Alliance : avec qui refuse t-on de s'allier ?


#1

Suite au débat sur les sénatoriales de l’étranger, il semble important de commencer à entamer une réflexion sur la stratégie d’alliance du Parti Pirate. Et il paraît plus fécond de l’aborder par l’angle négatif : avec qui refusera t-on de s’allier, quelles que soient les opportunités et les circonstances ?

Actuellement, les pirates n’ont pas de texte contraignant, sauf un : une décision de la CN, sans aucune ambiguité, condamne tout raprochement avec l’extrême droite, qu’il s’agisse de partis insitutionnels (FN, of course, mais aussi tous les autres, jusqu’à, me semble t-il, Debout La France) ou de mouvements appartenants à la fachosphère, confusionnistes inclus.

A priori, aucune interdiction à s’allier (même si ça serait baroque) avec la droite classique, type LR.

Quid de partis qui ne se veulent ni de droite ni de gauche mais qui sont quand même franchement à droite voire sensiblement xénophobes comme l’UPR ?

Quid des débris du Parti Socialiste ? Quid des autres formations de gauche ?

Quid, évidemment, des partis au pouvoir, LREM et le Modem ?

Quid, enfin, de l’extrême gauche type NPA ou d’autres mouvements comme la Fédération Anarchiste ?

Je propose qu’on démarre sur ce fil en mode discussion de comptoir (au bon sens du terme, hips), un peu à bâtons rompus. Il n’y a pas urgence à aboutir à une décision, même si ça pourrait être cool de débroussailler la question à horizon de l’AG de janvier.

Que chacun donne son opinion, son ressenti, partage ses doutes, ses répulsions…

Et dans un temps suivant, nous tâcherons de bâtir un début de réponse collective. Mais seulement dans un temps suivant.


#2

Je suis sincèrement convaincue que la question doit se poser au cas par cas en fonction des situations politiques dans les territoires concernés.

Par exemple, je comprendrais une alliance PS (ce qu’il en reste)-Pirates en région parisienne, en tous cas dans le 93 et à Paris, et avec certains militants ou élus honnêtes (et oui, il en reste), mais pour connaitre la situation politique à Limoges, si le PS limougeaud nous abordait pour nous en faire la proposition, il en serait hors de question.


#3

L’une des ambitions du PP n’est-elle pas de se départir des clivages politiques traditionnels, de se “placer au-dessus de la mêlée”? Effectivement cela doit à mon sens se faire de manière strictement indépendante de l’étiquetage politique, et cela renvoie donc à une vaste question: Sur quoi juge-t-on une femme ou un homme politique? De quoi débattre…


#4

Comme Florie : Au cas par cas. Sauf pour le FN et les micro-partis qui lui sont affiliés.
Si la question d’une alliance arrive, il faudra en parler tout de suite pour juger à ce moment là. Mais avant, c’est trop difficile. Les partis sont malgré tout fluctuant dans le temps et l’espace.


#5

Il me semble qu’en soulevant cette question de la sorte on en vient nécessairement à des propos purement politiciens. Tu demandes en somme quelle est la ligne du PP en terme d’alliances politiques or, à mon sens:
-Le respect de la liberté de conscience et de choix individuels exclue de donner une “ligne de partie” en terme de conduite. Les valeurs et les ambitions sont la ligne, pas les pratiques.
-La pratique de l’alliance politique correspond tout à fait aux pratiques traditionnelles qui écoeure l’éléctorat.
-Discuter d’alliances a priori revient à demander comment se comporter PAR RAPPORT aux autres partis, or je crois que le PP doit travailler en premier lieu à se définir indépendammet de tout autre partis, sinon il se définirait de façon limitative et réactionaire.
D’où le cas par cas en temps utiles et qui ne doit donner lieu à aucun positionnement global du PP par rapport aux principaux labels politiques. Si je me retrouvais ans la position d’un Pirate qui devrait choisir de s’allier ou non avec qui que ce soit, j’opterai pour une rencontre en tête à tête axée sur la recherche de compatibilités ou d’incompatibilités en terme de valeurs.
Mais, encore une fois, je pense qu’il faut vraiment travailler ensemble à définir le PP en le déconnectant de sa raison sociale de “parti”. C’est un challenge sémantique important pour définir le PP en tant qu’unité sociale politisée mais non politicienne.


#6

AMHA, nous ne pouvons s’allier à des partis politiques qui vont à l’encontre de la Déclaration de Politique Générale du PP.

