Débats 2018-11 : [MIGRATION/ASILE] Équité des chances : aide à l'autonomie des pays pauvres


#1

Lien vers Congressus : https://congressus.partipirate.org/construction_motion.php?motionId=1115

Rapporteur : @farlistener


#2

Il y a quelue chose qui me dérange dans la formulation de cette motion. Je me doute que ce n’est pas l’intention des auteurs, mais tel que libellé, cela peu paraître assez paternaliste. Par exemple: “nous devons créer des activités économiques viables”.
Je pense que nous devons permettre aux population locale de créer ces activités…
J’ai peur qu’en l’état, un ajout au programme nous vaille des difficultés politiques.


#3

Hello,
En fait, sur l’Afrique (sans entrer dans le débat du poids de notre histoire coloniale), nous prenons la problématique à l’envers en partant du fait acquis et accepté que ses ressources naturelles sont exploitées par de grands groupes internationaux “non africains” au bénéfice de différents pays.(Merci De Marjorie entre autre!)
Continent riche en ressources naturelles mais en fait pauvre.
En exagérant le truc, rendons-leur les ressources et nos petits enfants iront faire les migrants chez eux rapidement .
Je verrai donc plus une motion basée sur l’idée d’un réel transfert de technologie vers l’Afrique pour les aider à reprendre en main de façon autonome l’exploitation de leurs richesse naturelles…Après, ce n’est pas sans conséquences sur notre belle société consumériste européenne.
Merci


#4

C’est ce que propose la motion, avec ce qui avait autour : Débats 2018-10 : Soutien à l’association SOS méditerrannée (les propositions de @npetitdemange)


#5

Je pense que tu fais allusion à ceci:

C’est pour cela que je disais:

L’idée de réappropriation de leurs richesses me paraissait plus claire ainsi.
Mais bon !


#6

Alors c’est justement aussi le but du débat que de formuler correctement les choses. Donc essayons.


#7

La motion est intéressante en soit mais peut être améliorée. De grands principes ont été actés lors de la Déclaration de Paris et du programme d’Accra (le résumé en bref ici avec des liens vers les documents complets ). Il semble important de retenir que l’ADP (Aide Publique au Développement) doit venir appuyer les politiques locales et non les imposer et les mesures d’aide doivent s’aligner sur les objectifs définis de manière souveraine par les pays qui reçoivent l’aide. Par ailleurs, le programme d’Accra prévoit déjà de délier l’ADP (c’est à dire ne pas conditionner l’ADP à des contrats avec des entreprises de la nationalité du pays donateurs).

Je vous propose cette reformulation:

Le Parti Pirate souhaite affirmer son attachement aux principes énoncés dans la Déclaration de Paris de 2005 et le programme d’action d’Accra de 2008. En outre, il s’engage à orienter l’ADP française de manière renforcée sur les questions de lutte contre la corruption et augmentera le budget des programmes de coopération dédié à cette thématique.
Le Parti Pirate souhaite rappeler l’engagement de la France de 1970 à consacrer 0.7% de son PIB à l’ADP (rappel historique ici) et s’engage à atteindre cet objectif dans la mise en oeuvre de sa politique d’aide et de coopération.


Outre la lutte contre la corruption, il semblerait intéressant de proposer de renforcer l’appui dans le domaine de l’éducation et de la recherche. A voir, si les pirates souhaitent également aborder cette idée dans cette motion ou désirent une motion dédiée.


#8

Proposition alternative pour le titre de la motion : Renforcement de la lutte contre la corruption dans le cadre de l’Aide Publique au Développement


#9

Sauf qu’à la base la motion n’a pas ce but …


#10

Au vue du contenu, c’est ce qui semblait apparaitre.
Si le but est simplement l’autonomie, tu as alors plusieurs options :

  • rappeler les grands principes déjà évoqué et sur lesquels la France s’est engagée
  • proposer de faire évoluer les instruments de l’ADP: par exemple, tu peux adopter une proposition visant à adapter les instruments de l’AFD (Agence Française de Développement) pour les limiter à de l’appui budgétaire comme le fait l’Union Européenne.

#11

Après, juste une question au passage, qui n’est ni une provocation, ni rien mais juste un besoin de contextualisation, éventuellement pour donner un coup de main pour repréciser le texte si les rédacteurs de la motion le souhaitent bien entendu : pourquoi la motion se focalise spécifiquement sur l’Afrique Centrale ?


#12

Tout simplement parce qu’elle s’inscrit dans le contexte évoqué dans l’exposé des motifs, c’est à dire la migration de population pauvre issue de cette région.


#13

OK, très bien, mais juste par curiosité pourquoi ces pays en particulier plus que ceux concernés par la crise migratoire actuelle ?


#14

Je trouve un peu dommage aussi de ne parler que de l’afrique centrale et de pays « pauvres ».

Je préfèrerais parler de la problématique pays du sud/pays du nord.

La notion d’autonomie est à préciser. Autonomie dans quoi ? Politique ? Économique ? Je crois que l’on parle de l’autonomie dans leur développement mais quel développement est-il souhaitable ?

