : La motion vise-t-elle prioritairement à dénoncer la discrimination de genre ou de sexualité ? Ou vise-t-elle à élargir le nombre potentiel de donnateurs ?


#3

Voici une petite explication de pourquoi est ce que les personnes transfusé ne peuvent pas donner leurs sang.


#4

Dans l’annexe 3 de ce document émis du parlement européen ; https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:32004L0033
Il semble qu’ils excluent les personnes sur leur sexualité (à mon grand étonnement, parce que je pensais que la France était un peu seule à le faire) mais pas les transfusés sur le long terme.


#5

Je crois que c’est ce qu’il appellent “Receveurs d’une xénogreffe”, et que ce terme comprend aussi les transfusions . (Page 8 du PDF)


#6

La xénogreffe signifie que l’on greffe un organe provenant d’une autre espèce que le receveur. Par exemple, une valve de porc sur un cœur humain.
Je doute que cela concerne la transfusion …


#7

En effet, tu as parfaitement raison, faut que je revois mes cours moi :smiley:

Mais sinon ça veut dire que effectivement la transfusion n’est pas mentionner dans le fichier que tu as envoyer ^^


#8

D’après mes recherches, la discrimination n’est pas arbitraire et il y a de vrais arguments de santé publique pour encadrer avec plus de restrictions le don de sang après avoir eu des rapports homosexuels masculins.
Près de la moitié des personne infectés par le VIH aurait été infectées par ce types de rapports sexuels. Sachant qu’il n’y a qu’une minorité de personne pratiquant ce genre de rapport leur incidence est donc importante (bien que je ne crois pas qu’elle soit chiffré précisément pour la population général, seulement pour les lieux de convivialité homosexuel, où elle est relativement importante : https://prevagay.fr/fr/).
Source : http://invs.santepubliquefrance.fr/fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/VIH-sida-IST/Infection-a-VIH-et-sida (si vous voulez vérifier les données rapidement, aller dans la rubrique “aide mémoire” ou “incidence”).

Par ailleurs, il semble y avoir des chercheurs qui s’intéressent à la manière de permettre aux hommes ayant des rapports sexuels entre hommes de donner leur sang de façon sécurisé pour les receveurs. Par exemple : http://invs.santepubliquefrance.fr/pmb/invs/(id)/PMB_11045

Bien sûr il est injuste d’empêcher les homosexuels masculins de donner leur sang comme tout le monde, mais aux vues des données épidémiologique il me semble qu’il serait encore plus injuste pour les receveurs de ne pas encadrer cela. Et aussi pour les gays qu’on ne leur communique pas qu’ils sont statistiquement plus à risque d’attraper le sida.

Évidemment c’est un sujet délicat et je ne prétends pas détenir la vérité. Mais personnellement je suis pour l’instant contre un arrêt de toutes formes de discrimination au don de sang envers les gays.


#9

Alors, pour la communication sur les risques d’attraper le sida durant les rapports homosexuels, je crois qu’on en a déjà beaucoup, et ce n’est pas le sujet ici.

Pour les “risques de transmission”, faut pas oublier qu’après un don, il y a des tests qui sont menés, c’est d’ailleurs pour ça qu’une personne séropositive est systématiquement prévenue par courrier ou téléphone suite à un don du sang. Cependant, même si effectivement une part importante des personnes concernées par le sida sont des personnes ayant des rapports homosexuels, ils ne constituent qu’une très faible minorité des personnes ayant des rapports homosexuels, de l’ordre de quelques pourcents tout au plus. Interdire le don du sang pour les 95% de non-hétéros qui n’ont pas le sida me paraît très con.
D’autant que, justement, autoriser le don du sang pour eux pourrait aussi permettre, au passage, à certains non-hétéros séropositifs de découvrir leur maladie, s’ils n’ont jamais eu l’occasion de faire de tests.


#10

@Ouzbek ; La motion vise-t-elle prioritairement à dénoncer la discrimination de genre ou de sexualité ? Ou vise-t-elle à élargir le nombre potentiel de donnateurs ?


#11

En priorité, à mettre fin à la discrimination de sexualité, le nombre de potentiels donateurs est un argument supplémentaire.


#12

Je viens de jeter un oeil à l’étude de l’INVS posté par @Joh voilà ce qu’on y trouve:

Vingt-huit séroconversions VIH sont survenues chez des don-neurs réguliers entre 2008 et 2010, représentant un risque de 1 sur 2 900 000 dons. Quatorze séroconversions (50%) concernaient des HSH. Si tous les HSH s’étaient abstenus de donner leur sang, ce risque aurait été de 1 sur 5 700 000 dons, soit la moitié du risque actuel. La nouvelle stratégie se traduirait par un risque global de transmission du VIH de 1 sur 3 500 000 (proche du risque actuel) à 1 sur 700 000 dons (quatre fois plus élevé que le risque actuel).

et:

Cependant, cette analyse quantitative ne tient pas compte d’un éventuel changement de comportement des HSH face à une modification des critères de sélection. Comme la contre-indication permanente est perçue comme discriminatoire par une partie des HSH, certains détournent l’interdic-tion en dissimulant leur comportement sexuel lors de l’entretien pré-don. On peut supposer que les HSH qui souhaitent donner leur sang pourraient être davantage observants vis-à-vis d’une mesure basée sur un ajournement temporaire. A contrario, il faut également envisager l’hypothèse qu’un assouplisse-ment de la mesure pourrait être interprété comme un signal indiquant que la sélection des donneurs est devenue une phase moins importante et, par conséquent, l’auto-exclusion pourrait en être réduite. La nouvelle mesure pourrait alors encourager à uti-liser le don du sang comme un moyen de dépistage, situation dangereuse compte-tenu de la persistance d’une période de mutité biologique après une récente contamination.

Ma question est donc doit-on au nom de la non discrimination faire courir un risque plus grand au receveur de produit sanguin?

Une campagne de dépistage associé au don du sang a-t-elle été envisagé?


#13

Il faut rappeler que justement il y a effectivement des dépistages qui sont effectués systématiquement après. Et comme le dit ouzbek cela peut permettre d’informer le donneur d’une infection.
Je suppose que si un porteur du vih donne son sang le plus probable est que le sang soit “jeté” et que le donneur soit informé. La question restante concerne donc l’efficacité de ces dépistages.
Ça semble difficile d’avoir des infos sur cette efficacité. Le problème concerne donc peut être plus le manque de transparence sur les raisons des contraintes envers les non hétéros?

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-------- Message d’origine --------
On 15 juin 2019 13:02, Thucydide < noreply@discourse.partipirate.org > a écrit :


#14

Confondre le don du sang et un test de dépistage gratuit est une dérive dangereuse. Ce n’est pas moi qui le dit c’est Institut Nationale de Veille Sanitaire.

Si on veut se faire dépister on va faire un dépistage pas un don du sang, pas la peine de mettre des personnes fragiles en danger pour savoir si on est porteur ou non.

Un test de dépistage ça comprend plusieurs phase et n’est sensible qu’après un laps de temps.

Le HIV par exemple a une grande diversité virale, dont certaines ne sont pas sensible au test, pour preuve on dénombre chaque année une nouvelle personne séropositive contaminé par transfusion. C’est peu vous me direz, mais c’est énorme quand il s’agit d’une personne qui n’avait rien demandé. (de surcroit déjà immunodéprimé par une maladie du sang, ayant 1 cancer, insuffisante rénale chronique subissant déjà un traitement lourd…)

En terme de balance bénéfice/risque la discrimination c’est vraiment léger comme argument.

Si le risque associé à cette mesure est de passé de 1 à 4 ce sera sans moi


#15

L’infection par une MST concerne au moins autant les hétérosexuels. Est-ce qu’un homme ou une femme qui multiplie les partenaires n’est pas plus à risque qu’un homo-sexuel qui a une relation stable et surtout fidèle ? Et surtout comment un organisme de collecte peut-il le vérifier ? Plus encore cela signifierait-il que l’on s’appuie uniquement sur la parole du donneur pour s’assurer que le donneur n’est pas contaminé ? Non, bien sûre ?
Je l’ai dit plus haut, je soutiens cette motion.
Mais le don du sang je pense mériterait plus largement de réévaluer et réviser complètement les critères d’exclusion et pas seulement sur l’homosexualité. Pourquoi exclure les personnes ayant ou ayant eu des problèmes cardiaques ? Cela couvre beaucoup de situation. Comment est effectué le contrôle après prélèvement, et quel est le risque d’un faux positif ? De même, est-on sûre que le sang prélevé ne soit pas porteur d’une maladie encore inconnue ? Qui est un des présupposé d’exclusion des ex-transfusés.
En réalité, je pense que le questionnaire préalable devrait orienter le corps médical, mais seul le contrôle a posteriori et l’instauration de délais après certaines pathologies devraient être les seuls critères objectifs.