Le paragraphe sur le “rapport au travail” exclu la droite “dure”.
Le paragraphe sur la “tolérance” exclu une bonne partie des extrêmes.
Le paragraphe sur “vivifier la démocratie” exclu les groupements anarchique et autre connerie dans le genre, limite PCF et FI.

De plus, dans le règlement intérieur.

12.2 Refus d’alliance ou de soutien à des élus condamnés

Le Parti Pirate ou ses représentants ne peuvent, quelle que soit l’élection externe, soutenir de candidat ou de liste comportant un candidat ayant été définitivement condamné pour des faits :

  • de corruption,
  • de fraude fiscale,
  • d’abus de biens sociaux,
  • ou ayant trait à la gestion de l’argent public ou à la passation de marchés.

J’aurai bien fait quelque point en plus… comme faux et usage de faux en écriture publique, falsification de documents administratifs, prise illégale d’intérêts (peut être dans la passation de marchés), emploi fictif…


#7

Honnêtement, la DPG laisse une bonne marge d’interprétation. Elle doit servir de boussole mais elle suffira pas à dire quelles alliances on tolère et lesquelles on tolère pas.
Moi j’aurai du mal à encaisser une alliance avec le PS ou LR, vu les dégâts que ces deux formations ont fait, à date récente, quand ils étaient au pouvoir. Bien qu’ayant été longtemps électeur PS, le quinquennat qui vient de s’écouler, avec son chapelet de lois liberticides rend impossible, pour moi, de s’associer avec ces gens là.


#8

Honnêtement, si on devait refuser de s’allier avec le PS ou LR, je ne vois plus que le modem comme alternative. Pour moi ces 3 là sont les “moins pires” de tous.


#9

le modem ou LREM ? parfois il y a confusion.


#10

Merci pour l’éclat de rire. :rofl: J’en avais besoin.


#11

bonjour,

mon avis qui n’engage que moi, en mode caricatural :

  • extrème-droite et assimilés : NON, JAMAIS, NULLE PART.

  • Droite classique (LR) et assimilés : Non, jamais, nulle part.

  • LREM : Non, même pas en rêve je cautionne un truc comme ça.

  • PS et ex-PS : bof. pas n’importe qui, pas n’importe comment. A discuter au cas par cas.

  • gauche (FI, NPA, nouvelle donne, les verts…) : envisageable.

  • Anarchistes : heu, pour des alliances électorales c’est un non-sens en fait… Après, je pense que le PP a beaucoup de résonances dans la sphère anarchiste, sur le fond (les thèmes et valeurs) mais aussi sur la forme (le drapeau pirate de la « Makhnovchtchina »).

Pour le dire plus simplement, on trace une jolie ligne qui fissure le PS (en lui laissant bien peu sur sa gauche) et tout ce qui est à droite de cette ligne, c’est mort pour moi. Ce qui est à gauche de cette ligne, on peut en parler. Perso, j’ai pas de soucis avec le concept gauche/droite :slight_smile:.


#12

Pour sortir d’une pensée strictement linéaire, quelques liens plus ou moins récents :

https://www.politicalcompass.org/france2017
http://www.gaucheliberale.org/post/2014/02/18/Carte-2D-du-Paysage-Politique-Français-(PPF)-mise-à-jour-février-2014
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/comment-peut-on-se-situer-180068
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/metapolitique-nouveaux-clivages-et-191791

et avec un axe historique :
http://www.liberation.fr/france/2014/11/09/depuis-cinquante-ans-les-partis-promettent-noms-et-merveilles_1139892

Il faudrait aussi y positionner les mouvements citoyens : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/voyage-dans-l-univers-des-179561


#13

je suis d’accord qu’il y a d’autres axes pour catégoriser les positions de chacun, merci pour tes liens. J’essaie de préciser du coup la position que je pense que le PP occupe (en tout cas tel que je le perçois) et dont on peut déduire du coup les alliances antinomiques :