Si c’est pour que les pays du sud soient à l’image de ceux du nord, ce n’est pas la panacée. C’est un non sens écologique.

Le problème de la déclaration de Paris c’est qu’elle reste comme souvent, une déclaration d’intentions souvent peu suivie d’effets et qu’elle ne s’est décidée qu’entre des acteurs gouvernementaux. La notion d’autonomie y est galvaudée et concerne surtout l’autonomie du pays receveur de dons, quant à la gestion de ces dons.

Cela soulève le problème propre à toutes les aides qui se font sous forme d’argent du détournement de ces dons par ces mêmes autorités.

L’opinion des ONGD (de coopération au développement) et des universitaires qui ont travaillé ensemble s’appuie sur l’analyse critique de dizaines d’années de pratiques sur le terrain et me semble digne d’intérêt.

Ces derniers n’associent plus croissance et développement et affirment la multidimensionnalité du développement et se dirigent vers d’autres repères de développement qui ne sont plus strictement économiques tels l’éducation, l’accès à l’eau, un environnement non pollué, le capital social…

Le développement est donc aujourd’hui moins considéré comme le fait d’un jeu de causes à effets entre différents facteurs. Il est plutôt conçu comme un processus de mobilisation économique, sociale et culturelle de toutes les potentialités d’un pays (ou d’une région, ou d’une communauté locale) autour d’un certain nombre d’objectifs d’amélioration des conditions de vie des populations.

Il y a également consensus sur le fait qu’il faut mettre l’accent sur le premier développement qui consiste en des systèmes locaux d’échange, (l’économie de rez-de-chaussée (Braudel, 1985)): les marchés urbains élémentaires et les petites boutiques d’artisans, sorte de «plancher de la vie économique», lesquels forment les indispensables ressorts sans lesquels le développement à une autre échelle devient impossible.

L’expérience suggère non seulement de soutenir le premier développement dans les pays du Sud par la mise sur pied d’associations, de plans de crédit, d’entreprises coopératives et communautaires, mais d’encourager les partenariats Nord-Sud et les partenariats «Associations,ONG et gouvernements locaux (et PME lorsque c’est possible)» dans la relance d’ensemble des communautés, notamment par la mise en place de structures d’accompagnement du développement qui permettent la multiactivité et des bases arrières pour les entreprises émergentes. L’évolution actuelle du développement local et de l’économie sociale suggère donc une certaine approche des alliances.

Il s’agit moins de penser en termes d’alliances dites tactiques et stratégiques, dans une visée principalement liée à la défense de droits et à l’action politique, que de penser en termes de logique de projet à partenaires multiples, autour d’enjeux concrets : par exemple des jumelages entre syndicats,entre coopératives, entre associations du Nord et du Sud mais aussi des jumelages entre municipalités (jumelages soutenus, voire suscités dans un premier temps par des groupes de la communauté), entre PME du Nord et entreprises en gestation au Sud, entre écoles, collèges et universités du Nord et du Sud, entre des groupes de crédit du Nord et du Sud.
Cela nécessite un changement de perspective: opérer des changements par l’activité économique, celle qui combine productivité économique des projets et objectifs sociaux et éducatifs, celle qui pense accès au crédit et au marché.

Miser sur de nouveaux acteurs

Ces démarches partenariales n’avaient pas cours il y a une décennie ou deux, d’une part parce que la coopération au développement était principalement l’œuvre des États nationaux ou, alternativement,

l’œuvre d’ONG branchées quasi exclusivement sur la société civile, c’est-à-dire sur des mouvements (associatif, syndical, de quartier…) et sur des objectifs sociaux sous-tendus par l’idée que les initiatives
économiques ne peuvent provenir que des détenteurs de capitaux privés.

Verschave et Boisgallais(1994) parlent avec raison de nouveaux acteurs de la coopération internationale: des entreprises et des organisations professionnelles, des collectivités locales (municipalités) et des associations de solidarité internationale. Ce qui permet de mener des opérations variées qu’aucune des composantes mentionnées ne peut à elle seule réaliser. Une pluralité d’acteurs - les services techniques de villes, des artisans et des agriculteurs, des industriels, les métiers de la santé, des services sociaux et de l’éducation, etc., - permet de fournir un soutien polyvalent aux initiatives de développement local, autant dans ses dimensions économiques d’aide à la création d’entreprises et de partenariats industriels que sociales de développement de services de proximité en matière de santé, d’éducation, de logement, de sécurité alimentaire, etc

Plusieurs mesures fiscales peuvent facilement être mises en place afin de favoriser ces partenariats et l’aide publique au développement pourrait également partir en faveur d’acteurs allant dans ce sens.

Peut être devrions nous produire un texte précisant notre pensée quant à la politique d’aide au développement que nous souhaiterions soutenir, parler avec des ongd ayant la même philosophie et enfin lister les mesures concrètes allant dans ce sens ?
Nous désolidariser des APE UE-ACP?


#15