#16

Totalement d’accord avec toi, le questionnaire devrait juste et informatif, l’exclusion devraient être décider uniquement sur la base des contrôles.

Mais malheureusement cela est absolument impossible actuellement, car les techniques qui existent coûteraient trop cher et serait trop longue si on devait tester toutes les poches de sang.
De plus, ils n’existent aucun tests vérifiant toutes les maladies, et les tester toutes reviendraient aussi beaucoup trop cher.

Revoir tout les cas d’exclusion de l’EFS est une excellente idée je trouve, mais cela demande une ÉNORME bibliographie et un travail de lecture d’article scientifique demandant énormément de temps.


#17

La taux de contamination du VIH chez les HSH est 250 X supérieur à celui de la population hétérosexuelle.

1/3 des personnes vivant avec le VIH est 1 HSH même si c’est difficile à évaluer ils représenteraient entre 1 et 4% de population

Je ne souhaite pas du tout stigmatiser la population gay loin de là, simplement attirer l’attention sur des données épidémiologiques qui ne peuvent pas être ignoré, j’en profite pour explicité que cette surreprésentation peut largement être expliquer par quelque chose qui ne repose pas sur des mœurs plus débridé ou de je ne sais quel apriori crasse mais sur le fait que malheureusement les rapports annaux sont 5 à 18 fois plus à risques de contamination que les rapports vaginaux.

Un rapport sexuel anal est associé à un risque plus élevé de transmission du VIH tant pour les partenaires réceptifs que pour les partenaires insertifs, comparativement aux relations sexuelles vaginales, car la muqueuse rectale est différente de la muqueuse vaginale. La muqueuse rectale a une plus forte densité de nodules lymphoïdes (c.-à-d. cellules cibles du VIH), de sorte qu’elle est plus sensible aux abrasions que la muqueuse vaginale (14, 15). On a estimé que le risque de transmission au partenaire réceptif à la suite d’un rapport sexuel anal réceptif était de 5 à 18 fois plus élevé que le risque associé à des relations sexuelles vaginales réceptives


#18

Comme tu le dis c’est dans les faits complètement irréaliste de croire que des tests permettraient seul d’évacuer tout risque.

Par contre toute les dons sont testé mais pas pour tout


#19

Donc puisque les exclusions se basent essentiellement sur des études épidémiologiques, et donc statistiques, pourquoi exclut-on les homosexuels qui ont une relation stable (mariés, pacsés, …) et de combien cela augmenterait-il le risque ? Y-a-t-il des études sur le sujet d’ailleurs ? Sachant qu’une relation stable quelque soit l’orientation sexuelle n’empêche pas l’infidélité et donc l’augmentation du risque.
Plus largement (cf. mon questionnement initial), est-il réellement évalué pour tous les critères d’exclusions plus finement les risques ? Et quel niveau de risque est-il acceptable par rapport à la pénurie et le bénéfice risque pour les patients ayant besoin de transfusion ?
Je ne suis pas spécialiste, et je n’ai pas poussé les recherches sur la question mais les données ne semblent pas très accessibles - les documents datent de 2013, y-a-t-il des études plus récentes ?
Bref, je pense que cette question, au-delà du fait évident de discrimination sexuelle mériterait une étude poussée reposant sur des critères scientifiques et objectifs.


#20

Il y a par exemple cette étude qui date de novembre 2018 qui revient sur le changement des critères.

synthese-bilan-respect-criteres-selection-donneurs-sang-deux-ans-apres-modification.pdf (292,7 Ko)

De plus si tu recherches des articles et / ou des études, je te conseille 2 moteurs de recherche:

  • Google Scholar, très pratique car héberge aussi des thèses
  • Pubmed, c’est LA base de données d’article scientifique, je suis persuader que tu trouveras ton bonheur là dessus

Et si je peux me permettre, en tant que “apprenti” scientifique

Ne t’inquiète pas, les critères d’exclusion n’ont pas été piocher au hasard d’un chapeau magique, ils reposent tous sur des critères objectifs et scientifiques
(Oui, même sur le sujet des homosexuels, comme dis plus haut, il y a(vait) des vrais risques épidémiologiques)

PS : Ayant travailler là bas, je te conseille de regarder les travaux de l’INTS à paris :slight_smile: