Budgéter le programme du PP


#1

Bonjour à Tous :slight_smile:

C’est un sujet dont que j’avais abordé avec @ThomasWatanabeVermorel samedi dernier.

Nous sommes dans une période de grande désillusion envers le monde politique actuel, et je pense que le manque de réalisme des propositions des différents partis y participe. En effet, sur un sujet donné, chacun peut donner son point de programme sur ce sujet, parfois est évoqué le coût ou les économies qui seraient réalisées, mais cet exercice n’est jamais fait sur l’ensemble d’un programme.

A mon avis, vu que nous ne sommes pas un grand parti, il faut se démarquer des partis traditionnels qui balancent des programmes sans jamais donné la moindre indication du réalisme économique de celui-ci.

Je pense donc que budgéter le programme du PP serait un bon argument pour convaincre d’autres personnes de nous rejoindre. Le point de départ serait évidemment le budget de l’état, et à partir de là on essaye d’estimer l’impact de chaque point de notre programme sur ce dernier.

Voici un lien utile en ce sens:
http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/21495.pdf

Après, évidemment l’exercice est impossible à faire pour les législatives, mais je pense qu’il vaut le coup. Sinon comment se démarquer des autres?

Qu’en pensez-vous?


#2

J’en pense que c’est une bonne idée et je n’ai aucune objection à ce que tu te lances sur ce chantier. :wink:


#3

Cool!
je pense qu’il s’agira plus d’une estimation qu’autre chose mais vu les âneries que sortent les autres partis sur la question, ça ne pourra être que mieux!


#4

Que je ne peux qu’être favorable :crying_cat_face:


#5

Ce sera déja un début. On pourra peaufiner après. :wink:


#6

J’applaudis et te souhaite bon courage :stuck_out_tongue:


#7

Ah oui, c’est un énorme chantier!!! :tractor:
En revanche, je pense que sur certains points il faudra que l’on discute de comment on met en place ce qui est proposé, mais je demanderais au cas par cas.


#8

Je pense qu’effectivement, on a d’abord un tri à faire (voir le travail de @kilyx23 sur un framacalc) pour savoir ce qui est budgétisable facilement, ce qui demandera débat ou ce qui ne sera pas budgétisable.

Par exemple, sur le revenu de base, on a débat (voire, on n’est pas d’accord :smiley: ) sur d’autre, un peu de recherche suffit :slight_smile:


#9

J’y suis favorable mais je nuance mon enthousiasme.

1/ Les programmes pour la présidentielle sont presque tous chiffrés. Je ne comprends pas trop se coté ‘se démarquer’ ?

2/ A part ça, un bon début serait de chiffrer, mesure par mesure. Cela dit, c’est un exercice très difficile, et souvent malhonnête. Si on augmente les revenus des plus pauvres, on augmente le pouvoir d’achat… et donc on créer du revenu fiscal pour l’Etat. C’est déjà assez complexe à chiffrer ces retours indirectes mais c’est le travail des économistes et des sociologues. Maintenant, c’est pas parce qu’on a plus d’euros dans la poche qu’on a plus de pouvoir d’achat… enfin j’imagine que si tu propose ça, c’est que tu es conscient de la complexité du truc mais moi je ne m’en sent pas vraiment capable.

3/ Il faut être réalistes, pragmatiques mais continuer à rêver des utopies. En clair, proposer une mesure qui coûte cher ne dois pas nous arrêter au prétexte qu’on a pas arbitré ce qu’on allait supprimer en échange. Dans les programmes pour la présidentielle, ils sont là à proposer des mesures sociales en échanges d’autres mesures sociales. Si bien que le citoyen se dit “ok, on me donne ça en échange de ça” mais gouverner, ça laisse quand même plus de possibilités que de faire du troc avec ses électeurs ! (sinon c’est juste du populisme).

L’économie, c’est ce qu’on en fait. Si tu veux un exemple de base de travail, on avait fait à Rennes une étude sur les transports. Les documents de budget sont là https://ozm.fr/post/2014/04/Budget-2012-du-service-du-STAR
En gros, la gratuité, c’était :

  • 41M€ de recettes en moins par an (sur un budget total d’environ 200M€)
  • Suppression des frais de billetique
  • Moins de voitures individuelles et donc moins de frais de voiries et de santé (pollution)
  • Un usage accrus des transports. Probablement au bas mot de 30%. Et y compris sur les trajets courts.
  • Un accroissement des inégalités entre payeurs et usagés (en particulier pour les périurbains qui contribuent mais ne dispose absolument pas du même service, et à la marge pour les étudiants et touristes).
  • Une augmentation du budget global d’investissement et de fonctionnement avec le financement d’une seconde ligne de métro qui était déjà quasi validée à l’époque (amortissement sur 20 ans).

Bref, sur ce cas d’école, on avait revu à la baisse la mesure et proposé dans le programme pour l’élection un transport gratuit sur certaines périodes et lignes. Néanmoins, on a continué de parler de transport gratuit comme étant l’objectif poursuivi. Ca trace le cap vers lequel on va. Ce qui est différent de ce qu’on peut faire en un mandat. Néanmoins, la conséquence de ce cap aurait été assurément une diminution progressive de l’endettement voirie et donc une capacité à faire. Ainsi qu’un meilleur étalement de l’offre de transport. Après, comment faire rêver en disant ça ? Faut proposer le but poursuivis, la méthode pour y arriver, elle importe moins (c’est possible d’aller le lire dans le programme, et il n’y a pas de mensonge mais aujourd’hui personne ne gouverne avec les pleins pouvoirs : faut négocier et ça prend plus qu’un mandat d’appliquer un nouveau cap… pendant ce temps, les contraintes économiques évoluent, et ce n’est pas grave).


#10

Il ne me semblait pas que les programmes étaient chiffrés, j’avoue que je ne l’ai jamais vu, mais je me trompe peut-être.

Je sais que l’exercice est très complexe, mais ça se tente, et si en plus tous les autres partis chiffrent leur programme, alors nous devons faire de même sinon on ne sera pas pris au sérieux.


#11

En vrac :

Bon, du coup, c’est vrai que tout le monde ne le fait pas. Cela dit, mesure par mesure, il y a des chiffres de données et les instituts se chargent pour eux de le faire. On peut raisonnablement imaginer que chacun fait son chiffrage mais c’est vrai qu’il est étonnant de voir des candidats bien installés sans chiffrages précis (ou alors, ils font comme moi et ce dise que ce qui compte, c’est le cap, que la situation économique est difficile à prédire et que les instituts le feront pour eux avec plus de crédibilité -et pour pas un rond-).

Un chiffrage “indépendant” : http://www.institut-entreprise.fr/chiffrages (la méthodologie doit pouvoir être reprise mais faudra pas oublier d’actualiser les chiffres en fonction du contexte socio économique sinon ça voudra plus rien dire).