  • Axe souveraineté vs Européanisme et mondialisme :
    Je suis clairement pas à l’aise avec cet axe et la manière dont les propositions politiques s’articulent actuellement vis à vis de cette question. Je perçois (très liée au contexte actuel) une opposition qui ne me convient pas entre : 1) un souverainisme qui serait la seule solution pour ‘rendre le pouvoir au peuple’ et désimpliquer la France dans des conflits armés, mais du coup revient à se fermer sur le monde et 2) un européanisme libéral qui ne jure que par la loi des marchés, le dumping social, etc… Je pense que les positions alter-mondialistes sont les plus crédibles lorsqu’on considère cet axe. Du coup cela revient à regarder vers le NPA, eelv, nouvelle donne, FI…
    cet axe permet de mettre hors champs les trucs trop nationaliste, tendance raciste, bien entendu.
  • Axe démocratie vs Oligarchie (ou axe démocratique vs autoritaire) :
    Cette axe là est simple pour moi : démocratie, toujours plus de démocratie. Les trucs trop Oligarques rendent toutes alliances vraiment problématiques (pour cela que FN, LR, LREM pue beaucoup trop à mon goût). Les communistes pur et dur peuvent entrer aussi dans se type de travers. Je trouve que la FI a beaucoup intégrer ce thème de démocratie dans sa campagne.
  • économie redistributive vs capitalisme
    simple pour moi : redistributive, donc encore FI, NPA etc… notion de communs, humanisme, tout ça tout ça.

Voila, du coup cela reviens au final à tirer une ligne qui fissure le PS en laissant à sa droite tout les Valls & co. et d’envisager des alliances possibles avec ce qui est sur la gauche de cette ligne, selon les moments et les intérêts commun :smile:


#14

Pour moi, s’allier à la droite autoritaire, c’est mort donc exit tout les Debout la République, UPR, FN, LR, la droite du PS, LREM, modem, etc…

La droite non-autoritaire, pourquoi pas des alliances de circonstances sur un sujet donné, mais il faut que ça soit bien clair que ça fait pas de nous des copains. De toute façon, il y a pas de gros partis dans cette catégorie.

La gauche autoritaire (FI, NPA, Gauche du PS, etc), envisager des alliances me semble possible, mais il faut avoir toute les garanties que leur autoritarisme ne nous explosera pas à la figure.

La gauche libertaire, les alliances sont possible (sinon on pourrait pas s’allier avec nous mêmes :crazy_face:). Juste il faut faire gaffe à pas tomber sur des illuminés new age qui dansent avec des graines sous la pluie et ont la phobie des ondes électromagnétiques ou autres délires sans le savoir.

Les autres, plus difficiles à classer, il faut voir au cas par cas (EELV, animalistes, anti-UE et compagnie) ou individu par individu si ils sont un peu dissidents de leur structure.

Pour info, tout ceux que j’appelle “autoritaires” c’est ceux qui par exemple pourraient utiliser le 49.3 sur un sujet digne d’être débattu (non règlementaire), qui font le culte de leur leader ou qui ont un parti dont les status ne sont pas démocratiques du tout.


#15

Histoire de rebondir sur le sujet et d’y voir un peu plus clair sur ce que veulent la majorité des gens, je lancerais bien un sondage. En fait, même, un sondage par parti. Ca donnerait quelque chose comme ça :

**Avec le parti tartempion **

  • Pas d’alliance, quelles que soient les circonstances
  • Alliance peu souhaitable et uniquement sur critères très spécifiques
  • Alliance possible si le projet fait sens
  • Alliance souhaitable : travaillons dès aujourd’hui à un rapprochement
  • NSPP

0 votant

En gros quatre niveaux. Ensuite, je fais un post sur lequel je mets ce sondage pour les 15/20 partis les plus importants en France. Ca fera un peu fleuve mais ça permettra d’y voir un peu clair sur ce que la majorité veut et - surtout - ne veut pas.
Qu’en pensez vous ?


#16

Mon problème principal est avec le terme “alliance”, qu’il faudrait clairement définir pour poser cette question mais je pense qu’il y a trop de type d’alliance différente pour poser la question.

Par exemple, une alliance au niveau national me semble inenvisageable, si c’est possible ça veut dire qu’on a aucune raison d’exister. Alliance type Front de Gauche. Pour les législatives, il y a une alliance seulement technique et sa seule raison d’être était pour le financement public, ce qui n’est valable que pour les législatives.

Je rappelle que techniquement un parti politique ne se présente pas aux élections, il soutient des candidats. Si on veut assumer une organisation horizontale, la question se pose plutôt dans les termes : “Avec quels partis, un candidat peut éventuellement s’associer en gardant l’étiquette PP ?”
Et encore, on voit bien avec les sénatoriales, c’est pas forcément si simple, un candidat d’un parti peut se présenter sans avoir l’investiture officielle, ce qui change la question.

Bref, je doute que cette question puisse aboutir. On peut éventuellement donner des critères mais ça me semble inévitable qu’une investiture devra être étudiée au cas par cas en cas d’association avec un autre parti.


#17

ah, nan mais c’est sûr que ça devra être étudié au cas par cas.
L’objectif de ce sondage, finalement, c’est de mieux nous connaître nous mêmes. Rien de plus. Mais c’est déjà beaucoup ^^


#18

Excusez le fait de déterrer les sujets, mais celui-là m’intéresse particulièrement, d’abord parce qu’il s’agit d’une question de fond sur laquelle j’ai du mal à me positionner, ensuite parce je pense pouvoir apporter une réflexion peut-être pertinente.

De l’influence minoritaire

Ce thème chèr aux travaux princeps de psychologie sociale traite de l’influence d’individus minoritaires sur des individus majoritaire au sein d’un groupe. Il s’oppose au conformisme, c’est à dire la tendance d’un groupe à s’uniformiser, en terme de comportements, de pensées. Les études montrent que l’influence minoritaire est d’autant plus importante que le groupe minoritaire est consistant, c’est à dire que ses comportements et ses pensées ne changent pas du jour au lendemain, qu’il existe des positions solides et persistantes, mais seulement jusqu’à un certain point. En effet, à l’extrême, une idéologie radicale, rigide, inaudible aux contres-arguments, dogmatique, aura des effets délétère sur la capacité d’influence de cette minorité.

Cela s’explique en parti par le fait que, si en tant que minorité, j’utilise un langage, des arguments, des thèmes audibles par la majorité, je permets à cette majorité de me répondre, de contre-argumenter. Et, en tant que majorité, répondre à la minorité, c’est considérer, par définition, qu’elle existe, que son discours est à considérer. On pourra bien sûr trouver des contres-exemples à ces grandes tendances, comme toute science humaine, ces données n’ont de pertinence qu’en moyenne.

Du conflit

Porter un discours en contradiction avec la majorité, c’est aussi mettre ce groupe en face de valeurs, de données qui sont parfois en totale contradiction avec les leurs. C’est une situation qui crée un état de malaise psychologique, et un état de conflit. Vous aurez sûrement remarqué que, éviter le conflit ou le résoudre, qu’ils s’agisse de conflits internes (mes pensées versus mes comportements) ou externes (mes pensées, mes comportements versus les pensées et comportements des autres) peut apparaître comme nécessaire. Il s’agit d’un des moteurs des débats et des modifications des opinions.

Et alors ?

Par définition, le PP, en tant que parti politique petit en nombre et innovant en terme de positionnement politique est considéré, du point de vue de la psychologie sociale, comme étant un groupe minoritaire.
En tant que tel, il peut être à l’origine de conflits, je dirais même qu’il se doit d’être à l’origine de conflits.

Se demander avec qui s’allier peut donc amener à des questionnements quelque peu différents, à savoir :

  • avec qui est-il pertinent de créer des situations de conflits ?
  • et, par corollaire, qui sera assez ouvert à mes discours pour que cette situation de conflit résulte en une modification des opinions du groupe que j’interpelle ?

#19

Merci, Bibo, d’avoir déterré ce sujet qui, à mon sens, mérite qu’on y travaille. Merci également d’avoir mieux formulé les choses que je ne l’avais fait.
Par contre, tu ne prends que le cas de figure où le PP se définit comme groupe minoritaire. Une autre stratégie est de participer à une fédération de groupes de tailles comparables au PP, comme Fluo ou Caisse Claire.
Du point de vue réflexion, on peut alimenter et creuser les deux hypothèses. Simplement, à un moment, il faudra probablement trancher entre les deux.


#20

Comme je l’avais déjà proposé il y a un moment pour les municipales. J’ai proposée, dans la mesure du possible : de faire alliance avec la liste EELV de ma ville, et donc, de figurer sur leurs liste électorale. Je pense que c’est cohérent dans le sens où au niveau Européens, il y a Julia Reda qui est dans le groupe des Verts Européens.
J’aimerai bien avoir vôtre avis là dessus. A mon humble avis, même s’il y a beaucoup de chances que la liste ne passera pas : ça permettra d’aider à populariser le Parti Pirate au niveau locale. Il me semble que @Florie à des bons contacts avec quelques militants de ma ville. Donc ça veux dire qu’il y a une chance. Mais rien n’est joué, il faut peut être commencer à en discuter avec le temps :slight_smile: